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Ali Benflis dans une conférence de presse
«Notre parti ne sera pas une banale machine à élections» Abonnez-vous au flux RSS des articles

25 févr. 2015
15:22
0 commentaire M. Ali Benflis, membre fondateur de Talaia El Houriat

Une semaine après avoir obtenu l’autorisation du ministère de l’Intérieur pour tenir le congrès constitutif de son parti, Ali Benflis a animé une conférence de presse. 

 

Dans une déclaration liminaire fleuve, le désormais chef de Talaia El Houriat a fait le tour de la situation politique du pays et les développements intervenus sur la scène.

Il commencera d’abord par l’évènement qui est celui de l’obtention de l’autorisation de tenir le congrès du parti. Des assises qui sont prévues pour le mois de juin prochain. Ali Benflis se fera rassurant en affirmant que le congrès aura lieu dans les délais fixés. « (…) Durant ces huit longs mois, nous avons fait autre chose qu’attendre patiemment la réponse de l’administration à notre demande de création d’un parti politique. Nous avons travaillé beaucoup à nous préparer à toutes les éventualités possibles : celle du refus, du silence ou de l’acceptation de notre dossier. Tous nos plans de réponse à chacun de ces scénarios étaient prêts en termes d’action politique ou de moyens de droit », a indiqué l’ex-chef du gouvernement. Mais pas seulement. Les membres fondateurs se sont également attelés à structurer le parti, justement en prévision de la tenue du congrès.

Toujours à propos de son parti, l’ex-candidat aux élections présidentielles de 2014, dira qu’il s’inscrit dans la filiation historique que la République démocratique et sociale « dans le cadre des principes islamiques dont ont rêvé nos pères ou nos grand-pères et qui tardent à voir le jour », c’est-à-dire « c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. C’est l’Etat de droit et des institutions au service du peuple et non au service d’un régime politique quel qu’il soit (…). C’est la citoyenneté exerçant la plénitude de ses droits et le choix du peuple souverain s’imposant partout où il est requis (…). » En plus clair, Ali Benflis a en quelque sorte décliné les grands axes du programme de son parti.

A la question de savoir si Talaia El Houriat est seulement le produit de l’impasse politique actuelle dans le pays, le conférencier répondra par trois observations. Il indiquera que la création de ce parti intervient en réponse « à une attente et à une demande des centaines de milliers de concitoyennes et de concitoyens qui se sont reconnus dans mon projet politique. Ce parti est d’abord le leur et ils doivent en prendre possession pour en faire un cadre d’expression politique où ils pourront faire valoir leurs idées, leurs convictions et leurs choix politiques. » Il a précisé d’autre part que ses perspectives comprises dans son projet « vont au-delà du seul règlement de la crise politique.  « L’offre politique du parti ne se réduit pas au seul traitement de la crise du régime que nous visions, il représente un authentique projet politique, économique et social capable de servir de base au redressement de la nation. » 

L’intervenant répondra à une question de savoir qu’est-ce que Talaia El Houriat va apporter de nouveau. « Nous apporterons un programme politique innovant et novateur, nous apporterons une conception moderne de la pratique politique et nous apporterons les méthodes démocratiques de fonctionnement d’un parti politique (…). La parole que nous donnerons au peuple sera tenue et rien au cours du chemin ne nous fera dévier de nos promesses et de nos engagements (…). » Et Ali Benflis d’ajouter que son parti ne sera pas « une banale machine à élections ».

Il fera également le bilan de son activité aussi bien au sein du Pôle du changement, dont il est le coordonnateur que dans l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition(ICSO) qu’il estime positif.

Cependant, il juge qu’appartenir à l’opposition dans notre pays n’est pas une sinécure. « C’est même une épreuve particulièrement rude. Il n’y aura donc pas de surprise pour nous et nous savons parfaitement ce qui nous attend », dit-il en allusion à de potentielles embûches que son parti pourrait rencontrer. Il en veut d’ailleurs pour preuve le message du président de la République à l’occasion de la journée du Chahid.

L’ex-Garde des sceaux dans les années 90 est longuement revenu sur la vacance du pouvoir et la crise de la légitimité. « Nous aurions aimé que le régime en place s’occupe un peu moins de l’opposition nationale et un peu plus du règlement des problèmes du pays. Nous aurions aimé qu’il assume son rôle et qu’il laisse l’opposition nationale assumer le sien, nous aurions aimé qu’il s’acquitte de ses responsabilités et cesse d’avoir pour seul souci obsédant et pour priorité absolue d’empêcher l’opposition nationale d’exercer ses droits constitutionnels légitimes. » Poursuivant son réquisitoire, Ali Benflis a affirmé que le régime en place est toujours à la recherche de boucs émissaires (…). Il agit comme si la source de tous les problèmes du pays était dans l’opposition nationale et dans ses propres errements, ses propres manquements et ses propres défaillances. (…). Il ne règle plus les problèmes du pays, il en crée lui-même. Et le conférencier de dénoncer l’empêchement du sit-in d’hier, la décision d’explorer que coûte le gaz de schiste, la corruption, la fraude fiscale, etc.

Faouzia Ababsa

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