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Economie : quelle feuille de route ? Abonnez-vous au flux RSS des articles

28 avril 2016
11:09
0 commentaire Le FMI veut plus de réformes et de restrictions pour l'Algérie.

Annoncé initialement pour ce mois d’avril, le «nouveau modèle économique» promis par le premier Ministre Abdelmalek et censé apporter les remèdes appropriés à la crise qui ne manquera pas de s’exacerber au fil des ans au regard de la contraction des prix des hydrocarbures, n’a pas encore vu le jour.

 

On ignore si cela relève de contraintes calendaires ou d’absence de maturation de certains dossiers, mais ce «modèle économique» se décline déjà comme un serpent de mer. Tout le monde en parle, mais bien peu de gens en ont vus. En attendant son hypothétique mise en place, les «nouvelles du front» du FMI ne sont guère rassurantes. « Depuis 2014, les prix du pétrole ont baissé de 70%. Actuellement autour de 40 dollars le baril, les cours du pétrole ne devraient que légèrement remonter d’ici la fin de la décennie (2020), pour atteindre un prix de 50 dollars le baril », indique le dernier rapport du FMI.

Et lorsqu’on sait que l’essentiel de notre économie est assise sur les recettes de pétrole et que les demandes iront crescendo au regard de l’explosion démographique, il est à se demander comment le pays aura à affronter les prochaines années. Non seulement, le déficit va se creuser davantage, mais les réserves de changes qui représentent quelques deux années et demi d’importations, selon les prévisions les plus optimistes, vont être siphonnées.

Ce qui risque inévitablement de conduire le pays à s’endetter de nouveau auprès des institutions financières. Bien entendu, le gouvernement, conscient des répercussions à terme de ce « nouveau choc pétrolier », a entamé une série de réformes et de mesures de nature à faire face à la crise, comme le relève d’ailleurs le FMI. «L’Algérie a privilégié la baisse des dépenses « en capital » (dépenses d’équipement). Globalement, le pays a réduit ses dépenses de près de 6% en 2016, contre moins de 2% en 2015 », selon le FMI.

Autres décisions : des réformes importantes des prix de l’énergie (gaz naturel, électricité et carburant), dépréciation du dinar, tour de vis pour l’importation, gel des recrutements dans la fonction publique. Mais est-ce suffisant ? « Non », suggère le FMI qui met en garde contre le statuquo. « De nouvelles mesures budgétaires s’imposent », préconise-t-il. « La riposte des pays exportateurs de pétrole doit correspondre à l’ampleur et à la durée des chocs » et « qu’au vu des budgets de cet exercice, l’ajustement est appelé à s’intensifier ». C’est parce que cette institution n’a pas bonne presse chez nous que ses mises en garde rappellent de mauvais souvenirs aux algériens notamment durant la décennie noire. Pourtant, elle n’hésite pas à nous inviter à aller à des réformes structurelles à même de sortir définitivement de la dépendance aux hydrocarbures.

«Les réformes doivent viser en priorité à améliorer encore l’environnement des entreprises, réduire l’écart entre les salaires du secteur public et du secteur privé et mieux adapter l’éducation et les qualifications aux besoins du marché. La privatisation des entreprises publiques aurait des effets positifs sur la productivité et l’efficience ». Tout un chantier. Le gouvernement a-t-il arrêté la recette idoine pour assoir les bases d’un nouveau modèle économique tel qu’il l’a annoncé par la voix du premier Ministre ? Quelle «feuille de route » ?«Si les recettes de l'Etat ont chuté de 50% suite à la baisse du prix du pétrole, l'Algérie a pris ses précautions », a tenté de rassurer, mercredi à Moscou, le premier Ministre, Abdelmalek Sellal. «Les pays producteurs de pétrole, comme l'Algérie, s'adaptent aux fluctuation des prix», a-t-il dit. Mais aucun détail. Pourtant, l’économie a besoin d’une « vraie révolution » qui appelle autant au changement des mentalités, qu’à l’assainissement du climat des investissements, à la lutte contre la corruption, des réformes dans le système bancaire, le règlement du problème du foncier industriel, un nouveau cadre juridique et la lutte contre la bureaucratie, entre autres. Faute de quoi, les prochaines années risquent de se révéler difficiles avec ce que cela suppose comme conséquences sur la paix sociale et donc sur le plan politique.

Sofiane Tiksilt

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