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Les petites piques de Mohamed VI à l’Algérie Abonnez-vous au flux RSS des articles

01 févr. 2017
10:37
0 commentaire Le discour du roi s'apparente à un réquisitoire.

Conforté certainement par son retour au sein de l’Union africaine, après une absence de 33 ans, le Royaume du Maroc, par la voix de son souverain, Mohamed VI, n’a pas manqué mardi de lancer quelques piques à l’endroit de son voisin de l’Est, l’Algérie.

 

Dans son discours devant les chefs d’Etats et de gouvernements réunis à Addis Abbeba à la clôture du sommet de l’UA que les médias marocains ont à l’unisson qualifié « d’historique », le souverain marocain a mis en avant les liens de coopération économique qu’il a pu tisser avec l’Afrique. Outre les multiples accords passés et la formation dispensée dans la Royaume au profit de nombreux étudiants africains, Mohamed Vi a évoqué le projet du gazoduc africain-atlantique qu’il a initié avec le président nigérian, -«un projet, dit-il, qui sera créateur de richesses, pour les pays et les populations riveraines, créant un mouvement décisif d’impulsion et entraînant l’émergence et le développement de projets parallèles et permettra d’établir des relations bilatérales et multilatérales plus apaisées, et fera ainsi naître un environnement propice au développement et à la croissance »- et la mise en place dans certains pays d’unités de production de fertilisants dans le cadre de projets visant à améliorer la productivité agricole.

« Nous le savons : ce ne sont ni le gaz, ni le pétrole qui satisferont les besoins alimentaires de base ! Or, le grand défi de l’Afrique n’est-il pas sa sécurité alimentaire ? », a lancé Mohamed VI dans une allusion à peine voilée à l’Algérie dont l’économie repose essentiellement sur les hydrocarbures. Évoquant la question des immigrants, le souverain alaouite a mis en exergue le traitement qu’il leur réserve, comme pour suggérer qu’il a adopté une politique qui tranche avec celle de certains pays, et là aussi sans doute la critique vise notre pays après le tollé soulevé suite au renvoi de certains immigrants après les incidents de Dely-Brahim. «A l’intérieur de mon pays, les Subsahariens sont accueillis dans les termes que nous avions annoncés : plusieurs opérations de régularisation ont été lancées la première phase avait déjà bénéficié à plus de vingt-cinq mille personnes. La deuxième vient d’être lancée avec succès, il y a quelques semaines, selon le même esprit de solidarité et d’humanisme. Nous sommes fiers de ces actions. Elles étaient nécessaires, vitales pour ces hommes et ces femmes qui ont trop longtemps souffert de la clandestinité. Et nous agissons pour que ces personnes ne vivent plus en marge, sans emploi, sans soin, sans logement, sans accès à l’éducation. Nous agissons pour que les couples, en particulier les couples mixtes, composés de marocains et de conjoints subsahariens, ne soient pas séparés. Toutes ces actions constructives, en faveur des immigrés, ont ainsi justement conforté l’image du Maroc, et renforcé les liens que nous avions d’ores et déjà constitués », a-t-il affirmé. Plus loin, il n’hésite pas à l’accuser aussi, à demi-mots d’être à l’origine du blocage de l’UMA, un projet lancé lors du sommet de Zeralda en juin 1988 et dont l’acte constitutif a été signé l’année suivante à Marrakech.

 L’UMA obsolète 

 «Nous avons participé à l’avènement de cette belle construction panafricaine, et nous souhaitons tout naturellement y retrouver la place qui est la nôtre. Pendant toutes ces années, et sans ressources naturelles, le Maroc est devenu un pays émergent, à l’expertise reconnue ; il est aujourd’hui l’une des nations les plus prospères d’Afrique. Le Maroc a toujours considéré qu’il faut d’abord puiser sa force, dans l’intégration de sa sous-région maghrébine. Or, force est de constater que la flamme de l’UMA s’est éteinte, parce que la foi dans un intérêt commun a disparu ! », a-t-il déploré. «L’élan mobilisateur de l’idéal maghrébin, promu par les générations pionnières des années 50, se trouve trahi. Aujourd’hui, nous constatons avec regret que l’UMA est la région la moins intégrée du continent africain, sinon de toute la planète :

Alors que le commerce intra-régional s’élève à 10 % entre les pays de la CEDEAO, et à 19 % entre les pays de la SADEC, il stagne à moins de 3 % entre les pays du Maghreb. De même, tandis que la Communauté Economique d’Afrique de l’Est avance dans des projets d’intégration ambitieux, et que la CEDEAO offre un espace fiable de libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, les pays du Maghreb sont, eux, à un niveau de coopération économique très faible », regrette-t-il encore avant de prédire la dissolution de cette ensemble. «Nos concitoyens maghrébins ne comprennent pas cette situation. Si nous n’agissons pas, sauf à prendre exemple sur les sous-régions africaines voisines, l’UMA se dissoudra dans son incapacité chronique, à rencontrer les ambitions du Traité de Marrakech, qui lui a donné naissance il y a 28 ans ». De ce constat, il tente de prendre à témoin l’opinion que son choix de se tourner vers l’Afrique est logique au regard de l’incapacité de l’UMA à se dynamiser. « Ce constat conforte le Maroc dans son choix de l’Afrique. Ainsi faisant, mon pays opte pour le partage et le transfert de son savoir-faire ; il propose de bâtir concrètement un avenir solidaire et sûr. Nous enregistrons, avec fierté, que l’histoire nous donne raison », conclut Mohamed VI.

Sofiane Tiksilt

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