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07 avril 2017
13:25
0 commentaire Faible communication pour le sésame de l'APN

Truffés de mots, passe-partout, les slogans de la campagne électorale pour les législatives prochaines manquent pour la plupart de visibilité.

 

Pour certains, le slogan relève plus de l’improvisation que d’une quelconque stratégie de communication. Pour tous, « Algérie », « stabilité » et « justice » sont le dénominateur commun.        

Avec le slogan de compagne « Espoir, Travail et solidarité », le RND donne suite à celui adopté en 2012 à savoir «développement local = Progrès social et stabilité» plaçant ainsi l’économie bien en vue adoubée de solidarité sociale. Son aîné, le FLN comme de tradition, renvoie à l’histoire et à la mémoire collective en jumelant cette fois « Sécurité et prospérité à l’ombre de la fierté et de la dignité ».

Il faut dire que les slogans de ces deux formations qui se partagent la dominance de l’Assemblée relèvent plus du positionnement politique. Le premier continue de puiser dans la légitimité historique alors que l’autre, se positionne comme un parti d’avenir prêt à prendre en charge le développement national, une bataille qui les projette, par anticipation tous les deux dans les prochaines joutes pour les présidentielles. 

Ils ne sont, toutefois pas les seuls. Les partis d’opposition, eux aussi aiguisent leurs armes et, contrairement à 2012, reviennent en force à la recherche de parts de marché politique. Ils dévoilent dans l’ensemble leurs objectifs de se (re)-positionner sur la scène politique. Le La est donné par le RCD, qui fait son remake sous le slogan un « Nouveau départ pour l’Algérie ». Il décide de revenir à l’hémicycle en appelant à la mobilisation générale des citoyens.  La politique de la chaise vide lui a coûté une place qu’il lui faudra reconquérir. Surtout que son aîné et rival de toujours, le FFS a mis le paquet en tablant sur une mise à jour du concept de « consensus ». Le vieux parti d’opposition a choisi de mener campagne sous le slogan « rebâtir le consensus national ». Et, comme 2017 c’est tout près de 2019, la nouvelle Assemblée nationale va devoir redessiner bien des contours.

Quant au Parti des travailleurs, il maintient son « audace » de réclamer une deuxième République en reprenant le slogan de la campagne présidentielle de 2014 «pour l’instauration d’une 2eme république » rejoignant les deux premiers dans : on reprend tout, et on recommence.

A ceux-la, s’ajoute la participation du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme PADS qui rejoint après le boycott de l’ancienne assemblée même s’il ne précise pas sa partance, surtout qu’il s’était abstenu en 2012 sous l’argument du « verrouillage de la vie politique ». Le PST de l’extrême gauche est tout aussi partant même avec une seule liste pour « construire la résistance sociale ». 

En face, les islamistes se font plutôt conciliants. Un bref coup d’œil sur les slogans des partis de la mouvance islamique montre la phobie de ces derniers d’être assimilés à la violence et au terrorisme. Dans l’ensemble, ils prônent la paix et la stabilité comme pour se démarquer de la décennie noire. Pour le Msp et son allié Menasra à travers une alliance pour l’occasion c’est : «  Tous, pour une Algérie de paix et de prospérité ». L’alliance Ennahda, El-Adala el Bina, va dans le même sens avec : « préserver le pays et travailler pour l’intérêt général ». Parmi eux, il y a le tout petit dernier de Naima Salhi, qui compte faire ses premiers pas dans la cour des grands en adoptant quant à lui la grande prudence avec son slogan composé de mots hachés « savoir, centrisme et stabilité ». Une manière de se démarquer des autres tout en se positionnant juste « au milieu » au cas où.            

 Et puis, il y a les autres

Apres avoir fait leur première expériences au parlement, lesquelles ont été enrichies par le soutien inconditionnel au président de la République en 2014, ils décident de capitaliser cette expérience en faisant de la « fidélité » un mot d’ordre électoral. Avec beaucoup d’entrain, le MPA, parti de Amara Benyounès a emprunté « allégrement » au président de la République sa phrase « pour une démocratie apaisée », comme pour renouveler ses vœux de fidélité alors, que Amar Ghoul plus explicite encore a choisi « fidèles à l’Algérie ». Le soutien au président de la république est conçu comme un repère pour ces deux formations devant les guider vers une représentation confortable dans l’hémicycle.

Avec un peu plus de confiance en soi, Abdelaziz Belaid, veut plutôt rentabiliser sa troisième place aux présidentielles. Son slogan de campagne pour ces législatives, est bâti sur « la confiance en l’avenir ».

Pour le parti Karama c’est pèle mêle « science, travail et justice » et «Liberté, Solidarité et Citoyenneté » pour le Front des libertés (FL) quant au parti de Moussa Touati le (FNA) il va en campagne avec le slogan « pour le droit et la justice ».

Des slogans, bien de chez nous illustrant au-delà de la bonne intention de leurs auteurs, la capacité de tout un chacun de séduire un électorat devenu exigeant sur le sens à donner à la valeur de sa voix. Encore faut-il gagner une élection avec un slogan. 

Samira Mana

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