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Ali Benflis s’accorde un droit d’inventaire à partir de Bejaia Abonnez-vous au flux RSS des articles

11 mars 2017
16:33
0 commentaire Ali Benflis, coordinateur du Pôle des forces du changement

Le président de Talaie El-Hourrieyet a animé, aujourd’hui, un meeting dans la salle bleue de Béjaïa. Ils étaient quelques centaines de bejaouis à faire le déplacement. Pendant près d’une heure, Ali Benflis a tenu à rappeler « quelques évidences bien attristantes.» il en citera trois. 

 

La première : «le pays a connu des crises, politiques, économiques ou sociales, mais il n’a jamais été confronté à une telle concomitance de toutes ces crises comme aujourd’hui. » Ce qui fait craindre le pire à l’ancien Chef du gouvernement car chaque crise amplifie les autres et les effets de chacune d’elle s’ajoutent aux autres. 

Deuxième évidence : indépendamment de la nature des crises qu’a eu à affronter le pays par le passé, il y avait en place un Etat, des institutions et des autorités assumant leurs missions nationales. «Ce n’est manifestement pas le cas aujourd’hui», déplorera-t-il. Plus grave, ceux qui sont aux «responsabilités» nient la crise politique, la crise économique n’est pas prise en charge sérieusement. Et enfin, la crise sociale «nous renvoie l’image de gouvernants désorientés, désemparés et saisis de panique et désarroi devant ses risques imprévisibles. » La troisième évidence : la gouvernance est loin d’être effective, performante, visible, audible et compréhensible. Et dans cette réalité, qualifiée d’affligeante, Ali Benflis explique que l’on ne voit qu’un Etat affaibli, vulnérable par l’impasse politique totale. « On ne voit que des institutions en déficit de crédibilité et de confiance. » Un gouvernement sans feuille de route à même d’indiquer le chemin ou d’éclairer les citoyens par un projet politique dans lequel l’Algérien se sentirait partie prenante. Et le rappel de ces évidences se veut, dira avec insistance Ali Benflis, un «bilan d’un parcours», celui d’Abdelaziz Bouteflika en l’occurrence, qui avait suscité des espoirs y compris du chef de Talaie El-Hourriyet, qui sera son directeur de campagne en 1999 et ensuite son Chef de gouvernement. Il rappellera avec regret toutes promesses de campagne durant les quatre mandats quasiment jamais tenues. Les libertés et des droits, la citoyenneté pleine et entière, la démocratie et l’Etat de droit aucun de ces engagements n’a été tenu, martela -il.

Et au plan économique, l’ancien Chef du gouvernement s’est interrogé notamment où nous en sommes avec la promesse de faire de l’Algérie une économie émergente, qui va rivaliser avec les autres pays. Il regrettera qu’en 18 longues années et avec plus de 800 milliards de dollars – à la fin de son discours il parlera de 1000 milliards de dollars engrangés par le pouvoir politique alors que le pays n’a jamais accumulé une telle somme auparavant, soit de 1962 à 1999. Malheureusement ces sommes ont été livrés, dénoncera-t-il, « à un gaspillage, à une gabegie et à une prédation comme notre pays n’en a jamais connu. » Et de déplorer dans la foulée qu’une telle occasion ne risque pas de se répéter de ci-tôt. « Le décollage économique et social du pays a manqué une occasion en or, qui ne se reproduira pas et qui ne sera rattrapée, plus tard, qu’au prix fort. »

Comme il rappela « jamais la société algérienne n’a subi de chocs comme ceux qu’elle a subis et qu’elle continue à subir : le choc de la dévalorisation du travail et de l’effort ; le choc de la course à l’argent facile ; le choc des égoïsmes ; le choc du repli sur soi ; le choc de la corruption ; le choc du népotisme et le choc du régionalisme dans son image la plus archaïque et la plus révoltante. » Forcément le pays se retrouve face à une impasse politique totale. Et le régime politique n’aime pas du tout que l’on parle d’impasse politique. Pour eux, « L’Algérie va bien et même très bien.» Il affirme en outre que le système politique national est en état de crise avéré. C’est ce qu’il appelle la crise mère, c’est-à-dire la mère de toutes les autres crises auxquelles l’Algérie est confrontée. Et c’est de cette crise mère que découlent, selon lui, la crise économique et sociale dont l’impasse politique amplifie les chocs et rend plus difficile leur prise en charge et leur traitement. 

Salim Aït-Sadi

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