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La grève dérape vers la violence à Béjaïa Abonnez-vous au flux RSS des articles

02 janv. 2017
19:32
0 commentaire La LADDH a dénoncé les scènes de destruction des biens publics

L’appel à la grève, qui a circulé sur les réseaux sociaux, a été largement suivi à Béjaïa et dans son arrière-pays. Mais cette forte mobilisation contre la cherté de la vie et l’augmentation des taxes prévues dans la loi de Finances 2017 enregistre un dérapage dans la violence.

 

En effet, la grève suivie pacifiquement dans tous les quartiers de Béjaïa et dans tout l’arrière-pays de la wilaya, dans la vallée de la Soummam, le Sahel ou la région Est en l’occurrence, a laissé place ensuite à l’émeute. C’est le cas plus particulièrement au chef-lieu de wilaya de Béjaia et à un degré moindre à Sidi-Aïch.

Au chef-lieu de wilaya, quelques édifices publics, un bus de transport urbain appartenant à l’ETUB – entreprise publique -, ont fait l’objet de saccage ; un fourgon de CRS sera incendié ; actions suivies de violents affrontements.

L’EDIMCO, point de départ

Tout a commencé au niveau du quartier l’EDIMCO. Un groupe de jeunes a investi la rue et dressé des barricades avec divers objets et en brûlant des pneus. Un bus de transport urbain fera l’objet de saccage après avoir invité les voyageurs à descendre. On assistera à la première intervention des forces antiémeutes. Mais c’était sans compter sur la détermination des jeunes émeutiers ; leur rang grossissait à mesure qu’ils avançaient. Leur but : atteindre la wilaya. Ils seront stoppés au niveau du rond-point, le carrefour avant le siège de la wilaya.

Débuteront les hostilités entre les deux protagonistes. Les émeutiers arrosent leurs adversaires de pierres et autres projectiles à leur portée, les forces antiémeutes ripostaient par des tirs de bombes lacrymogènes. Cependant, ces derniers ont dû battre en retraite tellement le nombre d’émeutiers s’élevait sans cesse. Conséquences : ils arrivent à se frayer un passage. Leur mot d’ordre : «non à la politique d’austérité, qui ne touche que les couches populaires.» Un fourgon de CNS sera incendié. Mais aussi, des abris de bus seront saccagés, des panneaux de signalisation arrachés par des émeutiers, etc. Il y a eu plusieurs arrestations et des blessés de part et d’autres. Mais en l’absence d’un bilan officiel…

La grève était bien partie

Même s’il a surpris plus d’un, le mouvement des commerçants a plutôt fait bonne impression auprès des Béjaouis. Tout le monde en parlait mais personne n’y a cru vraiment. Forcément, le jour J en découvrant des rideaux fermés - entre 70% et 80% des commerçants avaient fait la grève. D’où la sympathie suscitée. La grève a été largement suivie. Certains commerçants n’avaient pas suivi le mot d’ordre. Il n’y avait eu aucun problème jusqu’au moment où de mystérieux conducteurs de scooters sont allés frapper à leur porte pour leur intimer l’ordre de fermer boutique. Par crainte, ils se sont exécutés.

Dans les autres localités de la région, c’est la grève qui a dominé. Mais à Sidi-Aïch, on a enregistré des escarmouches. Les manifestants ont barricadé la route avant d’assiéger le siège de la sûreté urbaine de daïra et arrosé de jets de pierres l’édifice. D’où la riposte des forces par des tirs de bombes lacrymogènes. Une source locale affirme qu’il y a eu des blessés parmi les manifestants.

Sur la côte est de la wilaya, la grève est aussi suivie de manière massive à Aokas et à Souk-El-Tenine. A Tichy, l’on a fermé la RN9, qui relie Bejaia aux wilayas de Jijel et de Sétif au niveau de Bakaro, un quartier périphérique de la station balnéaire.

La LADDH appelle à la vigilance

La grève générale pacifique, qui a dérapé a suscité la réaction du vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme, M. Saïd Salhi. Lequel a relevé le degré de maturité et d'éveil de la population et sa détermination à défendre ses droits socio-économiques, menacés, selon lui, par la loi de Finances 2017 adoptée dans le sillage de la crise économique que traverse notre pays.

Mais il a aussitôt dénoncé les scènes de violence et de destruction des biens publics enregistrées à Bejaia et dans d'autres localités. La LADDH a appelé la population à la vigilance et au calme et réaffirme que « seul un cadre pacifique serait en mesure de faire aboutir des revendications citoyennes et légitimes. » La LADDH déplore ce dérapage, qui pourrait mener le pays vers l'inconnu, l’incertitude et le chaos.

Salim Aït-Sadi

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