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Traore Boubacar Sidiki, représentant de la Bad en Algérie
"L’Afrique a besoin de 90 milliards de dollars par an" Abonnez-vous au flux RSS des articles

14 déc. 2015
10:19
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L’Algérie a sollicité les services de la banque africaine de développement pour prendre en charge la réalisation de trois études techniques sur la diversification économique et le développement de la Pme/Pmi, d’un montant de 10 millions de dollars. Dans cet entretien accordé à l’Econews, le représentant de la Bad en Algérie Traore Boubacar Sidiki, s’attarde sur la préservation des richesses que recèle le continent noir et leurs utilisation rationnelle. 

 

L’Éconews : quelle est la stratégie financière actuelle de la Bad pour soutenir le développement des pays africains, notamment en crise?

Traore Boubacar Sidiki : le continent africain regorge de plusieurs ressources : naturelle, énergétique, minière, mais, malheureusement celles-ci sont mal exploitées ce qui provoque une certaine instabilité politique et économique. C’est dans ces  situations que la banque africaine de développement intervient pour aider les pays africains à investir davantage dans le développement de leurs politiques économiques et financières. Pour cette année, nous avons fixé plusieurs objectifs dont la sensibilisation des pays africains sur l’importance de préserver ses richesses et mieux les exploiter ainsi réussir l’intégration régionale de ces pays. Pour aboutir à ce résultat, il faut encourager l’industrialisation de l’Afrique et entamer la transformation de son agriculture afin d’améliorer la qualité de vie. Nous avons élaboré ces objectifs par ordre de priorité à travers lesquels nous souhaiterions que les pays africains profitent de leur diversité économique et dopent la croissance du continent.  La Bad confirme son engagement auprès des pays africains pour  aider les pays africains à sortir de la crise économique et promet de les accompagner dans leur politique de développement économique à travers des aides financières.

Ces projets nécessitent un financement important pour concrétiser l’opportunité économique des pays africain. Votre contribution financière  s’élève à combien ?

En effet, la mise en œuvre de cette stratégie nécessite un financement rapide et important. Nous avons effectué plusieurs études pour identifier les besoins et identifier les coûts.  L’étude a indiqué que lancer des investissements, il faut dégager en moyenne une enveloppe de l’ordre de 90 milliards de dollars par an. Ce montant permettra à l’Afrique de combler son déficit en infrastructures, notamment, en ce qui concerne l’énergie, les routes et les logements. La Bad réserve, également, une place très importante aux secteurs privés et  publics pour les aider à collaborer ensemble.  Le rôle de la Bad est de soutenir les politiques du développement des gouvernements africains et le financement des différents investissements par ordre de priorités. En langage chiffré, en 2014, la Bad a approuvé 232 opérations pour environ 5 milliards de dollars dont 2 milliards étaient destinés au développement des infrastructures qui sont la principale priorité de la banque, 806 millions de dollars consacré au secteur agricole, 375 millions de dollars pour améliorer le social et le reste du montant est réparti sur le secteur industriel, minier et l’environnement.  Ce sont les chiffres les plus récents de l’activité financière de la Bad au niveau africain. Au total la banque a approuvé plus de 4 200 projets de 54 pays, y compris en Algérie.

A combien évaluez-vous votre contribution financière au développement infrastructurel de l’Algérie ?

L’Algérie est un cas spécial pour la Bad parce qu’elle est l’un des plus importants actionnaires de la banque. Elle est notre  4ème actionnaire et notre plus important emprunteur jusqu’à la mise en œuvre de la politique du désendettement extérieur de l’Algérie, en 2004. A partir de cette date l’Algérie n’a pas formulé de demande d’emprunts, mais avons travaillé ensemble sur plusieurs autres projets de développement. Parmi ces derniers, ceux destinés au développement de l’assistance technique que nous avons financée. Nous comptons, à ce propos, une dizaine de projets  consacrés à la formation dont le montant s’élève à 10 millions de dollars et qui sont des ressources non remboursables. Les projets que la Bad finance pour l’Algérie visent à renforcer la capacité technique de différents secteurs. La Bad a financé des études concernant la stratégie de la diversification économique du pays, notamment, hors hydrocarbures pour aider l’Algérie à sortir de la politique de la rente pétrolière. Nous avons, également, financé un projet phare qui vise la croissance inclusive et l’emploi en Algérie en s’axant sur les jeunes et les femmes et une autre sur l’appui au développement des Pme et Pmi. Ces trois études ont été lancées au courant de cette année. Leurs résultats seront publiés d’ici fin 2016 et en 2017.

Quel est votre intérêt à financer des projets à des crédits non remboursables, notamment, en ces temps de crise?

Notre intérêt avant tout, comme je l’ai déjà dit, est de doper la croissance économique des pays africains et réunir les conditions nécessaires de leur développement. L’Algérie est l’un des pays les plus importants de l’Afrique et sur lequel la Bad et plusieurs autres pays peuvent compter. Malgré la crise la Bad ne lésine pas sur les moyens financiers pour aider les pays en difficultés au contraire nous sommes toujours à leur écoute. La banque a, 80 actionnaires qui contribuent à son développement et à celui du continent africain, ce qui constitue notre source financière. 

Samira Bourbia

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