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Industrie: La filière mécanique marque des points

17 déc. 2017
13:02

Le secteur industriel a enregistré une belle poussée en 2017 par le lancement de plusieurs projets avec, à leur tête, l'industrie automobile suivie notamment de la cimenterie et de la sidérurgie, mais la filière de la sous-traitance peine encore à connaître une véritable dynamique.  

 

Amorcée dès 2014, la branche de l'automobile a mis les bouchées doubles en 2017 avec le lancement de projets et l'entrée en activité d'usines de montage de véhicules, alors qu'aucune licence d'importation n'a été octroyée.

Pour mieux encadrer la filière de montage et de production de véhicules en Algérie, un cahier des charges a fait l'objet d'un décret exécutif qui a clairement défini les conditions d'exercice de cette activité. C'est à la faveur d’un accord entre le groupe algérien Sovac et le constructeur allemand Volkswagen qu'une usine a été inaugurée dans la zone industrielle de Sidi Khettab (wilaya de Relizane).  Selon les engagements de ces deux partenaires, le taux d’intégration devrait passer de 15% au départ à 40% après cinq ans de son entrée en service. Un pacte d’actionnaires a également été conclu entre le groupe public PMO Constantine, le groupe privé Condor, la société Palpa Pro et PSA Peugeot pour la production de véhicules de cette marque française au logo de lion à partir de l’année 2018 pour un investissement de 100 millions d'euros. Le contrat prévoit des mesures d'accompagnement: La création d’une académie de PSA en Algérie pour former la main d’œuvre algérienne dans le domaine de l’assemblage et de la construction des véhicules, ainsi que l'installation des équipementiers de Peugeot en Algérie pour développer des partenariats avec des opérateurs algériens. Entré en production en 2016, le complexe de production de véhicules du groupe Tahkout Cima Motors a ajouté à sa gamme, cette année, la fabrication, en partenariat avec Hyundai, de la voiture "Hatchback Hyundai".  Avec les Japonais, ce même groupe a également lancé, dans la wilaya de Saida, la construction d'une usine de montage de véhicules touristiques de marque Suzuki dont les premières voitures sortiront à la mi 2018. Outre les véhicules de tourisme, l'industrie mécanique a élargi sa voilure aux véhicules utilitaires. C'est ainsi qu'un partenariat entre le groupe industriel algérien BSF Souakri et la firme française Renault Trucks s'est soldé par le lancement de la réalisation à Meftah (Blida) d'une unité de montage de véhicules industriels de marques Renault Trucks et Volvo. L'essor de la filière des véhicules a également été enregistré dans l'industrie mécanique militaire à travers la production de plusieurs types de véhicules destinés aussi bien pour le ministère de la Défense nationale que pour des organismes civils publics et privés.         

 

Sidérurgie: lancement de plusieurs projets

Actuellement, la production nationale en produits sidérurgiques ne couvre que 30% à 35% des besoins du marché, tandis que la facture d'importation annuelle de cette catégorie de produits est évaluée à plus de 5 milliards dollars pour près de 6 millions de tonnes. Pour combler ce déficit, plusieurs opérations ont été lancées durant l'année 2017. Il s'agit de la mise en service du premier laminoir du complexe sidérurgique de Bellara (Jijel), de la remise en service des installations du complexe sidérurgique d`El Hadjar (Annaba), de l'extension du complexe sidérurgique algéro-turc "Tosyali Algérie" (Oran) ainsi que du lancement d’une usine de fabrication de tubes d’acier à Béthioua (Oran). D’un investissement de plus de 2 milliards dollars, le complexe sidérurgique de Bellara est le fruit d’un partenariat entre l’entreprise Sider, le Fonds national d’investissement et Qatar steel international. Quant au complexe d’El Hadjar, il a bénéficié d’une opération de revamping et de modernisation de ses installations industrielles avec la remise à niveau totale du haut fourneau et de l’unité de préparation de la matière. En ce qui concerne le complexe Tosyali, une extension a été opérée tandis qu'une usine de fabrication de tubes d’acier a été mise en service. Pour l’usine de fabrication de tubes d’acier de Béthioua (Oran), il s'agit d'un investissement privé du groupe ETRHB Haddad d'un montant de 21 milliards DA pour la production de 450.000 tonnes de tubes/an destinés aux transferts hydrauliques, gazier et pétrolier.

 Une sous-traitance en deçà des opportunités

Le nombre total des entreprises algériennes activant dans la sous-traitance industrielle ne dépasse pas les 900 entreprises, soit 10% seulement des entreprises du tissu industriel contre 20% à 30% en Tunisie et au Maroc. C'est pourquoi les pouvoirs publics inscrivent ce créneau parmi leurs priorités pour réduire les importations des composantes et pièces de rechange de façon à bâtir un partenariat durable qui soit profitable au tissu industriel national.  Parmi les projets lancés en 2017 dans cette activité figure essentiellement l’unité de production de pneumatiques pour véhicules légers et utilitaires à Sétif, initiée par l'entreprise Iris. A ce projet s’est ajoutée l’usine de fabrication de verre Africaver (Jijel) qui devra participer aux efforts de consolidation du domaine de la sous-traitance à travers la production de pare-brise, vitres latérales, rétroviseurs ainsi que des verres blindés pour les véhicules militaires. En outre, une usine de fabrication des sièges de voitures a été lancée par la société Martur Algeria Automotive Siting (Oran), qui sous-traite pour le compte de Renault Algérie.  Des projets de sous-traitance ont également été promus dans le secteur public à travers la signature de deux conventions-cadres entre le groupe Sonatrach et les groupes industriels publics Elec El Djazair et Algerian Group of Mechanics (AGM). Pour permettre un meilleur partenariat public-privé pour le développement de la sous-traitance industrielle, une convention cadre a été signée entre la Coordination des bourses de sous-traitance algériennes et quatre groupes industriels publics. Plus encore, il a été opté pour la formule des clusters dans plusieurs filières pour mieux structurer les investissements et instaurer des pôles industriels régionaux spécialisés: clusters industriels de la mécanique de précision, de boissons et des TIC.

Redynamisation du secteur de la pétrochimie

Pour développer le secteur de la pétrochimie à travers une valorisation locale optimale des hydrocarbures et des produits issus du raffinage, Sonatrach a conclu un protocole d`entente avec la société italienne Versalis (filiale du groupe ENI) ainsi qu’un contrat avec la société indienne Engineers India Limited (EIL) pour la réalisation d`études relatives à des projets pétrochimiques. Le protocole d`entente avec Versalis porte sur les études de faisabilité de réalisation de complexes pétrochimiques en Algérie, et le renforcement de la coopération entre les deux sociétés dans le domaine de la pétrochimie. Quant au contrat paraphé avec EIL, il porte sur la réalisation d`études-suivi-conseils pour la réhabilitation de l`unité d`éthylène du complexe CP1K de Skikda.  Aussi, le Groupe Sonatrach et la compagnie française Total ont signé un accord qui permettra, entre autres, d’élargir la coopération entre les deux parties dans la pétrochimie.  Le groupe algérien a aussi lancé trois projets en effort propre dont le premier concerne le projet de réhabilitation de l’unité éthylène du complexe pétrochimique de Skikda pour produire 120.000 tonnes d’éthylène/an. Il s’agit aussi de la réalisation d’un complexe de production de méthyl tert-butyl éther (MTBE) d’une capacité de 200.000 tonnes/an et du projet de complexe de l’alkyl linéaire de benzène (LAB) d’une capacité de 100.000 tonnes/an.

Nouveaux projets de cimenteries, de médicaments et de textile

L`industrie du ciment a réalisé, quant à elle, des avancées remarquables en 2017 avec la mise en service de la deuxième ligne de production de la cimenterie d’Ain El Kebira (Sétif) du Groupe public Gica, l’inauguration de la cimenterie privée Cilas (Biskra) et celle de Timektane (Adrar).  L'objectif du gouvernement étant d'arriver à l'autosuffisance, à réduire la facture d'importation qui avait atteint les 260 millions de dollars en 2016 et à exporter ce matériau de construction. Par ailleurs, le secteur pharmaceutique continue à peser sur les devises de l'Etat avec des importations qui dépassent le milliard de dollars annuellement. Mais très peu de projets ont vu le jour durant 2017 dans cette filière: une usine à Rahmania (Alger), filiale du laboratoire jordanien Dar Al Dawa, pour la production de médicaments (oculaires, cardiovasculaires, neurologie, urologie...), tandis qu'une convention de partenariat pour la création d`une société mixte de médicaments d'ophtalmologie a été signée entre le laboratoire algérien de fabrication de médicaments Huppharma et la société industrielle pharmaceutique saoudienne Jamjoom Pharma.  Dans le cadre de la diversification de l'économie, le secteur du textile est l'un des créneaux sur lequel mise le gouvernement. Cette activité, qui s’est effondrée dans les années 1990, connaît, depuis ces dernières années, un dynamisme relatif à la faveur de la signature de contrats de partenariat.  Sur l'année 2017, un protocole d'accord a été paraphé entre l'entreprise publique Texalg et la société turque Boyner Sanayi pour la création d'une joint-venture de production de filés laine et d'autres produits textiles à Meskiana (Oum-El Bouaghi) dont l'entrée en production est prévue pour 2018.

               

APS

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