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Haider Bendrihem : «Nous mènerons un boycott actif» Abonnez-vous au flux RSS des articles

08 janv. 2017
19:36
0 commentaire M. Haider Bendrihem

Membre du secrétariat national de Talaie El Houriyet, Haider Bendrihem confirme l’intention de son parti d’engager une campagne active en faveur du boycott de l’élection législative de 2017. Universitaire et membre fondateur du Rassemblement national démocratique, Bendrihem n’écarte cependant pas une participation aux élections locales prévues à l’automne prochain. 

 

L’Econews : Le Comité central de Talaie El Houriyet a choisi de ne pas participer à l’élection législative, quelle seront les conséquences de cette décision ?

Haider Bendrihem : Nous estimons que cette décision souveraine aura des effets sur la classe politique. Très peu de partis d’oppositions ont choisi cette voie, mais ce choix répond aux attentes d’un large pan de la société.

Nous avons écouté les voix qui grondent à Ghardaïa, In Salah et dans d’autres villes et régions du pays. Nous avons écouté les enseignants, les travailleurs et les représentants de la société civile. Nos interlocuteurs nous ont expliqué que leurs priorités ne sont pas les élections au terme de laquelle la souveraineté populaire ne sera même pas respectée.

Ce pouvoir est persuadé que les partis d’oppositions sont en situation de faiblesse, c’est totalement faux ! Notre décision vise à instaurer un rapport de force réel et pacifique.

Cela signifie que vous mènerez une campagne active pour le boycott de l’élection ?

Nous avons mené durant 6 mois une campagne d’explications en direction de nos militants et de nos cadres. Maintenant que nous avons l’aval du Comité central, nous allons élargir le débat et expliquer à l’opinion publique les raisons du boycott et pourquoi les législatives pousseront encore plus le pays dans une impasse qui risque d’être dangereuse pour la stabilité et la sécurité de notre pays. Nous mènerons donc un boycott actif de l’élection.

Le boycott ne risque-t-il pas de créer une saignée dans les rangs du parti ?

Je ne pense pas. Il n’y a pas eu de forcing ou de décision imposée par la direction comme cela se fait dans certains partis. La décision de ne pas participer a été prise dans un cadre totalement démocratique et transparent, en présence de la presse. Comme je le disais précédemment, cette décision a fait l’objet d’une large campagne pédagogique et de réflexion, de la base au sommet du parti. Lors de la session du Comité central, les cadres qui étaient pour la participation ont pu s’exprimer en apportant leurs arguments. Ils ont également annoncé qu’ils appliqueraient la décision qui sera prise par l’instance souveraine du parti. Cette décision renforce la crédibilité de notre formation politique.

Ali Benflis a souvent été qualifié de « lièvre ». Dans la situation où votre parti ne participe pas à l’élection législative, n’est-ce pas là un cadeau offert au gouvernement afin d’éviter l’entrée d’une opposition active au sein de l’Assemblée ?

Avant tout, permettez-moi d’apporter un correctif : Ali Benflis n’est pas un lièvre et il ne l’a jamais été. C’est un homme politique qui a pris ses responsabilités durant sa carrière. C’est un homme qui porte des convictions.

Malheureusement le pouvoir n’écoute que lui-même, il n’accorde aucune attention à la rue, aux syndicats, aux associations et aux partis d’opposition. Il n’y a que lui et la société n’existe pas ! A cela les militants et les cadres du parti ont répondu d’une manière claire : Talaie El Houriyet ne participera à l’élection législative.

Ne nous voilons pas la face, la constitution de 2016 est pire que l’ancienne. La classe politique, notamment l’opposition, a été déçue par le mécanisme censé garantir la transparence des scrutins. Cette Haute instance indépendante de surveillance des élections n’a rien d’indépendante. En l’imposant, le pouvoir a agi à contresens des attentes sincères de l’opposition.

Votre parti participera-t-il aux élections locales prévues pour l’automne prochain ?

Cette question n’a pas encore été débattue. La structuration du parti est en voie de parachèvement au niveau local. Si nous estimons que nous sommes prêts, cette question sera étudiée avec attention.

Mais personnellement, j’estime que les élections locales nécessitent un vrai travail de proximité. Le maire, le président d’APW et les élus locaux sont en contact direct avec les citoyens et ils sont engagés dans la gestion de problématiques. Donc je considère qu’il est plus intéressant de s’engager dans les élections locales pour être encore plus proche de la société et, également, pour préparer d’autres échéances électorales.

Farid Menani

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