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Selon les recommandations du FMI
L’Algérie doit assainir ses finances publiques Abonnez-vous au flux RSS des articles

13 déc. 2014
11:50
0 commentaire Le fonds prévoit plus de 7% de déficit budgétaire

« L’Algérie continue à avoir d’importantes marges de manœuvre sur les plans extérieur et budgétaire mais les menaces qui pèsent sur la stabilité macroéconomique s’accentuent ». C'est la conclusion à laquelle est parvenue la réunion du conseil d’administration du Fond Monétaire International tenue le 1er décembre dernier.

 

Dans un communiqué publié jeudi  soir,  le conseil d’administration du FMI a dressé un tableau inquiétant de la situation économique et financière de l’Algérie. Il a certes salué le regain d’activité économique du pays mais tout en relevant des vulnérabilités liées à la baisse des prix du pétrole, la hausse des dépenses et des transferts sociaux, la rigidité du marché du travail, un marché de capitaux peu développé et aux restrictions sur  l’investissement direct étrangers.

Ainsi, selon l’analyse de l’institution de Bretton Woods, pour la première fois en près de 15 ans, le compte des transactions courantes devrait se solder par un déficit. À moyen terme, les déficits devraient se creuser car la forte consommation intérieure d’hydrocarbures et la baisse des cours du pétrole sont défavorables aux exportations, tandis que les importations, stimulées par les dépenses publiques, continuent d’augmenter. Les exportations ne sont pas suffisamment diversifiées et l’IDE est freiné par les restrictions sur l’actionnariat.

Le déficit budgétaire devrait se creuser à plus de 7% en raison du recul des recettes d’hydrocarbures, de la nette hausse des dépenses d’investissement et de la poursuite des fortes dépenses courantes. Les recettes hors hydrocarbures sont inférieures à leur potentiel, la masse salariale est élevée, et les subventions et transferts sont coûteux, représentant environ 26% du PIB. L’épargne budgétaire devrait baisser pour la deuxième année consécutive.

L’Algérie jouit certes d’une stabilité macroéconomique, mais elle a besoin d’une croissance plus rapide et plus solidaire pour créer suffisamment d’emplois à l’intention de sa population jeune. Dans le secteur public, les investissements sont peu efficients, et dans le secteur privé, la croissance est entravée par un lourd climat des affaires, un secteur financier insuffisamment développé et une intégration internationale limitée. Enfin, les rigidités sur le marché du travail et l’inadéquation des qualifications limitent l’impact que peut avoir la croissance économique sur la création d’emplois.

Des réformes de grande envergure

Face à cette situation, les experts du FMI préconisent de prendre rapidement des mesures pour préserver la stabilité macroéconomique, en les complétant par des réformes de grande envergure pour diversifier l’économie, améliorer la compétitivité et promouvoir une croissance solidaire et la création d’emplois.

Les administrateurs soulignent la nécessité d’un assainissement persistant des finances publiques, ancré sur des règles budgétaires crédibles pour remédier au déficit budgétaire croissant et assurer la viabilité des finances publiques. Ils considèrent qu’il est possible d’accroître les recettes hors hydrocarbures, en élargissant l’assiette fiscale, en renforçant l’administration des impôts et en réduisant les exonérations fiscales.

Dépenses

Il convient aussi d’intensifier les efforts pour contenir les dépenses courantes, notamment la masse salariale, et pour remplacer progressivement les subventions par un dispositif ciblé de transfert monétaire pour protéger les plus vulnérables.

Inflation

Compte tenu du risque de réapparition de tensions inflationnistes, les administrateurs encouragent les autorités monétaires à rester prudentes et à se tenir prêtes à absorber davantage de liquidités et à augmenter les taux d’intérêt. Ils sont favorables à une augmentation des émissions de bons du trésor pour contribuer à résorber les liquidités, en réduisant le besoin de recourir au fonds d’épargne pétrolière pour financer le budget, tout en approfondissant en même temps le marché de capitaux. Les administrateurs se félicitent de l’élaboration prévue de nouveaux instruments de politique monétaire, avec l’appui du FMI, pour assurer la gestion des liquidités.

Climat d’investissement

Les administrateurs reconnaissent d’un commun accord que la sauvegarde de la stabilité extérieure est prioritaire et exige une stratégie efficace, visant à diversifier les exportations du pays tout en améliorant la capacité d’exportation du secteur des hydrocarbures. Ils recommandent d’intensifier les efforts d’ouverture aux échanges commerciaux, d’assouplir les restrictions sur l’investissement direct étranger et de créer un climat des affaires plus favorable aux exportations.

Marché du travail

Les administrateurs soulignent l’importance d’entreprendre des réformes structurelles plus vastes pour accélérer la croissance sous l’impulsion du secteur privé et réduire encore le chômage, notamment des réformes visant à améliorer les infrastructures, la productivité et l’efficacité de l’investissement public. Ils encouragent aussi les autorités à poursuivre leurs efforts pour assouplir les réglementations du marché du travail, remédier à l’inadéquation des compétences, et promouvoir l’emploi des femmes et des jeunes. Il serait également utile de procéder à une évaluation exhaustive des politiques actives du marché du travail pour en connaître l’efficacité globale.

H.M

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