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Ces élections qui risquent de miner le FLN et le RND Abonnez-vous au flux RSS des articles

23 janv. 2017
09:33
Diaporama : il y  a 2 images 0 commentaire Le mécontentement a déjà commencé

Considérés comme les deux grands partis du pays au regard de l’étendue de leur présence et le nombre de leur élus, le FLN et le RND risquent pourtant de connaître les remous à mesure qu’approche l’élection législative du printemps prochain.

 

Ce n’est plus la contestation des structures issues des rendez-vous organiques des deux formations, notamment les congrès, encore moins l’identité des responsables propulsés à la tête de ces structures mais les listes électorales qui risquent d’exacerber la crise au sein de ces partis. On l’a vu le week-end dernier avec le FLN à Bouira. Parti présider une réunion interne avec les militants, histoire de leur rappeler les conditions auxquelles devraient répondre les postulants à la candidature, le membre politique du FLN, Ahmed Boumehdi s’est retrouvé face à un problème qui dure depuis six ans. En effet, plus d’une trentaine de kasmas disposent de deux secrétaires généraux. En 2010, l’ex secrétaire général, Amar Sâadani a décidé d’installer de nouveaux secrétaires généraux alors que ceux qui étaient en place du temps d’Abdelaziz Belkhadem ont refusé de se soumettre à cette décision en gardant le cachet du parti. Cette situation risque de s’avérer explosive puisqu’il revient aux kasmas de filtrer d’abord les candidatures. Et les éventuels rejets ne manqueront pas de provoquer la colère du clan adverse. Une grogne similaire est signalée également à Khenchela et à Mascara.

Pour sa part, le RND, en prise déjà avec quelques figures dissidentes, devrait affronter dans les prochains jours, voire les prochaines semaines le mécontentement de ceux qui ne seraient pas retenus dans les listes comme à Batna où centre trente-six (136) militants, à leur tête, Mustapha Yahi, ancienne figure du parti avant qu’il n’entre en dissidence, ont dénoncé, dans un communiqué rendu public, « la politique de marginalisation des cadres et d’exclusion des compétences du parti suivie par l’actuelle direction ». Ils n’ont pas manqué d’exprimer ouvertement leur soucis par rapport à la confection des listes électorales.

Selon eux, la direction actuelle, « cherche à attirer des hommes d’affaires et les placer à la tête des listes électorales, au détriment des militants et cadres loyaux aux principes fondateurs du parti ». Ils dénoncent, dans le même cadre, « un rapprochement flagrant entre les gens de l’argent et l’actuelle direction », ce qui représente, à leur yeux, un renoncement aux objectifs pour lesquels a été créé le RND, et ce qui n’exclut pas, dans l’avenir de voir le parti mis entre les mains de lobbies financiers ». Comme pour signifier qu’ils ne sont pas prêts à lâcher la proie pour l’ombre, ils annoncent la mise sur pied d’une commission locale de suivi et de coordination appelée à «durcir le ton» au cas où leurs doléances ne venaient pas à trouver une oreille attentive. Ces contestations chez ces deux partis, loin d’être exhaustives et circonscrites, donnent un peu un aperçu de ce que sera la situation avec la divulgation des listes définitives, une fois que beaucoup de militants seraient « recalés ».

Dès lors, l’on s’interroge sur la manière dont les directions des deux partis auraient à gérer ces mécontentements. Vont-elles faire le dos rond en laissant le soin aux commissions locales de filtrer les candidatures ou vont-elles concéder à intégrer les figures les plus nuisibles ? Car il faut le bien le dire et les deux directions ne doivent pas sans doute l’ignorer : beaucoup de militants font dans la surenchère et le chantage. Mais pour le RND et le FLN, c’est un cruel dilemme : comment contenir une contestation qui risque de grenouiller leur campagne et en définitive qui peut avoir des conséquences sur les résultats ?

Sofiane Tiksilt

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