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Ahmed Atlaoui, Professeur d'Économie
«La diaspora algérienne n’a pas de lien fédérateur» Abonnez-vous au flux RSS des articles

23 juin 2014
10:30
0 commentaire Ahmed Atlaoui, expert et dirigeant de BOSS HP

Pour qu’une diaspora « soit efficace il faut qu'elle soit fédérée » en un lieu commun afin de pouvoir cultiver une raison d'être qui est celle de servir le pays. Dans cet entretien, paru dans les colonnes de L’Éco (n°89 / du 16 au 31 mai 2014), l’expert Ahmed Atlaoui paraît de ceux qui, plaident pour la promotion de cette catégorie de compétences sur laquelle, les pouvoirs publics peuvent « compter ». Pour cela il doit lui témoigner de la considération en lui donnant les moyens et les outils de son unité.

 

L’Eco : La Diaspora algérienne existe-t-elle ?

Ahmed Atlaoui : Elle existe certainement au sens étymologique, à savoir « dispersion d'un peuple, d'une ethnie à travers le monde ». La question que vous posez, je l'ai débattu à Toulouse avec Mr le Président du CNES lors d'une réunion de la communauté Algérienne donc je vous donne exactement la même réponse : à savoir que la diaspora algérienne est atomistique, c'est à dire un ensemble de compétences très larges existe en effet mais sans lien fédérateur. Je veux dire par là que pour qu'une diaspora soit efficace il faut qu'elle soit fédérée en un lieu commun afin de pouvoir cultiver une raison d'être qui est celle de servir le pays.

En quoi cela est une priorité ?

Je vais tenter de  vous répondre de la façon la plus  objective en 3 points à savoir fédérer la diaspora  algérienne  est une urgence dans la mesure où son expertise dans tous les domaines répondrait à la demande  du pays pour son développement, que cela soit dans le domaine médical, de la formation, de l'enseignement,  de l'expertise économique, de l'expertise industrielle …

Il n'existe pas de domaine d'expertise où des compétences algériennes éparpillées dans le monde peuvent répondre. Cette urgence me semble- t- il a été mesuré par l'Exécutif de notre pays si j'en juge la tournée effectuée par le Président du CNES en février dernier.

La deuxième raison qui explique l'urgence de la situation est plutôt dictée par l'effet génération !  En clair : si personnellement je porte un intérêt, un attachement un investissement réel à mon pays d'origine,  je ne peux pas dire que cela soit vrai pour mes enfants, et encore moins pour les générations futures. En d'autres termes l'effet de dispersion rendra impossible la fédération de ces énergies et enfin, la raison qui explique l'urgence de fédérer ces énergies aujourd'hui dispersées est d'ordre politique.  En effet un gouvernement doit pouvoir compter sur sa diaspora et pour cela il doit la considérer en lui donnant les moyens et les outils de son unité.

Mais il existe une multitude d'associations économiques, sociales et cultuelles ?

Vous avez raison, je fais moi-même partie de l'association AIDA (Algerian international Diaspora association). Le nombre d'associations est certes élevé, composé d’hommes et de femmes de bonne volonté, mais leur nombre ajoute à la dispersion et en disant cela je n'enlève aucunement leur qualité et leur utilité.

Que faudrait- il alors d'après vous ?

Deux entités sont nécessaires. Il faudra d’abord réactiver l'amicale des algériens en Europe dans ses missions fédératrices. Oh je vois des gens sursauter sur leur chaise en lisant cela ! Mais pourquoi ne pas changer le vocable et que sous l'égide des autorités consulaires cette fédération des algériens en Europe remplirait à travers diverses directions (économie/social …) les compétences et les expertises attendues par l'exécutif de notre pays. Enfin créer la Chambre de Commerce et de l'Industrie algérienne en France qui fédèrerait l'ensemble des chefs d'entreprises algériens mais aussi les entreprises françaises travaillant en Algérie. Je sais que ce dernier point est sensible dans les relations entre nos deux pays, mais je considère anormal que la diaspora économique algérienne ne participe pas activement au pilotage de l'industrie et du commerce de notre pays dans le monde.

Donc d'après vous, c'est un problème de volonté politique ?

Je pense que la volonté politique est réelle et a été plusieurs fois affirmée si j'en juge par le nombre de rencontres que nous avons eu avec l'exécutif de notre pays. Je pense par contre que la mise en œuvre des actions pouvant donner naissance à des entités fédératrices des énergies « diasporales » ne sont pas encore prises et tardent à venir.

Finalement c'est un appel que vous faites au gouvernement ?

C'est plutôt une réponse à un appel puisque la volonté du Président de la République a toujours été de fédérer les énergies algériennes en France et dans le monde. Par énergies j'entends compétence, savoir-faire, dans l'ensemble des domaines où l'Algérie est en attente d'expertises, et j'espère que la fédération des algériens verra le jour dès la première année de la nouvelle législature.

Khelifa Litamine

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