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FFS: malaise en sourdine Abonnez-vous au flux RSS des articles

22 nov. 2016
13:25
0 commentaire Même disparu, le poids d'Aït Ahmed reste lourd à porter

Il fait partie des rares partis qui n’ont pas encore tranché la question de la participation ou non au prochain scrutin prévu au printemps prochain.

 

Le Front des forces socialistes (FFS), puisque c’est de lui qu’il s’agit, semble cultiver une espèce de suspense autour de cette question. En témoigne le peu de communication autour du sujet préférant focaliser plutôt, à travers ses rares sorties, sur des questions sociales et de l’idée dont il fait son cheval de bataille depuis son cinquième congrès qui est la construction du consensus national. Est-ce à dire qu’il laisse le soin à sa base d’affiner la réflexion autour de la question avant de prendre une décision ou alors qu’il est prisonnier de quelques querelles en sourdine ? A se fier à quelques sources dans l’entourage du parti, ce n’est pas tant la question de la participation qui pose problème, puisque l’idée d’entrer dans la compétition semble largement partagée, que le souci de régler la guerre en sourdine que se livrent deux ailes influentes du parti. Initialement prévu pour septembre ou octobre dernier, le conseil national, instance souveraine appelée à prendre une décision relative à la participation ou non aux prochaines législatives, ne s’est toujours pas réuni. Et pour cause !

Certaines têtes au sein du parti qui jouissaient de la bénédiction et de la protection du défunt Hocine Ait Ahmed, disparu il y a presque année, ont peur d’un retour de manivelle, selon ces sources. En d’autres termes, pour avoir fait la pluie et le beau temps par le passé, ils redoutent de faire les frais d’une reprise en main de l’appareil par une aile hostile. D’après ces mêmes sources, ces figures, dont les frères Baloul, de crainte d’une disgrâce font le forcing pour isoler une autre figure, en la personne de Rachid Haller, qui fait consensus mais dont les convictions les incommodent. Dans ce chassé-croisé qui ne dit pas son nom, se dessine à vrai dire, un bras de fer pour la confection des listes électorales, chacun cherchant à imposer la sienne.

L’ombre d’Aït Ahmed plane sur le parti

Autres faits à l’origine des remous en sourdine qui secouent le plus vieux parti d’opposition : la participation du sénateur Moussa Tamatardaza à une mission en France en compagnie du président du Sénat, Abdelkader Bensalah sans en référer à la direction, ou encore celle de Chabati de la fédération de Bejaia qui s’est rendu, dans le cadre d’une visite, au siège de l’OTAN. Ces « incartades » sont perçues au sein de quelques segments du parti comme des signes d’une volonté d’une certaine aile pour se rapprocher des décideurs. De quoi susciter des soupçons. Reste que le parti qui s’est engagé dans l’entreprise de reconstruction du consensus est condamné à participer aux élections, au risque non seulement d’être éliminé plus tard à cause de la nouvelle loi électorale, mais aussi pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec ce noble objectif qu’est le consensus. «Le défi actuel est de trouver les voies et moyens permettant de mettre toutes les chances du côté de ceux qui croient en cette initiative (consensus national) et la mobilisation du plus grands nombre d’Algériens autour de ce projet », a répété encore récemment le premier secrétaire du parti.

Selon Bouchafa, la préoccupation et l’objectif de son parti est «la préservation de la souveraineté nationale, de la sécurité, la stabilité et la cohésion de l’Algérie dans le but de construire un Etat fort avec des institutions fortes et l’adhésion de son peuple, pour un pays uni, prospère et solidaire ». Mais sans pour autant régler l’essentiel : Comment le parti va survivre à Ait Ahmed qui a longtemps écrasé de sa stature et de son envergure l’appareil et étouffé les divergences ? Et ce n’est certainement pas le prochain congrès prévu dans une année qui risque de ramener la sérénité dans la maison du FFS…

Sofiane Tiksilt

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