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Reinhard Mang, SG au Ministère fédéral autrichien chargé de l'Agriculture
"L’Algérie a toute notre aide" Abonnez-vous au flux RSS des articles

30 juil. 2015
10:17
0 commentaire "L’Algérie a toutes les potentialités pour développer son agriculture"

Dans cet entretien, paru dans les colonnes de L’Eco (N°115 / du 1er au 15 juillet 2015), le responsable autrichien explique l’importance de tirer avantage de la politique agricole autrichienne qui aidera l’Algérie à surmonter ses difficultés en la matière et accompagner les agriculteurs dans la production de qualité et aussi, encourager le développement rural pour s’orienter ensuite vers les défis environnementaux.

 

L’Eco : Depuis la signature du mémorandum d’entente entre l’Algérie et l’Autriche 2013, plusieurs projets et plateformes d’investissements ont été établis. Quelle évaluation faites-vous, aujourd’hui, de cette coopération et intérêt commun dans ce domaine ?

Reinhard Mang : Nous nous sommes engagés auprès de l’Algérie dans l’objectif de développer et de promouvoir nos relations bilatérales dans le secteur agricole. L’objectif de notre coopération est de conclure à un mémorandum d’entente avec les ministères de nos deux pays respectifs, de plus encourager l’échange du savoir-faire à travers les visites de travail et d’affaires de nos délégations en Algérie. Nous nous intéressons, principalement, au développement des filières de l’élevage bovin, de la production animalière et des techniques agricoles. Bien que nous nous intéressions à ces différents domaines, nous nous focalisons beaucoup plus sur le développement de l’élevage bovin et de la production animalière. Nous avons déjà entamé les discussions avec le secrétaire général du ministère de l’Agriculture algérien avec qui nous avons eu un bon écho et échange favorable, notamment, harmonieux dans nos idées et projets mutuels.

Cette occasion d’échange d’informations nous a permis d’aborder les questions et les points les plus importants dans notre coopération. Nous avons parlé de différents domaines, notamment, forestiers ainsi que de la politique rurale et de la manière de mettre en valeur le produit agricole algérien. Nous espérons concrétiser nos projets en Algérie et pouvoir intensifier la coopération entre nos deux pays respectifs dans le domaine de l’agriculture. Sachant que nous avons déjà lancé plusieurs projets dans ce secteur, à savoir dans la production animalière à travers l’exportation vers l’Algérie d’une grande quantité de vaches laitière de bonne qualité. Entre autres, nous sommes sur un projet d’une ferme-pilote pour développer l’élevage bovin en Algérie en proposant nos meilleurs produits et qualités. Pour réussir notre projet, nous devons former les éleveurs sur les façons d’organiser les cheptels ainsi que leur orientation sur le choix de l’alimentation. Une fois les éleveurs maîtrisant ces techniques, ils peuvent s’investir dans l’élevage bovin de qualité. Nous seront toujours présents pour les accompagner dans leurs démarches et projets. En plus de notre rapprochement du ministère de l’agriculture algérien et des investisseurs intéressés par nos projets, nous avons profité de notre présence au salon international de l’Agriculture d’Alger (Sipsa) qui s’est tenu au mois de mai 2015, pour visiter  le site de notre projet de la ferme-pilote à Alger. Une manière d’évaluer l’état de l’avancement du projet. Comme vous le savez, nous sommes sur plusieurs projets, actuellement, à savoir celui de la ferme-pilote de l’élevage bovin situé à Khenchela dont les premières étapes de réalisation sont faites et nous espérons le finaliser prochainement. Nous sommes satisfaits de cet état d’avancement et nous n’attendons que les résultats.

L’implantation d’une ferme-pilote pour l’élevage bovin était l’un des plus importants défis et projet lancé en Algérie par les investisseurs autrichiens. Avez-vous d’autres projets similaires à celui-ci, pour les autres régions du pays?    

Oui, nous avons plusieurs autres projets prometteurs dans ce domaine et dans le domaine forestier. Ce dernier a été au menu de notre visite à Alger, au mois de mai dernier où nous avons discuté avec notre homologue algérien des procédés de l’organisation du domaine forestier ainsi que du transfert du savoir-faire dans le domaine. Nous avons constaté, lors de notre entretien, que nous partageons avec l’Algérie les mêmes objectifs et intérêts. Sachant, également, que nous avons les mêmes indices et paramètres d’évolution dans cette filière et nous avons concrétisé plusieurs projets dans cette filière et dans la filière agricole. En plus du projet de la ferme-pilote lancée à Khenchela, nous projetons de réaliser une autre ferme-pilote de l’élevage bovin à Boumerdès. Nous avons déjà effectué une visite de travail dans la région et discuté avec les responsables de la chambre de l’agriculture de Boumerdès. Nous nous sommes rapprochés de plusieurs éleveurs afin de les informer sur le projet et l’importance de la ferme-pilote destinée à l’élevage bovin. Ce sont des projets d’avenir pour nous et pour nos partenaires algériens parce que, porteurs de transfert du savoir-faire dans le domaine agricole et forestier.

Grâce à la politique agricole commune, l’Autriche exporte ses produits agricoles vers différents pays. Que peut tirer l’Algérie de votre expérience et comment cela va se faire concrètement?

L’objectif de notre institution en  Autriche est de développer davantage le secteur agricole et ses filières afin d’orienter notre production vers l’exportation. Nous avons les éléments nécessaires pour le faire, à savoir notre expertise et le savoir-faire dont nous disposons, notamment, dans le domaine de l’élevage, de la production laitière et animalière. Sans oublier la maîtrise des techniques de vente et de marketing. Ce qui nous permet de penser à l’exportation de nos produits agricoles. Notre expérience dans ce domaine à suscité l’intérêt algérien pour importer notre savoir-faire et le mettre en œuvre en Algérie. Grâce à cet intérêt, nous avons pu développer notre coopération et avons réfléchi à des projets communs bénéfiques. Après ma première visite de travail en Algérie, j’ai constaté que les autorités algériennes sont entreprenantes et engagent de grands efforts pour développer le secteur agricole. Elles veulent opérer des changements conséquents pour mieux promouvoir la production agricole, une expérience pratiquement similaire à celle que nous avons vécue en Autriche car, comme vous le savez, l’Autriche ne pouvait pas être autosuffisante dans plusieurs domaines, notamment dans la production végétale et animale. 

Pour couvrir ces manques, nous avons investi dans des fermes-rurales afin de soutenir notre production animale et végétale. Après plusieurs années de travail et d’investissement, l’Autriche a pu exporter sa production diversifiée  vers plusieurs pays.  Nous avons toujours été optimistes pour l’Algérie qui peut profiter de cette expérience afin de réussir ses projets et même atteindre l’autosuffisance en matière de la production agricole. Grâce à la valorisation de ses produits agricoles, elle pourra avoir un meilleur rendement et créer de la valeur ajoutée sur le marché. Si vous prenez les chapitres douaniers de 1 à 24, l’Autriche avait un bilan d’échange négatif durant les années 90 et aujourd’hui nous sommes un pays exportateurs de certains produits. Nous sommes convaincus que l’Algérie pourra faire mieux étant donné qu’elle a tous les moyens et potentiels nécessaires pour le faire. Pour asseoir une économie solide et répondre à la demande du marché. J’ai constaté, en effet, que l’Algérie possède une agriculture jeune que les agriculteurs souhaitent développer et essaient de mettre en valeur leur produis. Je suppose qu’après le recours à une politique agricole générale, les agriculteurs aspirent à développer une politique agricole rurale. C’est une approche similaire à celle de notre pays. Oui, les investisseurs autrichiens s’intéressent au secteur agricole algérien et c’est notre rôle de les convaincre ; d’ailleurs en mois de septembre 2015, nous allons organiser la visite d’une deuxième délégation du travail vers l’Algérie, en vue d’intensifier les échanges dans ces thématiques. Nous sommes convaincus que l’Algérie a toutes les potentialités pour développer son agriculture et nous sommes présents pour l’accompagner.

La crise ukrainienne ainsi que la décision russe d’interdire l’importation des produits agricoles provenant de l’Europe ont-elles affecté les exportations agricoles de votre pays ? 

Oui, bien sûr, nous avons été touchés par cette crise, particulièrement pour certains produits et dans nos relations avec certains pays de l’Europe de l’Est avec qui nous avons perdu le contact. Pour faire face à cette crise, nous avons mis en place un dispositif solide pour soutenir la production agricole. Même au sein de l’Union Européenne, nous sommes en train d’élaborer un programme spécifique destiné à soutenir l’agriculteur. Nous sommes très satisfaits et fiers d’être le premier pays au sein de l’Union européenne à réaliser un programme efficace pour promouvoir le secteur agricole. Nos armes pour réussir notre expérience sont la formation, l’innovation, la revalorisation et la diversification de la production agricole. Cependant, je tiens à dire que le marché algérien n’est pas une alternative à la Russie car nous avons toujours été intéressés par le marché algérien. Étant donné que nous sommes membre de l’Union européenne, nous nous appliquons aux mêmes règles, sachant que cette institution interdit la subvention des produits agricoles. Nous nous concentrons davantage sur le développement écologique et agricole à travers des projets concrets. 

Samira Bourbia

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