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Son parti a lancé un programme de dialogue avec le pouvoir
Les contradictions d’Abderrezak Makri Abonnez-vous au flux RSS des articles

02 févr. 2015
15:37
0 commentaire Le président du MSP

Il n’y a pas un seul secteur ou une institution qui n’ait pas été noirci par le président du MSP qui était aujourd’hui l’invité du Forum de notre confrère « Liberté ».

 

« Défaillance politique, affaiblissement des institutions, dont la législative, perte de respect de la présidence, dont les bureaux sont vacants, l’institution militaire est malmenée, corruption de hauts fonctionnaires de l’Etat. C’est par ces qualificatifs que Abderrezak Makri dresse le tableau de la situation politco-économique du pays. Il ira jusqu’à écorcher le nouveau président du Forum des chefs d’entreprises sans le citer en parlant du déplacement des centres de décision « par ceux qui détiennent le monopole et nomment des présidents.» La conséquence en est l’échec des réformes, du développement économique.

Le successeur de Bouguerra Soltani mettra quelque peu du bémol dans ces propos, s’agissant de l’opposition. Établissant le bilan de l’année dernière, il dira que 2014 a été celle de l’éveil politique en faisant référence à la création de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD ) et l’élaboration de la plateforme de Zéralda issue de la conférence qui s’est déroulée en juin dernier. « Tout le monde était d’accord sur la situation politique. L’on s’attendait à un printemps algérien dans la paix à travers les élections présidentielles, mais c’est le contraire qui s’est produit. Même ceux qui sont les moins avertis politiquement se sont rendus compte de la gravité de la situation.

L’année  2015, selon l’hôte de notre confrère, sera celle de la concertation au sein de la CNLTD dans laquelle une réflexion sera engagée sur les modalités à adopter pour la transition, y compris à travers le dialogue avec tous les acteurs politiques.

De ce dialogue, il en a été beaucoup question lors de ce forum, notamment après que le MSP eut décidé de faire cavalier seul en engageant ce qu’il a appelé un programme de concertation avec tous les partis politiques et le pouvoir pour convaincre de la transition politique. Une démarche que le président du parti créé par feu Mahfoud Nahnah avait justifiée par le fait qu’il y avait dans la CNLTD des partis qui refusaient catégoriquement de prendre langue avec le pouvoir.

Acculé par les questions des journalistes, Abderrezak Makri n’a pas trouvé mieux que de présenter ses plates excuses aux membres de la Coordination en précisant qu’elle-même n’excluait pas de dialoguer avec le pouvoir. « En dehors de la coordination, chaque parti a le droit d’avoir ses propres activités. » Et le MSP a choisi d’être apparemment le porte-parole de la coordination e faisant quelque part cavalier seul. En fait, le président de cette formation politique refuse de reconnaître que le MSP a été happé par la CNLDT. Ce que les cadres et militants n’ont pas apprécié, d’où la pression qu’il subit pour prouver le contraire à travers le programme d’explication.

A la question de savoir comment il pouvait réussir en tant que parti là ou la CNLTD entière a échoué, ce d’autant que l’initiative du FFS semble donner ses fruits, il répondra que pour l’instant rien n’a été fait pour que l’on puisse conclure à un échec. Il tentera de nuancer les initiatives en indiquant que le FFS veut rassembler, tandis que la démarche de l’opposition vise à expliquer la transition démocratique. « Le FFS veut casser la coordination et semer l’amalgame entre son initiative et celle de la CNLTD. Il veut effriter l’opposition ». Pour autant, le MSP prendra attache avec les dirigeants du Front des forces socialistes pour le rallier à la démarche de la coordination et le convaincre que son initiative est fausse. Autre contradiction de Makri. C’est celle qui consiste à préciser que la CNLTD et le FFS sont en compétition. « Nous ne voulons pas laisser le terrain libre à nos concurrents ».

A la question de savoir avec quel pouvoir le MSP allait dialoguer, Makri dira avec la présidence ou ses représentants. « On aimerait bien rencontrer le président de la République pour lui dire qu’il est dans son intérêt et qu’il y va de son salut d’aider à la transition démocratique. » En plus clair lui demander de partir et organiser des élections présidentielles anticipées.

Concernant les propos de son prédécesseur qui a affirmé que le parti avait dévié de la ligne tracée par son fondateur et qui ne prône nullement la rupture avec l’esprit participatif, et qu’il était prêt à reprendre la présidence du MSP s’il continuait dans cette voie, l’ex-chef du groupe parlementaire du MSP a indiqué que Bouguerra Soltani a des problèmes avec les structures du parti. « Il est libre de parler, nous sommes un parti démocratique. Maintenant s’il veut prendre ma place démocratiquement qu’il le fasse. »

A propos du gaz de schiste, Makri a contredit ses propres députés qui ne s’étaient pas prononcé contre mais posé un problème de timing. L’invité de Liberté a indiqué qu’il était contre tant que la certitude scientifique n’existait pas.

Faouzia Ababsa

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