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Législatives : Le FFS n’a pas encore tranché Abonnez-vous au flux RSS des articles

07 nov. 2016
10:01
0 commentaire "On essaie de survivre à Si L’Hocine, un héritage lourd à porter."

Bien que la tendance soit pour la participation, la décision de prendre part ou non aux prochaines législatives sera prise lors du prochain conseil national, prévu à la fin du mois en cour ou début décembre.Bien que la tendance soit pour la participation, la décision de prendre part ou non aux prochaines législatives sera prise lors du prochain conseil national, prévu à la fin du mois en cour ou début décembre.

 

C’est du moins ce qu’affirme un cadre du parti, qui a préféré répondre à nos questions sous le sceau de l’anonymat. Il faut dire qu’une bonne partie des interviewés ayant des choses intéressantes à dire ou qui n’ont pas fait dans la langue de bois, ont refusé d’être cités.

Il est vrai qu’à l’approche de cette joute électorale, les législatives notamment où les places sont chères, on a préféré pas trop s’exposer, inutilement s’entend. Au risque surtout que leur intervention ne soit pas trop appréciée par ceux, qui ont le pouvoir de valider les listes électorales. Mais aussi par leurs adversaires politiques, qui n’hésiteront pas à manœuvrer en vue de les disqualifier de la course.

Tour d’horizons à Béjaïa, naguère l’un des fiefs du parti de Hocine Aït-Ahmed. Les officiels d’entre eux, les élus et autres membres de la Fédération, répondent tous la même chose : « Les législatives ne sont pas encore à l’ordre du jour. On en discutera le moment venu. Et vraisemblablement lors du prochain conseil national. La date de sa tenue n’a pas été arrêtée. Nous allons consulter la base et nous répercuterons. »

Mais s’agissant des élus et parlementaires, qui ont accepté de discuter en off, tous disent l’exact contraire : « Bien sûr que la tendance est pour la participation. Nous n’avons pas tellement le choix. Avec l’engagement du RCD, des partis de la coalition, FLN et RND ainsi que des islamistes, on ira assurément aux législatives. Pour le fonctionnement du parti, on doit participer au prochain scrutin. C’est une source de revenu pour le parti ; si tu arrives à avoir une vingtaine ou une trentaine de députés en plus des quatre sénateurs en poste, on pourra payer les salaires des permanenciers et les charges fixes et variables des structures : les bureaux communaux, les fédérations et le siège national. »

Une source de financement pour le parti

Un autre a affirmé que le boycott n’a jamais tellement réussi au parti : « On a eu à le vérifier par le passé, la mandature 2002-2007 notamment. Objectivement, on devrait y participer sinon le parti va en pâtir. » Notre interlocuteur était sur le point d’en dire davantage, citer des exemples avant de se raviser. Il craint sans doute d’être identifié car il faisait partie de la garde rapprochée de l’un des anciens premiers secrétaires du FFS.

Un parlementaire a confirmé à demi-mot la participation du parti aux législatives prochaines. Il est convaincu lui aussi que le FFS ne peut pas se permettre le boycott cette élection. « On pouvait se permettre cela. Aït-Ahmed était là. Et c’était laborieux. Aujourd’hui, on essaie de survivre à Si L’Hocine, un héritage lourd à porter, on ne peut réussir sans le nerf de guerre. Et c’est par le biais des mandats électifs, notamment l’APN, le Sénat et l’exécutif communal – avec la revalorisation des salaires et indemnités des maires et des adjoints aux maires – que l’on pourra véritablement faire fonctionner le parti et gagner en autonomie. »

Un ancien maire d’une commune pauvre, qui vit de subvention d’équilibre – mandat 1997-2002, a avancé, quant à lui, des motifs politiques pour justifier la participation du FFS aux prochaines législatives. « C’est tout de même une tribune. Je me rappelle très bien lorsque le parti a boycotté les législatives de 2002 pour les raisons que nous connaissons tous (en raison des tragiques événements de Kabylie d’avril 2001 et son bilan de guerre, Ndlr) le FFS était devenu inaudible. Heureusement que l’on était aux responsabilités au niveau local. Si on avait des députés, comprendre un groupe parlementaire, on aurait pu servir de relais et de courroie de transmission entre les populations locales et le pouvoir politique. On aurait pu mener des actions à Alger, la capitale interdite. On aurait arraché notre droit à parler à la télévision nationale, qui était hermétiquement fermée pour la direction du FFS.»

Salim Aït Sadi

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