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Le MSP dans la tempête Abonnez-vous au flux RSS des articles

15 mai 2017
09:20
0 commentaire Un bras de fer est engagé dans les coulisses

S’il a pu, plus ou moins, survivre aux bourrasques qui l’ont frappée par le passé, le mouvement de la société pour la paix (MSP), qui vient de sceller laborieusement une alliance avec l’aile dissidente, le front du changement (FC) de l’ex-ministre, Abdelmadjid Menasra, risque cette fois de s’installer durablement dans la crise.

 

Le parti cher au défunt Mahfoud Nahnah, adepte d’une politique d’entrisme, évoluant autour du pouvoir, comme le satellite autour de la terre : ni trop près, ni trop loin, risque même l’implosion. Et pour cause : les divergences étalées au grand jour entre les partisans du retour au Gouvernement et ceux qui refusent de l’intégrer. Réputé comme celui qui incarne le plus « l’aile dure du parti », Abderazak Makri, qui a été reçu par Abdelmalek Sellal dans le cadre des consultations pour la constitution du nouveau Gouvernement appelé à être mis en place conformément aux nouveaux rapports de forces issus des élections du 4 Mai, a réitéré que la perspective de rejoindre l’exécutif est « exclue ». «Je l’ai dit expressément à Sellal. Mais nous sommes un mouvement responsable ; nous avons du respect pour ceux qui ne partagent pas nos avis, donc le dernier mot revient au madjliss echourra, après la décision du conseil constitutionnel », a-t-il répété dans les colonnes d’un confrère.

Il justifie cette position par le fait que les conditions que le parti avait posé et discuté au congrès ne sont pas réunies, voire même rendues caduques par la fraude qui a marqué, selon lui, le dernier scrutin. « Cette vision, je l’ai bâtie sur la base de la résolution politique du congrès et je l’ai exposé à tous : lors des conférences de presse, dans mes écrits et les conférences…etc. ; je l’ai exposé également aux électeurs lors de la dernière campagne, à travers les 38 meetings que j’ai tenus dans les wilayas du pays. Les citoyens en sont témoins. Elle est enregistrée dans les vidéos et sur les réseaux sociaux. Que me restera-t-il de crédibilité si je change d’avis après les élections dont la fraude rend caduque nos conditions ? », s’interroge-t-il. «Moi et les membres du bureau, impliqués dans la campagne, ne nous jouions pas. Nous ne mentions pas au peuple. Nous étions sincères envers notre pays pour le servir à travers cette vision, si elle s’était réalisée. Malheureusement, elle ne s’est pas réalisée. En conséquence, il est donc logique pour moi et pour le bureau de ne pas participer au gouvernement », soutient-il.

Makri menace même de démissionner au cas où l’aile « participationniste » l’emporte au sein du conseil consultatif. «C’est exclu, mais l’honneur impose que je démissionne». On ignore s’il s’agit d’une espèce de chantage, mais l’aile à Soltani n’est pas prête à lâcher la proie pour l’ombre. Sur sa page facebook, l’ancien ministre a réitéré que «le mouvement doit jouer dans la Cour des grands », après les résultats obtenus. Il reproche même à Makri de s’être « égaré avec une minorité », sous-entendu, l’opposition. La même ambition est affichée par l’autre ministre, revenu au sein de « la maison-mère », Abdelmadjid Menasra. Il semblerait qu’ils aient même rencontré Sellal, comme le suggère Makri. « Il m’a été confirmé que certains ont pris contact avec lui.

En vérité, ceux qui parlent en notre nom n’ont aucune morale. Ils agissent pour eux même, pas pour le mouvement ; ce sont de vielles pratiques. Même le cheikh de son vivant se plaignait de ces comportements. Mais ils ne pourront rien faire». Non seulement, un bras de fer en sourdine est engagé, mais que le parti risque de ne pas sortir indemne de cette épreuve. Et Makri menace : si le choix de participation se confirme, il jettera l’éponge alors que le parti sera amené à organiser un congrès extraordinaire. Ce qui du coup reportera l’alliance envisagée avec le FC. Inversement, si l’aile à Makri l’emporte, un schisme inévitable apparaitra au sein du parti. Mais assurément, le pouvoir aura réussi à semer le...chaos au sein de l’opposition.  

Sofiane Tiksilt

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