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Amine Zouioueche, PDG du bureau Veritas
«Seules 500 entreprises sont certifiées en Algérie» Abonnez-vous au flux RSS des articles

05 févr. 2015
09:46
1 commentaire "La qualité ne devrait pas être uniquement une affaire de volonté"

Dans l’ère de la mondialisation où la concurrence dans les marchés mondiaux  atteint des sommets, les entreprises algériennes semblent ne pas s’intéresser à des détails qui peuvent lui constituer des entraves pour intégrer ce marché. Constatant le manque d’intérêt flagrant des entreprises algériennes pour la certification de leurs produits, le directeur général du bureau Veritas Algérie indique, dans cet entretien paru dans les colonnes de L’Éco (N°103 / du 01 au 15 janvier 2014), que le législateur doit se positionnerdans ce sens pour protéger le producteur et le consommateur. 

 

L’Eco : En quoi consiste la tâche du bureau Veritas en Algérie ?

Amine Zouioueche : Veritas Algérie est une société de droit algérien, elle appartient au bureau mondial Veritas existant dans 60 pays avec  900 bureaux et 400 laboratoires dans le monde. Nous activons sur de nombreuses secteurs d’activités, l’industrie, l’infrastructure, le commerce international,   la marine,  le service au gouvernement et autres. Nous existons depuis près de deux siècles. Bureau Veritas Algérie est actif dans le domaine de la certification, nous sommes accrédités par Algerac ISO 17001 sur neuf portées, ISO 17021 sur la certification ISO 9000. Nous sommes aussi certifiés par d’autres organismes internationaux pour la norme ISO 9001. Notre métier consiste à aider les entreprises à titre volontaire à adopter des normes que nousvalidons. Nous certifions les entreprises, les systèmes de managements, les produits, les contrôles techniques ...etc. Ces habilitations que nous avons, sont sur plusieurs familles d’activités, soit pour l’entreprise ou les systèmes de managements, nous certifions pour le ISO 9001, ISO 14000 pour l’environnement, ISO 22000 pour tout ce qui est  alimentaire et bio jusqu'à ISO 50 000 en ce qui concerne les performances énergétiques.

Est-ce qu’on peut avoir le nombre d’entreprises algériennes qui ont un certificat de normativité ?

Aujourd’hui la flotte des certificats ISO en Algérie tourne au tour de 500, malheureusement c’est un nombre très minime, car nous devrions être aux environs de 5000. Dans certaines entreprises, il y a deux ou trois certificats. Et comme vous pouvez l’imaginer, toutes les grandes entreprises algériennes de renom sont toutes certifiées sur plusieurs portées. Il est clair que la certification a boosté la réussite de ces entreprises et certaines réussissent même à exporter d’une façon drastique.  D’ailleurs elles n’ont aucun souci à exposer leurs produits dans des pays où la certification est exigée. Ce qui est positif avec la certification, c’est qu’elle valorise le produit dans le sens où elle lui donne de la validité et une qualité technique,  pour l’entreprise, elle garantit le stock de son produit qui a une valeur sûre. Ce qui leur permet aussi de valoriser leurs produitsauprèsdes institutionsfinancièrescomme les assurances et les banques. 

Qu’est ce qui empêche, selon vous, les entreprises d’aller vers la certification ?

A mon avis, il faut que le législateur se positionne. Sans savoir ce que pense réellement ce dernier, on ne sait pas s’il veut que son tissu industriel soit conforme aux standard et normes en place ou pas. Mais ce qui est sûr,c’est que pour la réussite des entreprises algériennes, à l’instar des sociétés qui ont  une renommée mondiale, elles doivent avoir la qualité comme un absolu. La qualité ne devrait pas être uniquement une affaire de volonté, mais c’est un absolu qui entre dans l’ADN des entreprises. Aujourd’hui, celui qui veut réellement intégrer la qualité aux produits de ses entreprises, doit être protégée par le législateur. 

Comment cela doit-il être fait ?

En investissant, les entrepreneurs  prennent unrisque, donc il faut que l’Etat crée un événement pour la qualité qui va dans un sens où un pool d’entreprises activant dans un domaine d’activité commun puissecréer un brassage autour de cette activité pour faire développer leurs industries. Et c’est là qu’intervient notre rôle en accompagnant ces société à élaborer des normes et à partir de là, nous les faisons reconnaître de par le monde.  L’Association algérienne des producteurs des boissons l’ont fait, mais aussi triste que cela puisse paraître, il n’y a aucune entreprise qui est allée demander pour avoir le logo sur ses étiquettes pour des raisons que nous nous ne connaissons pas. Et c’est là que la réticence de l’investisseur est inexpliquée.

Est-ce que l’informel y est pour quelque chose?

L’informel est un risque, mais aussi c’est la roulette aussi, car on doit cibler l’entreprise sur laquelle on achète, elle doit être homologuée par son client dans le sens ou cette homologation  va permettre de créer une banque de données pour l’entreprise à qui l’Algérie peut faire confiance, parce qu’elle était homologuée par des systèmes algériens de qualité, donc on est sûr que le produit qu’on reçoit de ce fournisseur est tout à fait conforme aux lois de notre pays. La valeur ajoutée, c’est qu’il y a une traçabilité et un suivi de la chaîne d’approvisionnement, on peut le vérifier à tout  moment et on sait que ce qui est  mis sur les étalages répond aux attentes algériennes et internationales. En fait, il n’y a plus d’attentes algériennes ou internationales, maintenant il n’y a plus de barrières tarifaires ou douanières, mais il y a des barrières normatives.

Est-ce que, selon vous, il est temps pour le législateur de s’impliquer pour imposer la certification et ainsi protéger la production nationale et le consommateur?

Je ne peux pas me substituer au législateur, seul lui sait ce qu’il y a lieu de faire. Nous, notre rôle, c’est de proposer des initiatives au législateur. La décision revient aux autorités, et c’est elles qui prennent le choix qui est souvent politique. Nous, en tant qu’entrepreneurs, nous sommes des créateurs de richesses et nous restons dans les limites de nos prérogatives. 

Khelifa Litamine

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Commentaires

07 Fév 2015
SLIMAN 19h16

Le Bureau VERITAS est bien connu dans le monde pour son sérieux et la diversité de
ses domaines d'expertise, entre autre celui du Bâtiment. A cet égard, l'on ne peut que déplorer le rôle quasi-monopolistique d'une certain organisme d'Etat, qui, profitant outrageusement de son statut, impose des prix de prestations qui sont hors de proportion avec le pouvoir d'achat du citoyen algérien, tout en imposant des délais pouvant aller jusqu'à 2 années pour émettre un "Avis technique". Ce n'est pas comme cela qu'on pourra encourager la "diversification des matériaux et des techniques de construction"

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