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Rodrigo Sepulveda Schulz, consultant en stratégie numérique
«Le web, une révolution à rentabiliser» Abonnez-vous au flux RSS des articles

09 mars 2014
14:00
0 commentaire Sepulveda Schulz, président de Sepulveda Capital

Depuis la création des réseaux sociaux et de nouveaux concepts numériques destinés à révolutionner et faciliter la vie de l’entreprise, les jeunes opérateurs recourent de plus en plus à l’industrie numérique. Dans cet entretien, paru dans les colonnes de L’Éco (n°85 / en kiosques du 1er au 15 mars), Rodrigo Sepulveda Schulz, Consultant en stratégie numérique, nous éclaire sur l’importance d’adopter ces concepts par les entreprises en vue d’entretenir leur force économique et organisationnelle sur le marché. 

 

L’Eco : vous faites la connaissance de l’Algérie et de ses jeunes startups pour la première fois. Que pensez-vous de l’engouement des jeunes pour les métiers du web ?

Rodrigo Sepulveda Schulz : Je suis Chilien et je vis en France depuis plus de 25 ans. J’ai une double formation : l’une digitale et l’autre, d’affaires.  J’interviens dans plusieurs thématiques, dans les grandes entreprises, comme consultant digital afin de leur apporter mes connaissances. Aujourd’hui, mon expérience en tant qu’investisseur me facilite ma mission d’expert et consultant en industrie numérique. L’investissement dans les startups est très intéressant pour les jeunes et ceux qui souhaitent édifier leur business sur le marché des nouvelles technologies. Ma visite en Algérie est la première dans son genre.

Le marché algérien est, visiblement, très animé pour les jeunes startups. Cependant, la politique de développer cette activité est encore jeune, en Algérie, mais il faut admettre qu’il y a de grandes perspectives significatives pour les entreprises et les porteurs de projets. Quand il s’agit d’un nouvel investissement, il faut observer les mêmes choses pour apprendre, d’abord. Le jeune porteur de projet détectera facilement et rapidement la différence entre son investissement jeune et celui des grandes sociétés. Ce discernement lui permettra de résoudre ses problèmes et de développer son investissement.

Il faut, toutefois, que les jeunes entrepreneurs se posent les bonnes questions afin de trouver la source du problème et par la suite apporter la solution. Donc, il faut chercher le problème et non la solution. Le deuxième point que ces jeunes doivent prendre en compte est la taille des marchés pour ne pas se perdre dans les gros marchés qu’ils estiment au minimum à un milliard de dollars. Cette prospection les aidera dans leurs démarches d’investissement car, au début de leur projet, il y aura, approximativement, un taux de pénétration de 1% seulement. S’ils pénètrent un gros marché avec 20 millions ou de 200 millions, ils seront confrontés à des problèmes qui les dépasseront.  Le troisième point consiste dans le travail d’équipe et le choix de cette équipe ainsi que le modèle d’affaires à adopter. Même si ce modèle change régulièrement, le porteur de projet doit rétablir sa vision sur ses stratégies de gagner de l’argent.  Sur le marché, il existe des modèles d’affaires compliqués qu’il faut simplifier à l’extrême.

Quel est l’impact de l’évolution numérique et de ses différents concepts sur l’économie d’un pays ?

En effet, chaque évolution a son impact. En France, il y a une étude qui a été réalisée dans ce sens par le cabinet McKenzie et qui a révélé le taux de l’utilisation du numérique par les entreprises, en Europe. En Angleterre par exemple, le numérique représente 4% du PIB, tandis qu’en France, il ne contribue qu’à 3% au PIB. Quand à l’Algérie, les données ne sont pas connues, car aucune étude n’a été encore faite. 

Les contributions du numériques sont extrêmement importantes pour la création de l’emploi, en termes de pouvoir d’achats, d’innovation et d’écosystème autour de toute nouvelle société créée. Ce sont des segments en pleine croissance. Ce boom technologique peut avoir un impact négatif sur certains secteurs, à l’exemple de la presse écrite.  D’ailleurs, la presse écrite française est en train de succomber et de disparaître à cause de l’émergence de la presse électronique. Il y a un groupe de presse français qui a complètement disparu, le quotidien, La Tribune...

Pourquoi la presse écrite est-elle en voie de disparition ?

La presse écrite souffre de la crise économique, également. Les patrons de presse n’arrivent pas à assumer les charges financières de leurs organes. Il y a trois sources de financement de ce type de presse, à savoir, les abonnements, la publicité et les petites annonces.  Ces dernières représentent jusqu’à 50% du marché et 10% de marges.  Cependant, ces petites annonces commencent à disparaître et se convertissent en numérique.  A cause de cette conversion, les petites annonces dans la presse écrite représentent, actuellement, moins de 40% sur le marché.  Donc cette situation incite les patrons de presse version papier à réagir. Pour eux, il faut tout réinventer.  Aujourd’hui, les grands journaux favorisent plus la version en ligne qui renforce leur présence auprès du lectorat et même leurs recettes financières.

Comment mesurer l’audience et la rentabilité du contenu invisible des entreprises numériques ?

Toutes les entreprises peuvent mesurer les risques et leur rentabilité car les ratios applicatifs mesurent régulièrement les risques. Chacun des pays a son mode opératoire. Il y a des pays qui ont des associations qui mesurent l’investissement et les sorties. 

Cette procédure est appliquée même aux États-Unis. A titre d’exemple, l’association française des investisseurs en capital (Afic) réalise des études afin de mesurer l’impact des risques sur l’investissement des entreprises. Elle analyse le montant investi par trimestre ou par an, selon ses fluctuations et à la fin, elle quantifie le nombre de sorties. Les ratios habituels se font sur 100 projets parmi lesquels seulement 10 peuvent être sélectionnés pour, finalement, choisir un ou deux de ces projets susceptibles d’aboutir.  Dans un autre cas de figure, au cas où dix projets sont déjà entamés, il faut savoir que trois à quatre disparaîtront avec le temps et donc quatre ou cinq entreprises rembourseront leur financement. Dans tous ces exemples, une seule entreprise pourrait réussir vraiment sur le marché et se positionner parmi les concurrents. C’est le parcours du combattant des entreprises.  Donc, selon ce ratio, une seule sur cent réussira et 99 vont échouer. C’est le business numérique.  Ces principes se projettent sur tous les pays, même l’Algérie. Étant donné que les chances de réussite sont minimes, le risque est à prendre.

Quel est l’impact des réseaux sociaux sur la politique d’organisation et de communication des entreprises ?

Il y a deux grands éléments à prendre en considération pour les réseaux sociaux, notamment, Facebook et Linkedin. Ce dernier est destiné aux professionnels et assez utilisé, même en Algérie. Il y a d’autres réseaux sociaux que le marché algérien ne connaît pas encore. Le réseau social est un outil de marketing moins cher, soit en acquisition ou en notoriété. Ils sont plus rapides et accessibles par rapport aux outils classiques comme la publicité ou les annonces…

D’autre part, nous revenons à l’utilisateur final où nous créons un engagement et un contact facile entre les dirigeants, les employés et les clients. Il faut savoir que la technologie n’est qu’un moyen. Elle est disponible pour tous. La formation et les conférences sont disponibles gratuitement donc l’opinion n’a plus d’excuses pour aller chercher l’information. L’entreprise évolue avec ces moyens technologiques qui lui facilitent la vie et sa politique de communication. En Algérie, les entreprises commencent à peine à utiliser ces nouveaux outils. Le web est une révolution qu’il faut savoir exploiter. 

Samira Bourbia

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