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Bomare: cap sur un CA de 20 millions de dollars pour l'export Abonnez-vous au flux RSS des articles

25 mars 2017
10:03
0 commentaire Ali Boumediene PDG

Exportant ses produits vers l’Europe et l’Afrique, Bomare Company compte améliorer ses affaires et, ses parts de marché. Son P-DG, Ali Boumediene, revient dans cette interview sur la stratégie suivie mais aussi sur les difficultés que rencontre la filière électronique.

 

L’Econews : Parlez-nous de votre entreprise ?

Ali Boumediene : Nous avons commencé la production entre 2001 et 2003, très vite nous sommes passés de l’insertion manuelle des cartes électronique à une ligne de production automatique avec notre partenaire américain Universal  ce qui nous a permis de former nos ingénieurs durant une année. En 2007, nous avons atteint notre objectif principal qui était l’export. En 2015, nous avons réalisé un chiffre d’affaire de 6 millions de dollars à l’export, soit 4% du Chiffre d’affaire global.

Comment estimiez-vous le marché algérien en matière des produits électroniques et de la téléphonie mobile?

Le marché algérien demeure stable et existe toujours de la demande sur les produits électroniques. Pour ce qui concerne le produit national, nous sommes mieux qu’avant, et ce, si nous nous comparons aux années passées où il y avait un afflux des produits importés. L’année passée des dizaines d’importateurs ont été interdits d’importer les produits électroniques afin d’encourager la production nationale. Chose considérée encourageante pour les fabricants nationaux. D’ailleurs, l’année passée, l’Algérie a enregistré une baisse des importations des produits finis.

Quelle est votre stratégie pour placer vos produits sur le marché, tout en sachant qu'il existe une concurrence rude?

Nous considérons toujours les producteurs nationaux comme des partenaires, d’ailleurs nous avons lancé un appel aux opérateurs activant dans notre secteur d’activité pour la création d’un cluster qui exposera le produit algérien à l’international. 

Y a-t-il une possibilité d’augmenter le taux d’intégration ?

Notre taux d’intégration est au environ de 40%, et notre objectif est d’atteindre 75%. Aujourd'hui, je peux dire que nous avons atteint un taux d’intégration de 40% car les producteurs locaux ne fabriquent que les cartes mères et l’assemblage. Augmenter ce taux figure parmi nos objectifs principaux.  Le marché algérien est un petit marché par rapport aux autres (1,2 million de TV/an par rapport à l’Allemagne 12 millions TV/an…), nous pouvons augmenter le taux d’intégration à travers l’accompagnement des sous-traitants locaux dans les différents éléments de la téléphonie. Nous avons atteint un taux d’intégration de 20% dans la téléphonie.

Pourquoi ce taux minime d’intégration ?

Oui effectivement vous venez d’aborder une bonne question. Je dirais que ceci est dû essentiellement aux difficultés que rencontre la filière comme l’absence des avantages tels que la fiscalité qui reste très élevé soit, 4% alors que l’impôt des importateurs est moindre il ne faut pas oublier aussi que la fabrication des smartphones exige des équipements très importants (salles blanches, des techniciens, des ingénieurs, des formations, un savoir faire…). Le grand problème aussi réside dans le transport de la matière première par bateaux, avec des délais de 45 à 60 jours, tout cela ne nous rend pas très compétitifs. Je peux dire aussi que le produit finis importé a plein d’avantage, par exemple, la taxe de douane qui est de 5% (égale à la taxe de douane à payer pour la matière première). L’expédition par air est autorisée, donc à la réception des produits finis, la commercialisation est facile (max 2 semaines entre réception et vente). Cependant, pour la production, on paie 5% de taxe de douane (comme pour le produit fini), l’expédition par air est interdite par l’IATA, donc nous devons recevoir la matière première par mer, ce qui prend environ 45 jours. On ajoute le délai de production qui est de 2 semaines, sans oublier l’investissement dans les équipements (salle blanche, techniciens, ingénieurs, formations, savoir-faire…..).

Quelle solution proposez-vous? 

Personnellement j’ai, à plusieurs reprises soulevé les différents problèmes à l’attention des pouvoirs publics, j’ai proposé entre autres de séparer les tarifs douaniers pour les produits locaux de ceux importés. Il y a aussi la taxe sur l’énergie pour les produits importés finis qui va freiner l’importation de la matière première. Nous comptons beaucoup sur la tripartite pour trouver des solutions à tout cet environnement.

Cela ne a pas empêché de trouver d’autres marchés, comment a été le parcours de l’exportation?

L’histoire de l’export a commencé en 2007, mais nous avons été obligés d’arrêter, après avoir effectué des dizaines d’opérations. Les causes, étaient à cette époque, multiples, à commencer par le manque de la matière première, la lenteur de traitement de la marchandise au niveau des ports, le dédouanement trop lent et puis, en face nous avions des clients très exigeants donc, la solution était de faire une pause jusqu’en 2015 et ce, suite aux différentes facilitations accordées par l’Etat aux exportateurs. Il s’agit notamment du couloir vert pour l’export et, le dédouanement rapide de la matière première. Aujourd’hui nous enregistrons de bons résultats financiers et aussi la satisfaction de nos clients. Nous avons même accompagné la distribution de nos produits avec des centres de maintenance de nos produits en Espagne et prochainement au Portugal.

Vous avez également signé un accord avec la société AFEEE. Un contrat de 12 millions d'euros, ou en vous-êtes?

Il reste encore difficile d’exporter et d’intégrer le marché africain, non seulement pour le consommateur africain qui n’accepte pas facilement le produit algérien, mais aussi à cause du transport maritime il faut compter jusqu’à 45 jours pour que les armateurs qui passent par l’Europe avant d’aller en Afrique. Ainsi, nous ne serons pas compétitifs par rapport aux différents exportateurs mondiaux. L’autre problème c’est le paiement des factures et le transfert d’argent faute d’agences bancaires algériennes en Afrique. Le paiement constitue dans ces cas un risque pour nous les exportateurs dans la mesure où, la banque d’Algérie peut nous blaklister.  Comme j’avais déjà dit Notre stratégie était de commencer à exporter vers l’Europe et ce pour pouvoir convaincre le marché africain de notre fiabilité. Aujourd’hui, notre objectif et de réaliser un chiffre d’affaire de 20 millions de dollars soit 20% du chiffre d’affaire global.

Quels sont vos projets d’avenir?

Nous avons un projet de 5 milliards de dinars pour la période 2017 et 2020 qui nous permettra d’augmenter le taux d’intégration à 75%. Nous allons en effet commencer la réalisation des écrans d’affichages, les nets books etc… comme nous souhaitons aussi nous engager dans les énergies renouvelables. Nous avons par ailleurs d’autres projets au stade de l’étude pour accompagner les constructeurs automobiles, et Alstom. Nous travaillons avec la bourse de sous-traitance Centre pour leur fournir des solutions électroniques. En fait tout un plan de travail que nous menons avec beaucoup de sérénité.   

Noreddine Izouaouen

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