samedi 18 novembre 2017 Recevez l’actualité par courriel ou flux RSS

Henri Malosse, Président du Comité économique et social européen
«Les aides nord-sud devraient être négociées» Abonnez-vous au flux RSS des articles

02 sept. 2014
09:37
0 commentaire «Les Européens doivent retrouver un dialogue égal à égal»

Dans un entretien paru dans les colonnes de L’Éco (N°93 / du 16 au 31 juillet 2014), le président du conseil économique et social européen a insisté sur la nécessité de revoir les politiques de partenariat entre les Etats du Nord et de Sud pour garantir un développement gagnant-gagnant entre les deux parties. 

 

L’ECO : Qu’en est-il de la réalisation des objectifs fixés par symposium international sur le développement humain, organisé juin dernier par le conseil économique et social (CNES) à Alger ?

Henri Malosse : Je crois que ces objectifs ne sont pas encore établis, ils  sont en train d’être discutés. Nous sommes dans un processus d’élaboration de ces programmes en associant  la société, d’où l’organisation de cette rencontre entre le (Pnud) et le Cnes avec d’autres Cnes africains. Donc les objectifs ne sont pas encore établis, c’est un processus ouvert, mais nous reprenons ceux du millénaire, l’éradication de la pauvreté, l’accès à l’eau, l’autosuffisance, la croissance économique, le développement durable et de l’agriculture. J’ai indiqué le manque de la dimension culturelle dans le programme que je considère comme une base de tout développement humain.

Vous avez évoqué, lors de votre intervention au symposium, la nécessité de quelques changements dans plusieurs secteurs concernant les relations entre le Nord et le Sud. Comment considérez-vous aujourd’hui ces relations ?

Les vingt dernières années, nous avons constaté des progrès significatifs en Algérie, chose qui nous réjouit, mais on a remarqué aussi un recul de la lutte contre la pauvreté dans certains pays de l’UE et les Etats-Unis ou l’écart entre les riches et les pauvres est plus accrue. Je crois que les objectifs des relations Nord-Sud sont en train de connaître de grandes difficultés à cause des disparités et des écarts entre les populations. Je souhaiterais, qu’après 2015, le problème ne sera pas posé uniquement entre le Nord et le Sud mais entre les mêmes pays du des deux côtés.   

Comment, selon vous, les relations entre pays du Nord et de Sud doivent être conçues ?

J’ai  un engagement personnel datant du début de mon engagement pour l’Europe. C’est un principe qui se base sur une politique de développement négociée et non octroyée. C’est pour cela que je parle de l’aide conditionnelle qui doit se faire des deux côtés entre des partenaires égaux d’une manière gagnant-gagnant.  Nous , les Européens, on doit retrouver un dialogue égal à égal et ne pas donner uniquement des leçons aux pays de Sud, car c’est plutôt à nous de prendre des leçons de certains pays. À mon avis, il faut un vrai partenariat, il y a eu cette idée au début de la construction de l’Union Européenne. Dans la relation avec l’Afrique, notamment les accords de Yaoundé, nous avons dit dans un discours conventionnel moralisateur que l’occident divise le monde en un axe du mal et du bien et nous aidons ceux qui répondent à nos critères. Je pense qu’il faut sortir de cela et on doit avoir des objectifs pour un vrai partenariat et inclure la société civile et les politiques. Je crois,  dans ce sens, que ce que fait Mohamed-Sghir Babes, Président du Cnes , est tout à fait respectable.

Malgré les efforts effectués par les organisations mondiales et les gouvernements, il reste que les disparités entre les populations se creusent d’un jour à l’autre. Quelles en sont les raisons, selon vous?

Je crois que la raison réside dans le développement du capitalisme financier sans foi ni loi. Le capitalisme, que nous avons connu au 19ème siècle, était tempéré par les mouvements de social et syndical et nous avons réussi à le contenir. Mais depuis vingt ans, le dialogue social n’a pas de sens.Le jour où  la mondialisation vous permet de déplacer votre capital de l’Europe à la Chine et que vous pouvez profiter des facilitations ou des vides juridiques pour exploiter des travailleurs en échange de quelques cents et, en même temps, les consommateurs achètent votre produit et trouvent cela bien, cela prouve que tous les acquis sociaux du 20 ème siècle, pour le rendre inclusif, ont volé en éclats avec la globalisation et les marchés financiers. L’argent est devenu la seule source de profit et non le travail. Il faut remettre l’économie aux services de l’humain et non le contraire.  

Khelifa Litamine

Sur le même sujet
09juin 2014

Cnes-Pnud : développement humain Réfléchir ensemble sur le bien-être de demain

29juin 2015

Denis Thokozani Dlomo, Ambassadeur d'Afrique du Sud en l'Algérie "Nous sommes ouverts à toutes les opportunités d’affaires"

30juil. 2014

Antonio Gamito, Ambassadeur du Portugal en poste à Alger «Vous pouvez compter sur nous»

Votre commentaire

Inscrivez-vous  ou  connectez-vous  afin de pouvoir laisser un commentaire.