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Masaya Fujiwara, Ambassadeur du Japon à Alger
«Nous voulons avoir des relations plus dynamiques» Abonnez-vous au flux RSS des articles

22 août 2015
09:56
0 commentaire "Nous avons délivré 157 visas aux Algériens en 2014"

Les constructeurs automobiles japonais pourraient s'intéresser à investir en Algérie, si la tendance observée par les concessionnaires de véhicules japonais maintient sa courbe ascendante. Dans cet entretien, paru dans les colonnes de L’Eco (n°117 / du 01 au 31 août 2015), Son excellence l’Ambassadeur du Japon à Alger, Masaya Fujiwara, se réjouit des potentialités d’investissement que propose le marché algérien et attend du gouvernement algérien plus d’encouragements pour l’investissement japonais en Algérie.  

 

L’Eco : Huit mois  après votre prise de fonctions, quelles sont vos impressions sur l’Algérie ?

Masaya Fujiwara : J’ai une bonne impression sur l’Algérie. D’abord, vous avez un très bon climat et un peuple très chaleureux. Je pense que les relations économiques entre les deux pays sont très intéressantes. Je vois beaucoup de potentialités et les relations bilatérales entre la Japon et l’Algérie vont connaître certainement une avancée très remarquable dans les années à venir. Je pense que ma première tâche, c’est de renforcer les liens économiques entre nos deux pays. Dans le passé, il y avait beaucoup d’entreprises japonaises qui se sont engagées dans plusieurs projets de développement, notamment dans le secteur des hydrocarbures en Algérie. Comme par exemple, un projet très important réalisé dans les années 70  dans la wilaya d'Arzew  et même dans la région de Skikda. Il s’agit d’ailleurs, de la première raffinerie de pétrole et de gaz, réalisée en Algérie qui a été construite par une société japonaise «  JGC Corporation ». Aujourd’hui, le nombre des entreprises japonaises est de près d’une vingtaine, en activité. Elles interviennent essentiellement dans le domaine des hydrocarbures, mais aussi dans la télécommunication ainsi que dans le transport maritime. Nous avons aussi des entreprises qui exercent dans l’équipement médical de très haute technologie. Nous avons aussi un très bon savoir-faire dans le domaine de la pêche et l’Algérie a beaucoup de potentialités dans ce domaine et peut-être, dans l’avenir, nous aurons des  projets à réaliser ensemble.

Sur quels axes de développement, le Japon travaille-t-il actuellement? Y  a-t-il de nouveaux projets en perspective?

A partir  de cette année, et avec le gouvernement algérien, nous avons lancé une étude de faisabilité sur divers projets de développement dans le domaine des infrastructures. 

Il s’agit d’une démarche de notre stratégie qui vise à soutenir les pays africains dont l’Algérie. Il y a beaucoup de possibilités dans le domaine de transport routier et ferroviaire, mais aussi dans le domaine des énergies renouvelables, un secteur promoteur dans l’avenir. En septembre prochain, nous allons organiser un séminaire pour partager les résultats des recherches conjointes qui ont été réalisées par l’université de Tokyo et celle d’Oran. Nous comptons aussi coopérer avec l’Algérie dans le domaine de la formation. Nous avons lancé cette année, une initiative qui s’appelle African Business Education. Nous allons inviter, cette année, 4 jeunes étudiants algériens pour une formation de deux ans au Japon dans le domaine des affaires. Ils vont aussi effectuer des stages au sein des entreprises japonaises.

La coopération entre opérateurs ou entre pays, dépend aussi des procédures, quelle lecture faites-vous de cet aspect réglementaire?

Ce qui est important, c’est que nos entreprises investissent davantage en Algérie.  Nous voulons avoir des relations plus dynamiques. L’investissement japonais reste faible, mais je crois que les choses vont s’améliorer puisque nous avons remarqué que le gouvernement algérien a pris une série de mesures qui vont certainement encourager l’investissement étranger. Et ce que nous souhaitons, c’est que le gouvernement soit plus actif et encourage plus les investisseurs japonais à venir en Algérie. A titre d’exemple, nous avons beaucoup de voitures japonaises en Algérie et qui sont très populaires, comme les marques Toyota et Nissan. Et si cette tendance se poursuit, il y aura des constructeurs japonais qui vont venir pour fabriquer des véhicules en Algérie, comme le cas des Français. Mais pour cela, il faudra beaucoup d’efforts pour que les constructeurs automobiles japonais soient intéressés. Le domaine des équipements médicaux est aussi l’un des secteurs qui peut être prometteur à l'avenir et comme l’Algérie essaye de développer son secteur de santé, il y a beaucoup de possibilités qui peuvent être réalisées dans ce domaine. Il y a aussi des possibilités de coopérer dans le  secteur de l’électroménager d’autant plus que nous avons plusieurs marques japonaises qui sont très appréciées par les Algériens. Toutefois, les échanges commerciaux entre les deux pays restent très minimes par rapport à la taille des deux pays. Les deux pays peuvent même  facilement, à terme, multiplier par dix le volume de ces échanges. 

Des efforts comme quoi ? Pensez-vous que la loi 51/49 est un obstacle ?

Moi personnellement, je ne vois pas cette loi comme un vrai obstacle. Vous avez plusieurs sociétés qui ont été créées avec des nationalités différentes et qui fonctionnent très bien. Toutefois, il existe une certaine image de la bureaucratie et manque de transparence qui gênent les entreprises japonaises. Mais je pense que quand  il aura une amélioration, les sociétés  japonaises vont certainement réfléchir à investir sérieusement en Algérie. Par ailleurs, nous avons même noté une nette amélioration de l’intérêt manifesté des Algériens  d’ailleurs, nous avons délivré 157 visas aux Algériens en 2014.  Alors que le nombre des japonais est de 300 personnes installés en Algérie et qui travaillent pour la coopération entre les deux pays. 

De quelle manière le Japon compte-t-il contribuer auprès des autorités algériennes dans le domaine de la sécurité et la lutte contre le terrorisme dans le sahel ?

Depuis des années, nous avons établi une relation politique avec l’Algérie. Et dans ce cadre-là, nous échangeons des informations sur la situation des pays du Sahel et même des autres pays. Et après l’événement tragique de la tragédie de Tiguentourine,  il y a deux ans, nous avons établi un dialogue sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme et à travers cette discussion politique et sécuritaire, nous avons mis quelques projets en partenariat avec les Nations Unies. Nous avons réalisé un projet de formation dans le secteur de sécurité avec le gouvernement  algérien. Nous avons financé un projet de formation professionnelle pour les jeunes Algériens pour qu’ils puissent trouver un emploi. Je pense qu’il faut d’abord régler les vrais problèmes des jeunes. Le chômage reste le premier facteur qui encourage le terrorisme.

Quelle leçon peut tirer l’Algérie de l’expérience économique de votre pays qui est la troisième puissance économique mondiale ?

L’Algérie représente six fois la superficie du  Japon.  Nous sommes une économie libérale. Ce sont les entreprises privées qui sont le moteur de l’économie Japonaise. Nous avons des entreprises étatiques mais qui sont au fur à mesure privatisées. Le gouvernement japonais contrôle mais d’une manière très légère. Ce n’est pas l’Etat qui fait les affaires. 40%  de nos besoins sont importés des pays du Moyen-Orient. Mais ce qu’il faut savoir c'est que le Japon achète aussi le gaz et le pétrole de l’Algérie mais d’une manière très occasionnelle. Après le grand séisme de Fukushima, le Japon a suspendu toutes les activités des stations nucléaires. Le Japon dépend aujourd’hui beaucoup du gaz pour la production de l’électricité. Donc on achète plus de gaz et de pétrole. Par contre,  je souhaiterais que les Algériens achètent plus de produits japonais. Nous avons des électroménagers très sophistiqués, nous sommes aussi développés dans l’équipement médical, notamment en machines qui sont destinées à la santé de la famille.  Nous avons aussi des vêtements attrayants. Les japonais ne connaissent pas bien l’Algérie, ou du moins, ils ont une image un peu mauvaise après la tragédie de Tiguentourine. Mais j’essaye toujours de donner la vraie image de l’Algérie qui est un très beau pays et qui recèle des potentialités énormes. 

Nassima Benarab

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