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Entre détracteurs et soutiens inconditionnels Abonnez-vous au flux RSS des articles

19 sept. 2017
20:21
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Le troisième jour des débats sur le Plan d’action du gouvernement (PAG) a été consacré aux interventions des chefs de groupes parlementaires.

 

Des interventions éminemment politiques du fait qu’elles expriment la position officielle des partis. Des positions exprimées devant un hémicycle quasiment vide depuis dimanche après-midi, c‘est-à-dire que l’écrasante majorité des députés, notamment ceux de la majorité parlementaire ont quitté les lieux une fois l’allocution du Premier ministre achevée, et certains de l’opposition qui n’ont pas jugé utile d’écouter leur collègue du fait qu’ils sont contre le PAG. Ce qui a fait dire à la presse présente en force qu’Ouyahia était en terrain conquis dès lors, qu’en dehors des partis de l’opposition personne ne lui apportait la contradiction, quand bien même elle serait fondée et n’entamait en rien le soutien au gouvernement. Mais au-delà de tout cela, c’est le respect de deux institutions que sont le gouvernement et l’assemblée qui ont entamées.

Pour revenir aux groupes parlementaires, le MSP a clairement fait savoir qu’il votera contre le PAG Nasser Hamdadouche, président du groupe a expliqué cette position par le fait que le gouvernement fait dans le replâtrage. Et les exemples pris par Ouyahia pour justifier le recours à la planche à billet sont mauvais, en ce sens que les Etats-Unis, la Grande Bretagne et l’Union européenne ne peuvent s’appliquer à l’Algérie parce que ce sont des pays à économies fortes et productives à l’inverse de l’économie algérienne qui ne produit rien et importe quasiment la totalité de ses besoins en consommation. D’autre part, l’intervenant a relevé que le PAG ne faisait à aucun moment allusion à la séparation entre la politique et l’argent sale. D’autre part, M. Hamdadouche estime que ce plan d’action ne diffère en rien des précédents car il est emprunt de généralités qui ne comprend aucune véritable alternative. « Ce qui a de nouveau dans ce plan, c’est l’aveu officiel de l’existence d’une crise. Ce qui est loin d’être suffisant. Nous aurions souhaité que cet aveu soit accompagné de propositions et de solution.

Editer une autre monnaie

Le front El Mostaqbal présidé par Belaïd Abdelaziz ne s’explique pas qu’on puisse présenter en moins de trois mois deux plans d’action se revendiquant de l’application du programme du président de la République. « Des plans d’actions contradictoires du point de vue des bilan er des perspectives. » Annonçant d’ores et déjà la couleur et se gardant de se placer dans l’opposition extrême en s’abstenant au vote, le parti a quand même proposé l’émission d’une nouvelle monnaie au lieu de recourir à la planche à billets. Le parti rappelle au gouvernement qu’aussi  bien l’opposition que les experts qui ne sont pas partisans ont alerté le gouvernement sur les dangers de la situation, mais ils ont été qualifiés de marchands de la politiques et de « prophètes du malheur.

Les inconditionnels

Belabbès Belabbès, président du groupe parlementaire du RND a loué les mérites du PAG tout en appelant le gouvernement à prendre les mesures dans la réforme du système fiscal sans recourir à d’autres impôts à la charge des citoyens, comme si le chef d groupe parlementaire était au fait du contenu de la loi de Finances 2018, dont les députés n’ont pas pris connaissance. Par ailleurs le chef du groupe parlementaire du RND a plaidé pour un système bancaire sans intérêt pour permettre à l’Etat de bancariser l’argent hors circuit et qui pourrait renflouer les banques  à travers la finance islamique. Rejoignant ainsi les revendications des partis islamistes dans l’espoir de bancariser l’argent de l’informel. Le chef du groupe parlementaire du RND a également appelé à l’ouverture du capital des banques publiques dans le cadre de la règle 41\59. Le FFS, lui estime que la crise est celle du système et que la seule issue est l’adoption de sa proposition du projet de consensus national.

Par ailleurs, si l’intervention de Ramdane Tazibt était d’une virulence inouïe à l’encontre du PAG, celle de Djelloul Djoudi a mis beaucoup d’eau dans son moulin. Le chef du groupe parlementaire du T a estimé que ce plan ne répondait pas assez aux préoccupations des citoyens et qu’il fallait ouvrir un débat démocratique avec l’ensemble de la composante de la société. Tout comme d’ailleurs le MPA qui, à l’instar du FLN , de TAJ et du RND a  exprimé son soutien indéfectible et inconditionnel au PAG avec comme argument massue que malgré la  crise, le gouvernement ne remettra pas en cause les transferts sociaux évalués à 20%  du PIB. Une ligne rouge que le président de la République interdit de franchir.

Faouzia Ababsa

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