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Abdessamed Reada Ghomari, Directeur adjoint chargé des relations extérieures à l’ESI
"Nos diplômés ne chôment pas plus de 3 mois" Abonnez-vous au flux RSS des articles

25 juil. 2015
10:41
1 commentaire "Les universités étrangères sont très demandeuses de nos diplômés"

L’Ex (INI),  l’école nationale supérieure d’informatique (ESI) est pourvoyeuse de 180 ingénieurs pour le marché du travail. Un nombre qui reste en deçà des besoins du marché, selon Monsieur Ghomari,  Responsable des relations extérieures au sein de l’école. Il révèle dans cette interview, parue dans les colonnes de L’Eco (N°115 / du 1er au 15 juillet 2015) que les diplômés de l’ESI sont parmi les salariés les mieux rémunérés.          

 

L’Eco : Par rapport aux besoins grandissants  de l’économie, vous ne trouvez pas que le nombre des ingénieurs sortants est restreint ?  

 Abdessamed Reada Ghomari : C’est une question vraiment de taille. L’école a exprimé des besoins, ces dernières années, pour augmenter sa capacité d’accueil. Nous visons au moins de doubler la capacité de l’accueil. C'est-à-dire 400 bacheliers en première année. Le projet est en cours. Mais en parallèle, il y a de plus en plus d’écoles qui sont en train de se créer, pas forcément dans l’informatique mais dans des autres spécialités. Ce qui fait que le nombre de postes ouverts des écoles est en augmentation. Pendant ces dernières années, le nombre d’écoles a augmenté. On avait  7 à 11 écoles, il y a deux a trois ans et aujourd’hui je pense qu’on est plus d’une vingtaine d’écoles.

Selon une estimation qui a été donnée par le directeur de l’Ecole et qui remonte à plus de 5 ans, 90% de vos diplômés quittent le pays. Quel est le constat actuel ?

Je pense que le chiffre est trop exagéré. Ce qui faut savoir, c’est que nous sommes toujours en contact  avec nos diplômés. D’ailleurs nous sommes en train de finaliser une enquête sur ça. Les universités étrangères sont très demandeuses de nos diplômés.  Mais je peux vous dire que, globalement, il y a plus de la moitié de nos diplômés qui sont aujourd’hui absorbés par les multinationales. Peut-être on peut expliquer ça par la politique salariale. Ils proposent des salaires très attractifs par rapport aux autres entreprises. Il y a une autre partie absorbée par les cabinets conseil et les sociétés spécialisées dans l’informatique. Et puis, une autre partie est  recrutée par les entreprises nationales et nos administrations centrales.

Avez-vous  une estimation du placement de vos diplômés dans le milieu  professionnel ?   

Le dernier sondage que nous avons fait, fait ressortir que la durée la plus longue de chômage de nos diplômés ne dépasse pas les trois moins. Il y a une très forte demande des entreprises pour nos ingénieurs. Il y a même des étudiants qui sont approchés lors des stages de troisième et de quatrième année. L’école encourage les étudiants à aller vers d’autres secteurs comme l’agriculture.  Il y a beaucoup de secteurs dans notre pays qui sont vierges et qui sont appelés à se développer.  On veut que nos diplômés soient dans tous les secteurs parce que le domaine de l’informatique est présent dans tous les secteurs d’activités.     

L’informatique est un domaine qui évolue très vite. De quelle manière prenez-vous en compte les exigences immédiates du monde professionnel ?

L’une des difficultés de notre domaine, c’est que nous sommes sur une filiale qui évolue très très vite, qu’il faut suivre. Mêmes les métiers changent. Donc il faut être capable de former pour les nouveaux métiers qui vont arriver. C’est que pendant l’année de spécialisation, et depuis trois ans, nous avons a permis aux étudiants de choisir parmi une liste de modules. Nous permettons aussi aux enseignants de lancer des modules nouveaux. L’avantage, c’est que ça nous permet d’introduire de nouveaux modules qui répondent vraiment à des besoins du marché. Un autre aspect sur lequel nous sommes en train de travailler justement dès cette année, on va créer une commission pré-disciplinaire qui va évaluer nos programmes de formation. On va inviter au fait, des professionnels de plusieurs secteurs d’activités qui vont venir décortiquer notre programme de formation et nous dire quels sont les aspects qu’il faut développer.... Il faut être évalué par le marché, pour répondre fidèlement aux besoins de ce marché. Donc il y a effectivement une volonté de l’école. L’évaluation est nécessaire. Il s’agit d’une démarche de mise en place progressive de l’assurance qualité.

Un nombre important d’étudiants de différentes nationalités ont été formés par l’école depuis sa création. Quel est le pourcentage de cette catégorie d’étudiants sur l’ensemble de vos diplômés ?    

Il y a de moins au moins d’étudiants étrangers. Dans les statistiques, on a formé énormément des étudiants de différents pays. Depuis la création de l’école, on a 4500 ingénieurs globalement. Sur le total, je dirais que l’école a formé entre 5 à 10% ingénieurs étrangers, notamment des pays voisins et de l’Afrique. Ces dernières années, il y a de moins en moins de demandes.

Quelle est la place de la recherche scientifique dans votre établissement ?

Nous travaillons beaucoup avec INSA de Lyon et avec plusieurs universitaires et écoles en France. Nous avons des enseignants de ces écoles qui interviennent notamment en spécialités et en recherche évidemment. L’école a deux grands laboratoires de recherche pratiquement plus de 70%  d’enseignants y sont affiliés. Nous avons de plus en plus des professionnels dans le domaine. Depuis une année, nous avons lancé le diplôme double, cela, concerne quelques étudiants qui partent faire la quantième année à l’étranger. C'est-à-dire que l’étudiant va faire  l’année de la spécialisation à Lyon, ensuite il revient ici pour le mémoire et il a son double diplôme. L’avantage, c’est que l’INSA qui est une grande école française, reconnaît nos efforts. Ce qui nous donne une certaine crédibilité.

Quelle est votre feuille de route ?

Nous formons des ingénieurs qui vont s’adapter directement aux besoins du marché : être opérationnel et avoir un esprit scientifique qui s’adapte aux mutations  et aux besoins du marché. Le second aspect, nous sommes en train toujours de surveiller le programme et de faire des efforts pour former nos enseignants. Nous avons même lancé l’évaluation des enseignants par les étudiants. Nous avons une autre ambition de l’école, qui est l’ouverture sur son environnement socio-économique. Depuis le changement de statut, nous avons signé des  partenariats académiques et professionnels. Nous avons plusieurs conventions avec des entreprises algériennes et des partenariats avec les grands professionnels  de l’informatique très connus, une quinzaine d’entreprises globalement.                 

Nassima Benarab

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Commentaires

25 Jui 2015
authentic 21h13

Pour attirer les étudiants il faut faire la publicité de l’école et de la formation comme ici en France.

Je trouve le site internet est moyen et n'est pas à la hauteur de l'ecole

Sinon bonne continuation...

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