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Pêche illicite: 80% des navires se réfugient en Afrique Abonnez-vous au flux RSS des articles

13 août 2016
17:15
0 commentaire Pêche illicite en Afrique réalise plus de 1 MDS de chiffre d'affaire.

L'Afrique est devenue le réceptacle des bateaux qui pratiquent la pêche illicite. Selon des spécialistes de la pêche, ce secteur représente un chiffre d'affaire estimé à 1,3 milliard de dollars réalisé annuellement dans les eaux africaines. 

 

Selon des spécialistes sur la question, qui se sont  exprimés, en marge d'un atelier sur les enjeux du secteur de la pêche en Afrique tenu récemment au Caire, ce montant est loin de refléter la réalité sur le terrain vu l'absence de surveillance et de données sur l'ampleur exacte de ce phénomène. 

D’après Adel Chahine, professeur spécialisé en aquaculture à l'université de Benha (Egypte), « ce chiffre de 1,3 milliard de dollars représente ce qui est déclaré seulement, alors que la règle dit que si vous arrivez à recenser une situation, sachez que dix ne l'auront pas été ». M. Chahine, prévient, en fait, du danger réel que peut engendrer ce phénomène à tel point que la part de la ressource appartenant aux générations futures est transgressée.  Ce spécialiste, énumère, également, trois volets de cette  pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Le premier, dit-il, concerne les navires qui pêchent sans autorisation, tandis que le deuxième est lié aux captures non déclarées, c’est-à-dire que les bateaux ont des licences de pêche mais ne déclarent pas leurs captures ou recourent à des sous-déclarations. Quant au troisième aspect, il fait référence au non respect de toutes les conventions et initiatives internationales qui prônent la pêche responsable.

Pour sa part, Aboubakar Sidibe, le chargé des ressources marines au Bureau interafricain des ressources animales de l'Union africaine (UA-BIRA), Aboubakar Sidibe, plus de 80% des navires exerçant la pêche non réglementée dans le monde se réfugier dans les eaux africaines. « Si la région de l'Afrique du nord est moins touchée par ce phénomène par rapport aux autres régions du continent, il n'en demeure pas moins que l'Afrique reste le continent qui enregistre un grand nombre de pratiques de pêche illicite et non réglementée », relève M. Sidibe.

Face à l'ampleur de ce phénomène, les cinq sous-régions africaines ont convenu de la nécessité de travailler en partenariat pour contrecarrer ces pratiques illégales, plaident ces spécialistes. Ainsi, sur le plan logistique, les organisations régionales telles que l'Union européenne, l'Union africaine et les bailleurs de fonds sont sollicités pour aider les pays à se doter de moyens de lutte contre la pêche (INN), à travers l'installation du Système de surveillance à 15 mètres de longueur.

Selon les dirigeants de ces organisations, ces pays devraient se doter également d'unités navigantes ayant des capacités d'intervention rapide pour arraisonner les bateaux qui pêchent illicitement. Il s'agit aussi d'instaurer un système de traçabilité des produits halieutiques partant du bateau de pêche jusqu'à l'assiette en passant par le circuit de commercialisation, afin de permettre de suivre l'origine du produit et l'espèce capturée. Surveillance des navires par satellites (VMS) qui permet de suivre la flotte notamment celle supérieure. 

Lynda Mellak

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