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Projet de loi sur l’audiovisuel
Tirs groupés des députés Abonnez-vous au flux RSS des articles

07 janv. 2014
15:59
0 commentaire La polémique enfle entre Messahel et les parlementaires

L’Assemblée populaire nationale a entamé, ce matin, les débats sur le projet de loi relative à l’activité audiovisuelle, en présence du ministre de la Communication qui était visiblement mal à l’aise, après la polémique suscitée par certaines dispositions du projet.

 

Abdelkader Messahel se voulait très rassurant en allant jusqu’à annoncer à l’assistance qu’il allait proposer un amendement à l’article 7 du projet de texte qui définit les chaînes thématiques. En effet, la disposition en question, stipule qu’une « chaîne thématique ou service thématique est un programme télévisuel ou sonore à l’adresse d’une catégorie déterminée du public, s’articulant autour d’un ou plusieurs sujets spécialisés ». Mais il ne remettra pas en cause les dispositions de l’article 17 relatif à une éventuelle autorisation aux chaînes thématiques l’insertion d’émissions ou programmes d’information selon des volumes horaires dûment précisés dans l’autorisation.

Deux articles qui ont subi des tirs groupés de la part des intervenants, toutes tendances confondues. Même s’ils disent comprendre les craintes des pouvoirs publics quant à l’ouverture de chaînes généralistes, ils précisent que cela ne justifie nullement ces restrictions au moment où les Algériens peuvent s’informer à partir d’autres canaux satellitaires.

Certains députés ont reproché au projet du gouvernement d’exercer un contrôle a priori sur les chaînes et d’avoir jugé le peuple comme incapable de discernement. D’autre encore ont estimé que cette censure des chaînes privées généralistes maintiendrait le monopole de l’ENTV qui s’est installée dans la médiocrité en n’offrant même pas le minimum de service public pour lequel elle est tenue. « C’est une atteinte à la démocratie et au multipartisme », disaient-ils. Cela veut dire que les partis politiques et autres syndicats n’auront pas le droit à l’expression, puisque la télévision publique ne les sollicitent pas ou rarement. D’autre part, les élus ont précisé que la référence à l’article 63 de la loi organique relative à l’information est un faux prétexte.

D’ailleurs, ce même article ne ferme pas la porte à la création de chaînes généralistes, ni ne l’ouvre. Une brèche que veulent ouvrir les locataires de l’hémicycle pour amender les articles 7 et 17. Ils n’ont pas caché leurs craintes de voir les chaînes existantes choisir d’émettre à partir de l’étranger et diffuser ce qu’elles veulent, y compris des programmes qui pourraient toucher à la stabilité du pays ou de recourir à la désinformation. Dès lors, ils ont convenu qu’il valait mieux ouvrir totalement le secteur audiovisuel tout en veillant à ce que l’autorité de régulation exerce sa mission de contrôle de toutes dérives possibles. Et c’est à l’unisson que les députés ont revendiqué qu’elle soit composée des professionnels et non de représentants de l’administration.

La question de l’éthique et de la déontologie a également été posée par les intervenants qui ne comprennent pas l’absence du conseil portant le même nom, alors qu’il est prévu par la loi organique sur l’information adoptée il y a déjà deux ans. Laquelle loi devra, elle aussi, être amendée car ne bénéficiant pas réellement aux professionnels

Il faut rappeler que les articles de la discorde ont provoqué une polémique d’abord à l’intérieur de la commission permanente. En effet, c’est le député du FLN Mohamed Sidi Moussa qui en a été la star en proposant les amendements aux deux dispositions avant de se rétracter après avoir subi des pressions. Ce qu’il a démenti en expliquant aux journalistes qui l’interpellaient qu’il avait retiré ses propositions après avoir été convaincu qu’elles étaient en violation de l’article 63 de la loi organique.

Les débats se poursuivront jusqu’à demain matin pour permettre au ministre de la Communication de répondre aux critiques parfois acerbes de certains intervenants qui accusent le gouvernement, entre autres, de ne pas avoir le courage et la volonté politiques d’aller jusqu’au bout dans l’ouverture démocratique. Cela tout en sachant que le projet passera comme une lettre à la poste avec l’introduction de légers amendements.

Faouzia Ababsa

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