vendredi 19 octobre 2018 Recevez l’actualité par courriel ou flux RSS

Les politiques satisfaits de l’officialisation de tamazight Abonnez-vous au flux RSS des articles

06 janv. 2016
16:39
0 commentaire Les partis politiques peaufinent encore leurs réactions officielles

La majorité des partis politiques que nous avons contactés afin de recueillir leurs impressions sur l’avant projet de révision de la Constitution, étaient sceptiques quant aux répercussions  de cette démarche sur l’avenir du pays. Mis à part le MPA, les autres partis politiques estiment  que le peuple a été marginalisé dans la prise de cette décision.  

 

 Pour Moussa Touati : «  une charte nationale s’impose ». Le président du front national algérien, a rejeté d’emblé le projet de  la révision de la  Constitution. Contacté par téléphone, Moussa Touati,  pense qu’une révision d’une constitution ne se fait pas sur à un laps de temps pareil. La question qui se pose selon lui, ce n’est pas dans le fait de la réviser ou pas, mais plutôt sur le fait de ne pas consulter le peuple pour choisir son régime.   «  Il ya un problème quelque part. Chaque président qui arrive refait la Constitution à sa mesure et à son goût.  L’avis du peuple dans ce cas là n’est pas  pris en considération. Est-ce qu'on veut un régime présidentiel, semi-présidentiel ou parlementaire? », A-t-il indiqué.  Dans ce sens, Moussa Touati rebondit, « c'est la charte qui doit définir le mode de régime.  Le dernier mot reviendra uniquement au peuple ».

Concernant le point lié au renforcement de l’opposition auprès du  parlement, le président du parti FNA  ne voit pas l’intérêt de mentionner ce point dans la constitution care, dit-t-il, il s’agit d’un droit le plus absolu.   La vraie signification de l’opposition se veut, ajoute-t-il,  celle qui s’oppose à la  gestion du pouvoir au détriment du peuple. «  L’opposition est un acte naturel. S’exprimer ou donner son avis sur la situation ou, la gestion du pays  ne dépend pas d’un article d’une constitution.  A mon avis, à travers cet amendement, le pouvoir veut influencer l’opposition », a-t-il laissé entendre.

Enfin, Touati  voit dans l’officialisation de la langue amazighe un acte logique car ça consiste un droit qui  concerne tout le  peuple algérien.  « Tamazight est une revendication très ancienne. Elle était sujet tabou pour plusieurs années. Son officialisation nécessite une réforme dans la législation administrative notamment dans le secteur de l’éducation  pour que son introduction puisse être pratiquée et généralisée ».

Pour le RCD : «le projet a tardé à venir». Le projet de loi portant la  révision de la constitution vient très tard et encore avec  l’absence de modalités de son adoption. S’exprimant dans un communiqué rendu public, le  RCD note essentiellement le traitement de deux sujets qui concernent la légitimité des institutions et la cohésion de la collectivité nationale. S’agissant du premier point de ce projet de révision de Constitution qui renvoie à la protection du premier des droits du citoyen : la garantie de voir son choix électoral reconnu et respecté, le message appelle clarification et implique la plus extrême vigilance. L’annonce de la constitutionnalisation d’une commission de surveillance des élections apparait comme une offre en trompe l’œil destinée à entretenir la confusion pour reconduire les méthodes du passé, ce qui ne répond ni au problème crucial de la légitimité des institutions ni, par voie de conséquence, à la demande de l’opposition, lance ce parti. Le RCD, explique ainsi son point de vue qui consiste,  à  faire comme ont procédé tous les pays qui sont sortis de l’arbitraire vers la démocratie, en transférant à cette instance l’ensemble des prérogatives afférant à toutes les modalités du scrutin, l’administration lui apportant les moyens logistiques afin d’assurer la régularité de la préparation des élections, l’organisation du vote et la proclamation des résultats.

Pour le deuxième point,  portant officialisation de la langue amazighe, le RCD indique que ceci «  consacre enfin le combat de plusieurs générations pour une demande légitime et essentielle pour l’harmonie et la crédibilité des paramètres définissant le cadre devant accueillir notre destin collectif ».

Par ailleurs, poursuit le parti, le reste du corpus de ce projet de révision est meublé par des annonces caractérisées par des généralités qui peuvent rester comme autant de vœux pieux si la volonté politique d’aller vers une transition effective ne se manifeste pas concrètement dans la parole et l’action publiques. Ainsi, conclut-il : «  répondre positivement dans le texte définitif à la demande de mise en place d’une instance de gestion des élections est le premier des tests qui permettra de vérifier les positions et les objectifs de tout un chacun ». 

Le Mouvement Populaire Algérien (MPA)  se déclare satisfait. Accueillant l’avant-projet de révision de la constitution décidé par le Président de la République avec beaucoup de satisfaction, le parti de Amara Benyounes a fait connaitre sa réaction sur le projet de révision de la constitution dans un communiqué rendu public, le MPA  y exprime sa satisfaction quant à la décision du président de la République. Selon ce parti, Boutflika a  tenu l’ensemble de ses engagements concernant les réformes ; apportant ainsi un démenti cinglant aux doutes émis par certains cercles. Le MPA se déclare satisfait, de la prise en compte de la majorité de ses propositions qu’elle a eu à faire durant les dernières consultations.  Le MPA, tient à saluer le Président pour son courage en officialisant Tamazight en tant que langue officielle et la création d’une académie de la langue Amazigh. C’est une décision historique et l’aboutissement d’un combat de plusieurs générations,  a soutenu le parti.

Le Parti des travailleurs (PT) étudie encore le projet, c’est du moins la réponse à nos questions avancée par Djelloul Djoudi, chef du groupe parlementaire du PT qui, nous a déclaré : « Nous sommes entrain de faire une étude sur l’ensemble des points contenant la révision de la constitution. Nous nous exprimons publiquement, une fois l’étude est terminée. Notre réaction officielle sera donnée vendredi prochain à l’occasion de la session ordinaire du comité centrale ». 

lynda Mellak

Sur le même sujet
07janv. 2016

Constitution : avancées, zones d’ombres et quête de consensus

13juin 2014

Révision de la constitution Hanoune : «le dernier mot doit revenir au peuple»

10juin 2014

Ouyahia a rencontré les deux syndicats des journalistes «Le FIS ne retournera pas sur la scène politique»

Votre commentaire

Inscrivez-vous  ou  connectez-vous  afin de pouvoir laisser un commentaire.