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Les partis battent le rappel des troupes Abonnez-vous au flux RSS des articles

15 janv. 2017
14:08
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Le week end a été particulièrement animée. La scène politique commence à s’emballer à quelques encablures des élections législatives.

 

Beaucoup de formations politiques sont sorties de leur hibernation quinquennale pour annoncer leur participation et présenter ou représenter des candidats qui occuperont pendant cinq ans l’hémicycle Zighoud Youcef. Il s’agit particulièrement du Front national algérien, présidée par Moussa Touati qui s’est distingué ces derniers mois, non pas par une intense activité politique, mais par l’observance d’une grève de la faim pour protester contre la destruction d’un mur qu’il a élevé devant chez lui.

Mais aussi de Fawzi Rebaïne qui sort de sa torpeur pour surprendre cette fois-ci. En effet, outre l’annonce de son entrée en lice pour les législatives, le dirigeant de Ahd 54 n’a pas exclu de conclure des alliances avec d’autres partis sans donner plus de précisions. Il a en revanche indiqué que pour la course à la huitième législature qu’il ne sera pas présent dans toutes les wilayas du pays en raison des moyens financiers limités, réduisant ainsi ses chances d’améliorer son score qui était de 3 sièges en 2012.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie, lui, a décidé de renouer avec l’examen des lois en entrant dans les élections. Après quelques rares activités ici et là, l’on remarquera que le RCD bat réellement le rappel de ses troupes en organisant quasiment chaque semaine des conférences débats, des activités organiques à travers l’installation de bureaux régionaux, là où n’en existe pas. C’est dire qu’il a l’intention de mettre le paquet pour ne pas se contenter de 19 ou 20 sièges qu’il avait obtenu dix ans plutôt avant de décider de bouder les législatives de 2012. Une bouderie qu’il lui a coûté beaucoup, ne serait-ce que sur le plan financier, sachant que parmi les raisons qui poussent les partis à prendre part à ces élections relèvent du souci de financement, compte tenu de la somme versée par le gouvernement pour chaque siège obtenu (400.000 DA par an). Toutefois, le RCD devra faire face à des candidatures de grosses pointures qui n’émanent pas du parti. Il s’agit en fait de ceux des meilleurs cadres qui en ont été exclus à l’instar de Djamel Ferdjallah, Hamid Lounaouci,Tarek Mira, Ali Brahimi et le dernier en date Noreddine Aït Hamouda, pour ne citer que ceux-là. Lesquels réfléchissent à constituer des listes indépendantes et mener campagne contre le parti dont ils ont été des membres fondateurs. Des surprises ne sont pas à exclure.

Cependant d’autres formations politiques sont restées extrêmement actives et affutent leurs armes. Mieux, ils veulent tirer les leçons du passé, tant il est vrai qu’ils ont été ébranlés par des crises qui ont failli les emporter. D’ailleurs, les critères pour postuler à la candidature aux législatives pour certains d’entre eux sont presque dissuasifs. Pour les islamistes, ils ont divorcé d’avec l’Alliance de l’Algérie verte, estimant sans trop de conviction qu’elle n’a pas donné les résultats escomptés. C’est ainsi que le MSP lui a préféré la réunification d’avec le Mouvement pour le changement de Abdelmadjid Menasra. Le Parti des travailleurs a annoncé sans surprise aucune son entrée dans la course des législatives. Toutefois, il devra se pencher sérieusement sur le choix des candidats et éviter peut-être les parrainages qui lui ont coûté une crise jamais égalée, il y a une année. Une crise qu’il a su surpasser grâce à ses textes internes. D’ailleurs, pour cette fois-ci il ne parrainera aucun candidat, comme il l’a fait en 2012 avec des responsables de l’UGTA qui lui ont tourné le dos.

Pour sa part, le FLN a réuni ses mouhafadhs et autres président des commissions transitoires, pour leur faire savoir les conditions mises par le parti pour les candidatures. Et ce sont pas moins de 14 critères qui y ont été élaborés, dont l’obligation pour les postulants d’adresser une lettre de motivation, la remise de documents d’état civil, une sorte de CV retraçant le parcours militant, une lettre d’engagement dans laquelle le candidat de se retirer de la liste quelle que soit la position qu’il y occupe. Quant aux ministres en poste, c’est au président de la République de décider s’ils devront postuler à l’APN ou non dans la perspective de leur reconduction. Une véritable feuille de route tracée avec deadlines précis.

Ahmed Ouyahia semble être infatigable, puisqu’il sillonne le pays, depuis la tenue de son Conseil national et l’aplanissement des conflits internes, à raison de trois wilayas par semaine. Avec apparemment un seul discours à l’adresse de « ceux qui veulent faire sombrer l’Algérie dans le cas. » Pour lui, ceux qui caressent le rêve de voir un printemps arabe dans notre pays ont vite fait de déchanter. Cela, sans omettre de mobiliser les militants du RND pour qu’ils entrent de plein pied dans la campagne électorale et éviter les débâcles d’antan dans certaines régions du pays.

C’est dire que l’activité politique s’annonce intense, chacun des concurrents tentera rassembler le maximum, même s’il n’est pas sûr que l’électorat sera plus important que 2012 (42% seulement de participation). 

Faouzia Ababsa

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