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Nouria Yamina Zerhouni, Ministre du Tourisme et de l’Artisanat
«La gestion se réglera avec la professionnalisation» Abonnez-vous au flux RSS des articles

26 oct. 2014
09:57
0 commentaire «Rééquilibrer l’offre, en créant une concurrence entre les opérateurs»

Au moment où le tourisme sous d’autres cieux fait engranger des millions, voire des milliards de dollars, chaque année en Algérie, l’on est encore à réfléchir sur quel modèle de tourisme adopter et comment aborder le développement d’un secteur dont le potentiel est pourtant avéré.  La ministre de Tourisme et de l’Artisanat, Madame Nouria Yamina Zerhouni a accepté d’évoquer brièvement certains aspects, dont la professionnalisation, dans cet entretien, paru dans les colonnes de L’Éco (N°97 / du 1er au 15 octobre 2014).

 

L’Eco : Madame, vous venez de prendre la direction d’un ministère longtemps en hibernation, quelle est votre philosophie du tourisme ?

Mme Nouria Yamina Zerhouni : La difficulté du secteur réside dans le manque des structures d’accueil, ce qui génère des prix  excessifs et une mauvaise qualité des services. Il y a lieu de rééquilibrer l’offre en matière de structures d’accueil, en renforçant l’investissement touristique et en créant une concurrence entre les opérateurs à même de régler le problème de la cherté des prix et la qualité des services.

Peut-on connaître la nature du tourisme que vous préconisez, est-ce un tourisme domestique ou un tourisme réceptif ?

Nous commencerons par apporter au tourisme domestique les réponses en matière d’offre en structures d’accueil, des solutions adéquates et destinées aux nationaux concernant les différents produits touristiques notamment le balnéaire.

En parallèle, nous développerons et nous améliorons la qualité du produit touristique saharien qui est très prisé par les touristes étrangers.

Le tourisme, c’est une industrie ; comment pensez-vous créer l’attrait des industriels spécialisés dans les équipements touristiques ?

Tout à fait, une industrie à part entière dont l’encouragement, le renforcement de l’investissement passe par la facilitation de l’accès au foncier touristique, l’allègement des procédures administratives et un accompagnement des investisseurs durant la période nécessaire à la maturation et la réalisation de leurs projets. Ce qui permettra, sans aucun doute, de réaliser et de réceptionner les projets dans les meilleurs délais possibles et permettra, bien entendu, de créer de l’emploi à une échelle industrielle.

Certes le privé commence à s’investir dans les infrastructures, il y a aussi un patrimoine mobilier vétuste en phase de réhabilitation, mais la grande question de la gestion reste toujours posée ?

La gestion et la performance dans le secteur du tourisme se réglera avec la professionnalisation du secteur et l’amélioration du niveau et la qualité de la formation dispensée, afin de doter les personnels qui y exercent à différents niveaux de responsabilité d’une qualification professionnelle aux standards internationaux surtout concernant les différents métiers du tourisme et de l’hôtellerie.

Je reste sur la question des investissements privés : comment expliquer que, paradoxalement à cet intérêt du privé dont beaucoup d’infrastructures ont vu le jour depuis à peine 3 ans, ce même privé refuse d’investir dans les ZET ? Que comptez –vous faire ?

Il n’y a pas eu d’investissements dans les ZET car celles-ci n’étaient pas prêtes à les recevoir, et cela en l’absence d’instruments juridiques d’urbanisme obligatoires (les PAT en l’occurrence) ainsi que les viabilités indispensables et préalables à tout acte d’investissement dans ces espaces.

Le foncier aussi continue de poser problème selon certains opérateurs notamment à l’Ouest…

Le foncier touristique est disponible au niveau des ZET, seulement  ces terrains doivent être couverts par un Plan d’Aménagement Touristique (PAT) approuvé conformément à la réglementation en vigueur et les terrains inscrits dans le périmètre du Plan (PAT) doivent faire l’objet d’expropriation pour cause d’utilité publique, s’ils sont privés, ou de distraction s’ils sont agricoles. Ces opérations sont déjà lancées pour certains ZET.

Le tourisme va de pair avec une gestion spécifique, or la qualification n’y est pas, un des anciens ministres du tourisme avait prévu une cartographie d’écoles de formation touristique, où en est le projet ? Est-ce que vous allez vous y intéresser ?

La formation reste l’axe essentiel de l’action de développement du secteur du tourisme, néanmoins, ce secteur appelle et nécessite l’intervention efficace des autres secteurs pour son développement. Je citerai la Culture, le Transport, les collectivités locales entre autres.

Naima Allouche

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