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Ahmed Ouyahia à la chaîne Ennahar TV
L’amnistie générale :« exclue !» Abonnez-vous au flux RSS des articles

13 mars 2014
10:24
0 commentaire Ahmed Ouyahia, ex-Premier ministre

Sortant de sa réserve habituelle et de son silence, qu’il s’est imposé depuis son remplacement à la tête du gouvernement et son retrait de la direction du RND, Ahmed Ouyahia, est revenu sur l’essentiel des questions de l’heure lors d’une entrevue de 52 minutes à la chaîne Ennahar TV diffusée hier soir.

 

Défendant le bilan des quinze années de Bouteflika à la tête de l’Etat, il soutient que « beaucoup de choses ont été réalisée » malgré « les insuffisances persistantes ». Justifiant les dépenses faramineuses engagées durant ces trois quinquennats, il invoque le fait que l’Algérie « a connu une grave crise financière de 1986 jusqu’à l’an 2000 qui a freiné la satisfaction des besoins du citoyen ». D’où, considère-t-il, « la persistance des actions de mécontentement » et « la nécessité de faire d’avantage pour satisfaire ces insuffisances». 

Sortant ses chiffres comme à son accoutumée, sur les différentes réalisations, le chômage, le logement, infrastructures…etc, il estime que « le peuple sait où est parti l’argent » et appelle, à l’occasion de cette élection, « à une campagne électorale qui sera basée sur la teneur et le contenu des programmes que présenteront les différents candidats ».

Ses rencontres avec le président, sa maladie et sa candidature

« J’ai eu l’honneur de rencontrer le président à deux reprises, le 27 février et le 6 mars derniers, pendant 90 minutes la première fois et 60 minutes la deuxième fois pour discuter de la situation du pays », a indiqué Ahmed Ouyahia.

A mi-chemin entre les déclarations rassurantes, à chaque fois, de ses partisans sur l’amélioration de son état de santé et un aveu de ses difficultés persistantes, il s’est contenté d’affirmer qu’« il n’est pas, certes, dans son état de santé de 1999, mais, sa maladie n’est pas un secret » même si, souligne-t-il, l’homme « garde toute sa conscience et son intelligence ». A propos du contenu de ces rencontres de deux heures et demie, fidèle à sa réserve, refuse de divulguer des détails et  « s’excuse » de ne pouvoir le faire. « J’ai évoqué la durée de ces rencontres pour souligner la capacité du président à tenir une séance de travail » souligne-t-il, en ressortant, encore une fois, sa fameuse réplique « lahdid qyass » pour mettre fin au débat sur cette question. 

Concernant sa candidature pour un 4ème mandat, Ahmed Ouyahia, considère celle-ci comme « un sacrifice » de l’homme au service du pays, répondant aussi « à la volonté d’une partie du peuple algérien » et non comme « un comportement narcissique ou répondant à l’attrait du poste ». Quant à l’annonce de cette candidature par le Premier Ministre, Abdelmalek Sellal, Ahmed Ouyahia n’y voit « aucun inconvénient » et rappelle que ce dernier, de par son poste « occupe une fonction politique » auprès du président et que sa présidence de la commission de supervision des élections n’est qu’une mission technique. Il affirme, par ailleurs, que cela s’est passé dans beaucoup de pays, « plus démocratiques que l’Algérie » et cite, à ce propos, l’exemple de ce qui s’est passé en France après la démission du Général De Gaulle en 1969.

 

Champ politique, corruption et polémique autour de l’armée et… amnistie

Rappelant la précarité du contexte régional post-printemps arabe, Ahmed Ouyahia, considère que le champ politique national est « effrité » et « ne prête pas à la tranquillité ». « L’Algérie a beaucoup plus besoin de rassemblement et de stabilité que d’effritement » indique-t-il, en dressant, au passage, quelques critiques à certains acteurs, sans les nommer, ceux appelant « à l’arrêt du processus électoral » ou « à l’intervention de l’armée » qu’il qualifie de « coup d’Etat » ou, encore, au boycott des élections « qui ne peut être la solution » estime-t-il. 

Sur le dossier de la corruption et de son ampleur sous le règne de Bouteflika, Ahmed Ouyahia, tout en ne niant pas l’existence du phénomène, estime que celui-ci existe partout dans le monde et que l’Algérie n’est pas « un cas unique ». Affirmant que « la justice fait son travail », il rappelle les différentes mesures prises pour lutter contre ce fléau et indique que la justice s’est saisie de l’affaire Sontrach en 2009 bien avant la justice italienne qui n’a pris le dossier en charge qu’en 2012. Appelant à « laisser la justice faire son travail », il récuse « les jugements de valeur politique » qui sont alimentés à travers les médias et qui torpillent son travail.

Abordant la polémique autour de l’armée et des changements opérés par le chef de l’Etat, Ahmed Ouyahia estime que ces changements sont « naturels » et que la lettre du président » a mis fin à toute polémique ». Niant, à son tour l’existence d’un quelconque conflit entre les différentes institutions qui entrerait dans une quelconque feuille de route en prévision du scrutin du mois prochain, il affirme que « ces analyses partent de données erronées et produisent des fictions » qui alimentent les champs politique et médiatique. « C’est un mensonge de dire que l’armée décide. Elle donne son avis et le président décide », assène-t-il, à ce propos. Quant à la polémique à propos du DRS et la revendication d’un état civil, l’ancien chef du gouvernement, réplique que « l’Algérie et déjà un état civil avec toutes ses insuffisances » et que « tous les pays du monde possèdent des services de renseignement ».

Par ailleurs, et reprenant son habit d’éradicateur, Ahmed Ouyahia, affirme à propos de la demande du courant islamiste radical de promouvoir la réconciliation nationale en amnistie générale, que cette option est « exclue ». « Il n’y aura pas d’amnistie. L’Etat est allé le plus loin possible dans le pardon » affirme-t-il. 

Samira. H

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