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Tourisme : les Tunisiens prêts à investir en Algérie Abonnez-vous au flux RSS des articles

22 janv. 2017
09:51
0 commentaire M. Jamel Arem, investisseur en tourisme

Ayant déjà une longue expérience dans le secteur du tourisme, le PDG du groupe Arem, que nous avons rencontré en Tunisie, à l'occasion d'un Eductours organisé par NewSun Travel et l'agence Arij vers l'île de Djerba, indique dans cet entretien que l'Algérie devrait se lancer dans la réalisation des hôtels de divertissement et de loisirs, tout en rappelant qu’il a tenté d’investir en Algérie dans le tourisme mais ses tentatives ont été vaines.

 

L’Econews : Pouvez-vous nous présenter votre groupe ?

Jamel Arem : Créée en 1979, le groupe Arem, opère dans divers secteurs. Tout au long de son parcours, Arem group a opté pour une stratégie de diversification dans des domaines d’activités stables et rentables. Nous avons pu créer des synergies et nous positionner en tant que leader dans des secteurs aussi variée que l’industrie, le commerce, la promotion immobilière et le tourisme. Pour ce qui concerne ce dernier secteur, nous avons investi pour trois hôtels implantés dans les meilleurs sites de Tunisie, à savoir deux à Djerba même (Hôtel Diana Beach : hôtel 4 étoiles, un 4 étoiles de 396 chambres ; et Meridiana, un 3 étoiles de 277 chambres et à Hammamet Sud (Lella Baya, un 4 étoiles de 235 chambres et 10 suites).

Quelles sont les nouveautés pour les touristes, notamment les Algériens, pour l’année en cours ?

Je tiens d’abord à remercier nos frères Algériens qui nous ont soutenus dans les moments difficiles. Ils étaient les premiers à réagir en faveur des Tunisiens après tous ce qui s’est passé dans mon pays. Aussi, je tiens à annoncer que nous avons prévu des promotions pour les touristes algériens qui peuvent atteindre les 20%. Mais à condition que les agences de voyages, avec lesquelles nous travaillons respectent leurs engagements de ne pas exploiter ces baisse à leur compte. 

Avez-vous déjà essayé d’étendre votre investissement en Algérie dans le domaine du tourisme ?

Oui effectivement, nous avons tenté de nous implanter en Algérie à travers un projet touristique, mais en raison de la cherté du foncier, notamment dans la wilaya d’Alger et ses environs, nous n’avons pu conclure les négociations. Aujourd’hui, si l’Etat algérien est prêt à s’engager dans ce projet, nous serons également disposés à réaliser des projets plus importants que ceux de Tunisie et à des prix très compétitifs. Nous pouvons réaliser des projets avec des matériaux de construction fabriqués localement qui reviennent moins chers que ceux importés. C’est une question de culture, de tradition et d’identité, dont l’Algérie est très riche. Donc nous devons mettre en valeur ce que l’Algérie possède en matière de ressources naturelles et culturelles.

Comment avez-vous trouvé le secteur de tourisme en Algérie ? 

Je suis allé à Alger, j’ai trouvé que le secteur de tourisme souffre dans tous les sens à savoir les services et la cherté des prix. Ce qui manque vraiment en Algérie ce sont les établissements hôteliers de divertissement et de loisirs qui se situent dans les régions côtières. C’est ce genre de complexes touristiques équipés de Thalassos que les clients (algériens et étrangers) cherchent. Aujourd’hui en Algérie, il existe beaucoup plus des hôtels de business. Mais je ce que je propose, c’est de s’orienter vers d’autres genres de tourisme. Et la Tunisie peut accompagner l’Algérie à travers son expertise et son savoir-faire dans le secteur du tourisme. Ainsi, je rappelle que la Tunisie a été aux côtés de l’Egypte dans la création de sa destination de Sharam Echeikh. Idem pour la Turquie. La Tunisie a une histoire dans le tourisme où elle a créé ses destinations. Le Maroc a suivi la même expérience tunisienne. Le tourisme est très important pour l’économie de tout pays car les hydrocarbures ne sont pas éternels.   

Donc vous accrochez toujours à votre projet en Algérie ?

Oui personnellement je crois énormément en les compétences de l’Algérie dans le secteur du tourisme. Je tiens également à contredire ceux qui disent que l’Algérien n’est prêt pour le tourisme car je tiens beaucoup à nos frères algériens qui visitent la Tunisie. Il faut d’abord commencer et se lancer car le peuple algérien a vraiment besoin de ces ères de divertissements.

N’avez-vous pas pensé d’aller investir dans les wilayas de l’intérieur de l’Algérie, notamment dans le tourisme thermal ?

Ce que je peux dire dans à ce sujet, c’est de commencer dans un premier temps dans la réalisation de ces projets touristiques dans les régions très sécurisées à savoir Alger et ses environs.  Si le projet réussi il sera élargi à travers les autres régions du pays. L’expérience tunisienne a été très encourageante. D’ailleurs l’Etat a réservé les meilleures régions et accordé des assiettes foncières aux investisseurs. C’est la même chose pour le tourisme à Dubaï, qui a débuté avec le projet de Jomaira qui a été suivi par d’autres non moins importants. 

Etes-vous prêt à investir en Algérie avec la règle 51/49 ?

Oui n’est pas un problème, mais il constitue toutefois un obstacle. Car un si les associés ne s’entendent pas, cela peut créer des problèmes pour l’investisseur étranger. Ce que je propose, c’est de réaliser des projets en commun avec l’Etat algérien. L’essentiel est qu’ils soient réussis, car notre objectif n’est pas de gagner de l’argent en Algérie, mais juste transférer notre savoir-faire en la matière.

Combien coûte un projet comme le Méridiana ?

Les coûts des établissements hôteliers sont très variables, et dépendent toujours des prix du foncier. Mais si nous parlons de l’immeuble, cela peut attendre les 30 millions de dollars.  

Noreddine Izouaouen

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