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Sid Ahmed Ferroukhi, ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques
«La pêche artisanale occupe 50% de la flottille nationale» Abonnez-vous au flux RSS des articles

07 févr. 2015
10:05
0 commentaire Mise en place d’un Système d’accompagnement à l’investissement productif

Intervenant dans une conjoncture marquée par une volonté manifeste à renforcer le système de la sécurité alimentaire du pays, le plan quinquennal 2015-2019 accorde un intérêt remarquable au secteur de la pêche et de l’aquaculture. De nombreux projets d’investissement ou de coopération internationale sont prévus durant les cinq prochaines années afin de hisser le secteur au rang des piliers stratégiques du système alimentaire national. Telles sont les projections que vient de dévoiler le premier responsable du secteur dans cet entretien, paru dans les colonnes de L’Éco (N°104 / du 16 au 31 janvier 2014).

 

L’Eco : A l’instar des autres secteurs stratégiques de l’économie nationale, la pêche et l’aquaculture viennent de bénéficier d’un nouveau programme de développement pour le quinquennat 2015-2019. Quelles sont les principales opérations qui sont prévues durant ces cinq prochaines années ?

Sid Ahmed Ferroukhi : Il s’agit du plan intitulé « Aquapêche 2020 » qui est un nouveau programme de développement du secteur de la pêche et de l’aquaculture pour la période 2015-2019. Il s’inscrit dans le cadre de la stratégie de développement et de diversification du système productif national. Ce nouveau programme escompte une contribution plus effective de l’économie de la pêche et de l’aquaculture aux objectifs de préservation et de création d’emplois, d’impacts sur le développement local au niveau du littoral et des zones intérieures, d’accroissement et de diversification significatifs de l’offre en produits halieutiques et de développement des industries et services liés aux filières de la pêche et de l’aquaculture. A ce titre, la nouveauté réside dans l’approche adoptée. Celle-ci prône en priorité la concertation élargie et soutenue, avec l’ensemble des acteurs et partenaires.

De nombreux domaines d’activité viennent d’être soumis à de nouvelles politiques de financement. Que prévoit cette nouvelle approche en matière d’affectation des financements mobilisés pour le secteur de la pêche ?

Les efforts consentis, au cours de cette dernière décennie, tant en matière d’investissements publics qu’à travers l’accompagnement et le soutien des investissements privés, auront permis de développer des capacités nouvelles en matière de capture, de production, de transformation et des services liées à l’économie de la pêche. Dans le cadre de la nouvelle stratégie sectorielle à l’horizon 2020, nous avons mis en place un Système d’Accompagnement à l’Investissement Productif dans les filières de la Pêche et de l’Aquaculture (SAIPA), qui constitue un instrument primordial pour la relance et la modernisation du secteur et sa contribution effective au processus en cours de ré-industrialisation et de développement et de valorisation des systèmes productifs nationaux.

Et quelle sera la place de la pêche artisanale dans cette nouvelle stratégie ?

En matière de réhabilitation et de distinction de l’activité de pêche artisanale, il sera question de revaloriser cette pêche, dont la flottille représente plus de 50% de la flottille nationale. Dans ce cadre, il est prévu la mise en place d’un programme intégré de la pêche artisanale basé sur la réalisation d’études socio-économiques localisées, la mise en place de dispositifs législatifs et réglementaires spécifiques, la réalisation de sites de débarquement aménagés, la valorisation de l’outil de production, la formation adaptée des pêcheurs, ainsi que l’intégration des produits de la pêche artisanale au système de commercialisation. Pour renforcer ce programme, un affinement du plan opérationnel et de sa mise en œuvre sera opéré dans le cadre du projet initié, avec l’appui du PNUD et de la FAO, ayant pour objet la formulation d’un programme opérationnel de développement de la pêche et de l’aquaculture, avec une attention particulière à la pêche artisanale.

Quelle est la place de la pêche et l’aquaculture dans les différents accords de coopération notamment avec l’Union européenne ?

La coopération avec l’Union européenne dans le secteur de la pêche et des ressources halieutiques s’est concrétisée à travers les deux principaux projets inscrits entre les deux parties, à savoir, d’une part le projet P3A, relatif à la mise à niveau des capacités du Centre National de Recherche et Développement de la Pêche et de l’Aquaculture (CNRDPA) et qui va aboutir à la signature d’un mémorandum d’entente entre ce Centre algérien et l’IFREMER en France, en vue d’un partenariat stratégique futur entre les deux structures, et d’autre part, le projet DIVECO II, qui est axé sur la modernisation du système productif national. En matière d’échanges commerciaux entre les deux parties, il convient de rappeler l’accord euro-méditerranéen établissant une association entre l’Algérie et l’Union Européenne ainsi que ses États membres. A cet effet, une liste de produits de la pêche a été admise à l’exportation dans les communautés en exemption des droits de douanes et une liste admise à l’importation dans les mêmes conditions.

Quelle est la part des produits de la mer dans le système alimentaire en Algérie et quel est le niveau d’intégration des produits de la pêche dans la politique de sécurité alimentaire du pays ?

Une étude sur la consommation de poisson des ménages a été réalisée en 2007 et a touché plus de 14 000 ménages et démontre que les produits marins sont appréciés par les consommateurs, tandis que les produits dulçaquicoles, issus des eaux douces, le sont un peu moins du fait des habitudes culinaires et alimentaires des ménages algériens (voir l’article ci-contre). La tendance globale fait ressortir que l’amélioration de l’état nutritionnel de la population constitue un enjeu majeur dans la politique nutritionnelle menée en Algérie. L’objectif étant d’augmenter l’offre en protéines animales, notamment par l’amélioration de la consommation du poisson sous toutes ses formes (frais, congelé, etc.). L’aquaculture constitue, à cet égard, l’un de nos axes de développement les plus prometteurs pour l’amélioration de la disponibilité de ces produits.

Mourad Allal

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