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Giuseppe Agostinacchio, Président de l’Agence Italienne pour le commerce extérieur à Alger
«L’Italie investit dans le long terme» Abonnez-vous au flux RSS des articles

22 sept. 2014
09:38
0 commentaire M.Giuseppe Agostinacchio

Afin de profiter de l’opportunité qu’offre le marché algérien, l’Italie intensifie les actions d’investissement à travers l’organisation de rencontre B to B, en Algérie. En réaction au recul de leur taux d’échanges commerciaux, l’Agence Italienne pour le commerce extérieur (ICE) prévoit dans son calendrier de la rentrée sociale 2014, l’organisation de plusieurs rencontres d’affaires afin de conquérir de nouveaux marchés. C’est du moins ce qu’a indiqué Giuseppe Agostinacchio, Président de l’ICE, dans cet entretien paru dans les colonnes de L’Éco (N°95 / du 1er au 15 septembre 2014)

 

L’Eco : L’ICE représente un intermédiaire de taille pour promouvoir les échanges bilatéraux entre les entreprises algériennes et italiennes. En quoi consiste votre contribution ?

Giuseppe Agostinacchio : l’ICE est une section de l’ambassade d’Italie à Alger qui vise la promotion des échanges économiques entre les deux pays. Nous possédons 85 bureaux de liaisons à travers le monde, à l’instar de l’Algérie, notre partenaire historique. Le gouvernement algérien amorce une nouvelle phase de développement économique et a manifesté sa détermination à aller de l’avant et nous sommes prêts à l’accompagner dans l’exploitation de tout le potentiel économique existant sur son  marché. Existant sur le sol algérien depuis 1972, le rôle de l’ICE, aujourd’hui, est de renforcer sa présence et affirmer sa détermination à soutenir l’Algérie dans sa politique du développement économique et commercial, même au niveau extérieur.

D’ailleurs, nous participons à l’organisation de plusieurs événements tout au long de l’année, à l’instar de la foire internationale d’Alger ou à des salons spécialisés comme Batimatec, Jazagro, Sitev… L’entreprise italienne ne rate jamais un événement d’une telle envergure. Ces rencontres nous permettent de nous rapprocher de l’investisseur ou du consommateur algérien et d’identifier ses besoins. Avant de s’engager dans un partenariat, nous anticipons ceci par la proposition d’une formation spéciale dans le domaine requis. Nous invitons, gratuitement, les entrepreneurs algériens à participer à nos formations, que ce soit en Algérie ou en Italie. Notre agence propose des formations gratuites au profit de ses partenaires algériens.

L’Algérie essaie tant bien que mal d’assister le développement de son économie à travers l’encouragement de l’investissement. Ce n’est pas encore une référence mais elle est en bonne voie. Le marché algérien a de grandes potentialités et offre des chances à tous les autres pays, à l’instar de l’Italie. Etant donné que l’Algérie est l’un des plus importants alliés économiques européens et italiens en particulier, je conçois que le renforcement des relations entrepreneuriales s’impose de lui-même.  Le produit italien a su s’imposer sur le marché algérien comme une référence dans certains domaines. Les deux pays ont la possibilité d’élargir leurs partenariats et engager des actions d’investissements plus importantes pour soutenir les échanges commerciaux et réaliser des bénéfices. Aujourd’hui, nos échanges commerciaux se sont un peu affaiblis en raison de la concurrence, notamment chinoise, ainsi que la présence et la réputation historique des produits français sur le marché algérien. Ces facteurs ont un peu compliqué notre mission en Algérie. D’ailleurs, nous sommes en train de raccourcir les distances commerciales entre l’Algérie et l’Italie afin d’encourager les entrepreneurs des deux pays à investir sans contraintes. Ce qui est sûr, le produit italien sera toujours une référence pour le consommateur ou les investisseurs algériens.

La guerre des subprimes a affaibli toute l’économie européenne, notamment d’Italie, du Portugal, de la Grèce, de la France et d’Espagne. Quel est l’impact de cette crise sur vos investissements étrangers?

 En effet, la crise dure depuis plusieurs années et a, énormément, affaibli l’économie de la communauté européenne, mais je ne crois pas qu’il y ait un impact négatif sur nos relations économiques avec l’Algérie. C’est vrai que la crise s’est accentuée dans certains secteurs, notamment industriels. L’Italie a été parmi les premiers pays à réagir à cette situation en élaborant des plans de restructuration et de réformes du secteur industriel italien en crise. Nous reconnaissons que la crise a occasionné des pertes importantes de bénéfices mais pas dans nos possessions à l’étranger. Nous avons su gérer cette crise au niveau de nos représentations étrangères et éviter les dégâts dans nos unités industrielles internationales.

Contrairement  à nos attentes, les exportations ont connu une nette augmentation durant cette période de crise. En conclusion, le marché européen est beaucoup plus prospère en dehors de la zone Euro, comme l’Algérie. Il ne faut pas placer toutes les entreprises au même niveau car il y a quand même des sociétés qui ont su gérer leur période de crise intelligemment et augmenter le volume de leurs ventes sur le marché international ou voisin. Notre démarche, en Algérie, s’inscrit dans l’objectif de promouvoir les relations et les échanges commerciaux entre les deux pays afin de soutenir le développement économique de l’Algérie et soutenir l’Italie en temps de crise. Nous sommes le seul pays à avoir  profité de la crise pour revoir notre politique d’investissement. Notre capacité de production industrielle a d’ailleurs augmenté de 6%. Ce qui est positif à notre évolution économique et celle de nos partenaires internationaux.  Cela explique la capacité de l’Italie à gérer les situations de crise économique, tandis que les autres pays crient à l’assistance des autres pays afin de les aider à affronter leur crise financière.

En ces périodes difficiles, plusieurs pays européens s’intéressent au marché algérien. Quelle est donc la stratégie de l’Italie pour conquérir d’autres segments de ce marché ?

L’Italie est un partenaire classique de l’Algérie. Nous nous intéressons à tous les secteurs sans exception, mais il y a des domaines où les Italiens excellent plus, comme la construction, l’industrie etc… Pour le  mois de septembre et octobre, nous  allons organiser deux importantes missions en Algérie en faveur des chefs d’entreprises algériens portant sur les systèmes et les techniques du travail dans les secteurs agro-industriel et  médical, des secteurs qui doivent être améliorés davantage. Notre intérêt particulier, toutefois, se porte sur le secteur de la construction et du bâtiment qui représente la partie la plus importante des investissements. Mais, personnellement, je m’intéresse à l’agro-industriel,  c’est un secteur de grande envergure, productif, durable et à un coût moindre. C’est un secteur qui ne nécessite pas de grands moyens logistiques mais très rentable à longueur de l’année car il répond un besoin vital. Sans oublier que l’Algérie est un grand importateur de produits alimentaires, c’est pour cette raison, que nous voulons nous recentrer sur ce secteur et le développer, avec l’aide de l’Algérie. Une démarche fructueuse pour nos deux pays. Je suis convaincu que l’Algérie est, également, intéressée par un partenariat avec l’Italie dans le secteur agroalimentaire, comme c’était le cas pour l’industrie pharmaceutique, le bâtiment et l’industrie du plastique. Il faut savoir que l’Italie investit à long terme, chacun de nos partenariats est soutenu par des formations devant aider les cadres algériens à maîtriser leur domaine. Nous faisons très attention au volet formation car il doit être adapté à la demande du client afin de gagner sa confiance et nouer des partenariats gagnants-gagnants. La qualité se paie, mais le savoir-faire s’arrache. 

Et la règle du 51-49% dans tout ça ?

C’est vrai que c’est une règle qui ne nous laisse pas indifférents, mais c’est une manière de protéger son économie et inciter l’investisseur étranger à mieux connaître le pays et ses réglementations avant d’investir. La première chose que fait un affairiste dans un pays étranger est de le prospecter ensuite mettre son capital social en gage. Pour les entreprises italiennes, cette règle est une formalité qu’il faut accepter car ils sont conscients de l’importance économique de leur engagement, en Algérie.  Moi je pense que si une entreprise a les capacités requises pour investir, il vaut mieux choisir l’Algérie. Si nous payons nos impositions et nous sommes transparents dans nos transactions économiques, l’Algérie et l’Italie constitueront un partenaire économique redoutable.

L’Italie est-elle favorable à l’accession de l’Algérie à l’OMC et du projet du démantèlement tarifaire?

Oui, pourquoi pas. Quant au projet de la zone franche entre l’Algérie et l’Europe, il est très important. Ce projet remonte à plusieurs années déjà. Il va permettre à certains pays, la circulation facile des marchandises et l’ouverture des marchés au profit des entreprises et pays. L’assouplissement et la suppression de certains droits fiscaux ainsi que l’ouverture des frontières sont une bonne chose pour encourager la productivité et la concurrence. En ouvrant le marché algérien, nous allons sûrement avoir l’accès facile aux autres marchés africains, ce qui est très porteur pour nous. 

Samira Bourbia

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