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Ce qui attend Abdelmadjid Tebboune Abonnez-vous au flux RSS des articles

27 mai 2017
09:23
0 commentaire Construire une économie "plus saine et plus équilibrée"

La désignation, contre toute attente, d’Abdelmadjid Tebboune, comme premier ministre en remplacement d’Abdelmalek Sellal, suggère clairement que le président entend jouer la carte du logement pour passer sans encombre la période difficile qui s’annonce.

 

En effet, tous s’accordent à dire que la question du logement constitue le principal facteur à fort potentiel de déstabilisation sociale. L’essentiel des contestations ou des émeutes vécues ces dernières années dans le pays ont trait à la revendication du logement. Selon une enquête des services de renseignement, le logement reste la principale revendication de tous les mouvements sociaux. Et Tabboune n’a pas manqué d’annoncer la couleur dès sa prise fonction jeudi. «Nous allons continuer la mission initiée par M. Sellal, avec les mêmes priorités qu'a fixées le président de la République, qui sont, l'éradication totale de la crise du logement, des  bidonvilles, l'achèvement de son programme de logement, l'éducation et la santé ». «Nous allons reloger tous ceux qui ouvrent droit, avec notamment l'achèvement du programme AADL, comme on l'a promis au nom du président de la République, début ou au plus tard fin 2018, ainsi que la relance du programme social et rural », a-t-il promis suggérant que des financements pourraient être retirés de certains secteurs au profit du programme des logements. «Le pays connait des difficultés financières » mais pas de «blocages », dit-il relevant qu'il y avait «des réorientations de certaines ressources financières au profit des priorités tracées par le président de la République ». Autre priorité de l’heure : mettre en place les leviers et les instruments d’une économie de substitution pour sortir définitivement de la dépendance aux hydrocarbures. Une perspective dans laquelle semble avoir échoué son prédécesseur mais également le ministre de l’industrie, Abdeslam Bouchouareb dont le bras de fer engagé avec le patron du groupe Cevital a écorné l’image du pays auprès de potentiels investisseurs étrangers. Il s’agit donc pour Tebboune d’engager une véritable politique pour assainir le climat des affaires et accompagner les entreprises, comme il le suggère lui-même. «Une autre priorité s'impose, c'est la reconversion de notre économie, qui a été entamée par mon prédécesseur, ami et frère, Abdelmalek Sellal. Une reconversion économique nécessaire et urgente pour faire en sorte que notre pays ne dépende plus des fluctuations des prix des hydrocarbures », a affirmé Abdelmadjid Tebboune, au terme de la passation de consignes avec Abdelmalek Sellal. Il s'agit, a-t-il poursuivi, de construire une économie «plus saine et plus équilibrée », dans laquelle le secteur privé aura «toute sa place, peut-être même une place prioritaire, avec toute la régulation et le contrôle que doit faire le gouvernement, au nom du président de la République ». Abdelmadjid Tebboune devra présenter bientôt son plan d’action devant les parlementaires des deux chambres. Au chapitre politique, le nouveau premier ministre devra préparer les prochaines élections locales, prévues en octobre prochain, mais surtout la présidentielle de 2019 dont les contours demeurent encore flous.

Nul ne sait, en effet, si le président va briguer un autre mandat, même si la perspective semble impossible au regard de ses soucis de santé et de son âge avancé, ou si on assistera à une élection ouverte. Mais dans l’immédiat, l’exécutif est appelé à maitriser l’inflation pendant ce mois de ramadhan, organiser l’examen du bac dans les meilleurs conditions, surtout que l’an passé il était entaché d’une fraude massive, et préparer la rentrée sociale qui s’annonce plus que jamais difficile au regard du rétrécissement des ressources financières et des contestations sociales qui gagnent de plus en plus de secteurs. Tebboune aura-t-il le temps et les moyens ? Surtout que les manœuvres politiques pour 2019 vont inévitablement commencer bientôt. Et si le départ de Sellal s'inscrivait dans cette optique? 

Par Sofiane Tiksilt

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