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Ali Benflis commente les changements au sein de l’armée
"Le général Toufik n’a jamais fait pression sur moi" Abonnez-vous au flux RSS des articles

15 sept. 2015
16:35
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C’est un Ali Benflis à demi satisfait qui s’est présenté aujourd’hui devant le parterre de journalistes qui lui « ont manqué » parce qu’il ne les a pas rencontrés depuis janvier dernier. Demi satisfait parce que s’il a applaudi avec ses camarades à l’obtention de l’agrément de Talaie El Hourriyet, il n’en demeure pas moins qu’il a déploré le long retard mis par les services du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales pour lui délivrer le sésame.

 

« Ils nous ont fait perdre 14 mois », a-t-il affirmé aujourd’hui lors d’une conférence de presse animée au siège de son parti à Ben Aknoun. Ce fut un parcours de quatorze mois, « qui aura été jalonné d’obstacles succédant aux obstacles et d’entraves faisant suite aux entraves. »

Et l’ex-candidat aux présidentielles d’ajouter : « La création de Talaie El Hourriyet n’a pas été une sinécure, elle n’a pas été une promenade de santé ; elle n’a pas été une randonnée tranquille dans une prairie paisible. Elle a été un parcours du combattant ; elle a été un saut d’obstacles continu dont on  se demandait souvent s’il avait une fin ; elle a été une suite de montagnes à gravir et que nos militantes et nos militants ont gravi les unes après les autres sans jamais rien perdre de leur foi, de leur constance et de leur détermination (…)»

Mais ces entraves, selon le conférencier, n’ont pas entamé la détermination des militants, puisque pendant l’attente de l’agrément, leur rang s’est vu grossir pour atteindre 30.000 adhérents. Un nombre qu’il compte à travers l’activité politique et « la mobilisation » de doubler d’ici la fin de l’année parce qu’il estime que son parti constitue l’alternative pour le peuple.

Déficit budgétaire de 26 milliards de dollars

L’ex-membre du directoire de la Ligue des droits de l’homme que présidait à l’époque Me Miloud Brahimi s’étalera sur le programme de son parti et ne manquera pas de tirer à boulets rouges sur le système, le pouvoir qui est toujours « vacant » selon lui, et des institutions illégitimes remettant ainsi l’assistance dans l’ambiance des meetings de la campagne électorale de l’année dernière avant de se livrer aux questions des journalistes. Celles-ci ont dans leur écrasante majorité tourné autour des derniers changements intervenus dans les structures de l’ANP.

Invité à commenter la mise à la retraite du général de corps d’armée Mohamed Mediène, et si cela ne préparait pas « l’après Bouteflika », Ali Benflis dira : « Ah bon ?, sur un ton de dérision. Avant de reprendre son sérieux : «Je ne suis pas dans le secret de l’Etat, mais j’estime qu’il y a des évidences. La première, c’est que dans tous les pays, ces structures connaissent des changements et c’est normal », affirme-t-il. « Mais des changements qui interviennent selon des normes et des critères définies par les lois et la règlementation. Les changements doivent se faire dans la transparence et ne doivent pas être considérés comme des secrets d’Etat. Sauf que chez nous, poursuit l’intervenant, nous sommes dans un système d’illégitimité et de dictature où les changements se font selon les humeurs et le bon vouloir des décideurs en violation des critères et les lois si tant est qu’il y en est. » Et de renchérir : « Les changements sont intervenus dans des conditions de vacance du pouvoir. Le président de la République ne s’est pas adressé au peuple depuis le 8 mai 2012. » Et M. Benflis, égal à lui-même, de ne pas tarir de critiques à l’endroit du chef de l’Etat, même s’il ne le cite pas nommément. « On a un homme qui décide seul de tout, sans contrepouvoir. Nous sommes dans un Etat civil qui a toutes les tares d’un système pourri. »

A la question de savoir si le général mis à la retraité a eu à exercer son influence sur lui ou empiété sur ses prérogatives lorsqu’il était chef du gouvernement, Benflis dira : « Le général Toufik n’a jamais exercé de pression sur moi ».

A propos de l’annonce faite par Madani Mezrag sur la création d’un parti, Ali Benflis dit qu’il y des lois. « Je ne juge pas sur l’intention. Je n’ai pas de commentaire particulier à faire sur cela. Je suis un homme de loi ».

La crise économique que traverse le pays n’était pas en reste lors de cette conférence de presse. L’ex-chef du gouvernement en impute d’ailleurs la responsabilité au seul pouvoir qui « insulte l’opposition parce qu’il n’arrive pas à la solutionner. L’opposition n’est pas responsable des dépenses de 800 milliards de dollars en douze ans sans rien réaliser. « Le déficit budgétaire sera de 26 milliards de dollars. Alors que les dépenses, dont certaines ne sont pas prises en compte oscillent entre 80 et 90 milliards de dollars. » En même temps, le fonds de régulation des recettes et les réserves de changes ne pourront pas couvrir plus de deux années.  « Aussi, l’austérité et le sacrifice sont la seule solution, à condition qu’ils soient demandés par un pouvoir et des institutions légitimes émanant du peuple. »

Faouzia Ababsa

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