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Election présidentielle
Les femmes, l’autre enjeu de la campagne Abonnez-vous au flux RSS des articles

02 avril 2014
09:58
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Comme les jeunes, les femmes, de plus en plus impliquées dans l’exercice politique, en témoigne leur présence au parlement, figurent en bonne place dans le discours de campagne de certains candidats. 

 

Mais pas tous, puisque Moussa Touati, Fawzi Rebaine et à un degré moindre, le plus jeune des candidats, Abdelaziz Belaid, n’ont pas encore, dix jours après le début de la campagne électorale, jugé utile d’essayer de séduire la gente féminine, véritable réservoir électoral. On ignore s’il s’agit d’une omission ou d’un acte délibéré qui pourrait prêter à interprétation. Sont-ils hostiles à l’émancipation de la femme ou ne dispose-t-il pas de vision de nature à conforter les droits de la femme, pour une véritable émancipation ?

Parmi ces trois, seul Abdelaziz Belaid préconise d’intégrer les « filles diplômées universitaires dans le service national ». Ce qui n’est pas rien au demeurant. Quant à Moussa Touati, il dissimule à peine son conservatisme. «Le projet de loi prévoyant une indemnité pour la femme divorcée tend à encourager le divorce et à disloquer la famille algérienne. Il serait plus judicieux d'octroyer cette prime ou indemnité à la femme au foyer et consolider ainsi la cellule familiale », a-t-il dit à Sétif.

Mais en face, deux parmi les plus mobilisateurs, Louisa Hanoune et Abdelaziz Bouteflika rivalisent de promesses. «Je m’engage, si je suis élue, à annuler le code de la famille et son remplacement par des lois civiles qui consacreront véritablement l’égalité entre les deux sexes », a déclaré Louisa Hanoune dans plusieurs de ses meetings. Comme pour convaincre son auditoire des avancées accordées par le président Bouteflika aux femmes, son représentant, Abdelmalek Sellal s’appuie sur le bilan des ces dernières années. «Les droits de la femme qui ont été acquis grâce à la politique du président Bouteflika, seront renforcés davantage durant les cinq prochaines années, tel que cela est prévu par le nouveau programme du candidat », a-t-il promis. «C’est grâce au président Bouteflika que la femme jouit aujourd’hui de ses droits et joue un rôle primordial dans la vie politique et au sein de la société. Ces acquis sont appelés à se renforcer davantage dans le programme de notre candidat », a-t-il souligné lors d’un meeting à Oran.

Ses arguments ? Amendements apportés au code de la famille et au code de la nationalité, tout comme la révision de la Constitution en 2008, qui ont permis à la femme d’être mieux représentée au sein des Assemblées élues, de disposer de ses droits et de participer, de manière plus active, au développement du pays. «Si la femme algérienne est aujourd'hui ministre ou ambassadrice, le mérite revient bien à Abdelaziz Bouteflika qui a su impulser la dynamique nécessaire pour promouvoir la participation de la femme dans le processus de développement », a soutenu, de son côté, Amar Saadani, autre représentant du président Bouteflika. «C'est à travers ces acquis dont vous jouissez aujourd'hui, vous les femmes, que l'on voit que l'Algérie se porte bien », a-t-il ajouté avant de lancer un pressant appel à toutes les femmes pour se rendre massivement aux urnes et voter en faveur de Bouteflika.

Si pour l’heure, il n’a pas encore avancé, durant tous ses meetings de campagne organisés jusque là, de propositions en direction des femmes, le candidat Ali Benflis avait annoncé, à l’occasion du 8 mars, l’institution d’un fonds au profit des femmes divorcées. «Beaucoup reste à faire pour répondre aux aspirations légitimes des Algériennes », avait-il déclaré à ses sympathisantes réunies au siège de sa campagne. Il s’est dit «conscient, et personne ne peut le nier que les femmes sont victimes de multiples formes de violence, qui va de la violence verbale à l’agression physique ».

Ces discours pourront-ils cependant provoquer la mobilisation attendue ? Seul un travail de proximité, le porte-à-porte, l’éducation et la sensibilisation, un travail de longue haleine en somme, sont en mesure réellement d’émanciper la femme, avec ses conséquences dans l’implication dans l’exercice politique et donc de la mobilisation. On le sait, le poids du conservatisme demeure un frein pour l’émancipation de la femme.  

Sofiane Tiksilt

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