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Pr S. Mahmoud : gérer rationnellement les hôpitaux Abonnez-vous au flux RSS des articles

28 janv. 2017
07:41
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 20 après avoir fait ses preuves dans les structures sanitaires publiques, le Pr. Mahmoud Skander a choisi d’investir dans une clinique d’oncologie dentaire. Il en parle à l’Econews.

 

 

L’Econews : tout récemment vous avez investi dans une clinique dentaire dotée de spécialités pointues comme l’oncologie dentaire,  c'est une spécialité que vous pouviez exercer à l'hôpital ou vous exerciez

Skender mahmoud : Cet investissement, pour moi est une suite logique dans ma carrière. Apres avoir donné plus de 20 ans de loyaux services dans les hôpitaux publics il était temps de mettre en pratique les nouvelles techniques acquises lors de ma formation, je suis détenteur de trois diplômes internationaux dont un doctorat en cancérologie dentaire. Un protocole de prévention est instauré que je ne pouvais pas appliquer dans nos hôpitaux pourtant seul dieu sait combien de fois j'ai tenté de faire admettre cette spécialité l'Hôpital Mustapha ou j'ai exercé et au CPMC.mais, mes différentes démarches se sont soldés par un échec faute de cadre administrative permettant l'utilisation de ces nouvelles techniques. le seul recours pour les spécialistes comme moi est de s'orienter vers les cabinets privés.

En ce qui me concerne, j'ai trouvé que c'est une belle opportunité de s'établir à son compte et pouvoir mettre en pratique une formation pointue surtout que la demande est importante

Je me suis donné les moyens de répondre à cette demande et les outils nécessaires pour soulager les patients qui en souffrent.  Rester à l'hôpital sans munitions et faire semblant de travailler mis à part l'enseignement pour moi, c'est un blocage intellectuel important et donc je devais faire un choix.

Votre clinique est surtout spécialisée dans l'oncologie dentaire, c'est une spécialité méconnue en Algérie et votre investissement tend si je comprends bien a faire évoluer cette spécialité

C'est une spécialité qui est connue et codée à travers le monde, seulement en Algérie elle est mise à l'écart. En Europe vous trouverez dans chaque centre anticancéreux un service pour la prise en charge dentaire de ce genre de malades. Le cancéreux ne commencera pas sa chimiothérapie et sa radiothérapie sans l'avis du stomato, là ou j'étais formé en France, la consultation du cancérologue est mitoyenne à la stomatologie et le patient ne prendra pas de traitement sans l'accord du dentiste. Tous les centres anticancéreux d'Europe ont cette structure. En Algérie j'ai commence en 1998 par prendre en charge tous les patients du service CPMC, de l'hôpital Mustapha, et même des autres wilayas, et je faisais même un suivi les quatre ou cinq années après le traitement de la maladie.

Qui dit traitement dit matériel et produits était-ce disponible?

ce n'est pas tant une question de matériel pour moi c'est une gestion rationnelle et efficiente des équipements et du personnel traitant. Il n'y pas de matériel énorme il faut juste assurer une salle de soins, un fauteuil dentaire, un laboratoire de prothèse et avoir surtout un dentiste qui soit formé pour la prise en charge du patient. Pour vous dire que les moyens ne sont pas énormes

Le problème est multiple ce n'est pas uniquement une question de moyens c'est aussi la gestion rationnelle des services et un souci de mise à niveau des praticiens.

A l'issue de ma soutenance de doctorat j'ai remis tout un rapport au service CPMC dans lequel j'expliquais la nécessité de réserver un cadre pour les soins buccaux dentaires pour les cancéreux, je n'ai reçu aucune réponse à ce jour.  Les patients sont a ce jour livrés à eux mêmes, pour ceux qui ont les moyens, ils se dirigent vers les cabinets privés quant aux autres...rien

Quelles sont les chances de réussite ?

Bien sûr si, la prise en charge est adéquate. Actuellement on a recours au laser pour les traitements des infections de l'os dentaire. C'est une technique que j'utilise actuellement dans ma clinique et qui donne de bon résultats.  On pouvait le faire facilement chez nous sauf que dans les hopitaux publics on n'avait pas de laser.

Alors pourquoi beaucoup de praticiens pour qui, être dentiste c’est exercer un métier lucratif sans plus d’où les erreurs médicales et autres abus pourquoi cet état de fait ?

le praticien a l'obligation de moyens nécessaires au besoin du patient,  il n'a pas d'obligation de résultat mais s'il ne respecte pas cette donnée il se trouve en infraction réglementaire. Son travail doit être conforme aux conditions d'hygiène, de conditions techniques et réglementaires ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. 

Il y a du matériel dentaire qui se vend à l’air libre voir sur internet est-ce normal et ne constitue pas un danger ?

Non, cela ne pose aucun problème. Le matériel dentaire se vend entre confrères via les moyens d'information.

Il y a aussi des produits non conformes utilisés est-ce un manque de vigilance dans l’importation ?

Tous les produits et toutes les marques et gammes sont disponibles sur le marché national,  les produits sont commercialisés et enregistrés donc soumis à l'agrément du ministère de la santé donc des produits conformes. L'efficacité du produit dépend du choix, de la qualité et du prix voulu par le praticien. 

L’ implantologie est une spécialité récente qui tend a se généraliser elle est chère et pratiquée dans des cabinets ordinaires est-ce aussi normal ? Est ce que ce n'est pas une chirurgie lourde qui exige des installations particulières et un savoir particulier 

Non l’implantologie n'est pas une chirurgie lourde, elle se fait sous anesthésie locale, et pour les cas complexes sous anesthésie générale. Néanmoins, cela nécessite le jour de la pose de l'implant que la salle soit vidée et désinfectée ceci, en cas d'absence de salle opératoire adéquate. La pose de l'implant peut se faire dans un simple cabinet de soins à condition que ce cabinet soit vidé de tout les accessoires. Seul reste le fauteuil et la trousse. Parce qu’il faudra garantir des conditions de stérilisation et d'hygiène parfaites.

Pourquoi c'est cher ?

C’est par rapport au type d'implant posé. Il y a des implants de petite gamme, moyenne et haute de gamme personnellement j'utilise la moyenne pratiquée par tous les praticiens d'Alger. Dans ma clinique, il y'a un bloc opératoire dédié à ce type d'intervention, vu que c'est une de nos spécialités phares. 

A combien vous comptabilisez un implant?

Un implant avec couronne varie entre 95 000 a 100 000 dinars. J'ai instauré, au su du tarif un calendrier de paiement pour les patients qui le désirent. Pour éviter toute confusion et mettre toutes les conditions à portée du patient j'ai conçu un dossier de 7 pages dans lequel le patient trouvera toutes les réponses à ses questions. Cela nous permet d'avoir à travailler dans la quiétude et au patient d'être rassuré.

Vous éditez une revue spécialisée Email et à vos frais qu’est-ce qui motive  ?

J'ai crée la revue Email en 2007 partant du souci d'un enseignant universitaire qui a le devoir de transmettre son savoir, au su du manque dans ce domaine. C'est une revue trimestrielle en langue française spécialisé dans la dentisterie. Par la suite la loi nous a obligés à passer par le tribunal pour la conformité légale, nous avons déposé le dossier et il a fallu attendre cinq ans pour avoir l'agrément. Donc la reprise s'est effectuée en 2013 et bien sûr entre temps la publication était gelée de parution. C'est une publication que je fais seul avec le concours de l'infographe, je voulais à travers cela rapprocher les intervenants dans ce métier et informer sur les techniques et procédés qui sont en constante évolution. Le coût de revient s'avère supérieur à son prix de vente moindre pour inciter les praticiens à l'acheter. Malgré cela, les méventes sont là.

Je maintiens quand même cette publication parce que je trouve qu'elle est utile mais elle sera dorénavant semestrielle. Je crois en l'obligation de tout un chacun de transmettre son savoir ou, du moins une information aussi petite soit elle pour les jeunes générations qui arrivent. C'est comme une suite de l'enseignement que je ne fais plus de façon académique. Ce n'est pas la seule activité que j'exerce en dehors de mon travaille de tous les jours, j'organise aussi des séminaires et des cycles de formations. 

Samira Mana

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