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Taleb Ahmed Chawki, Directeur Général de la CNAC
"3 400 micro-entreprises sont en difficulté financière" Abonnez-vous au flux RSS des articles

27 oct. 2015
10:49
0 commentaire "Nous sommes maintenant à plus de 30% de projets de qualité"

La CNAC (Caisse Nationale de l’Assurance Chômage) a été créée en 1994, comme instrument d’indemnisation du chômage afin de faire face à la vague des licenciements massifs des salariés permanents ayant perdu leurs emplois pour raison économique et d’une façon involontaire durant les années 90. A partir de 2004, les pouvoirs publics ont confié à la CNAC, la gestion du dispositif  de soutien à la création d’activité par les chômeurs promoteurs âgés de 30-50 ans. Depuis, la CNAC a financé plus de 120 000 activités, selon son DG, Taleb Ahmed Chawki.

 

L’Eco : Le dispositif CNAC a connu plusieurs reconversions, passant de la caisse de chômage jusqu’à l’appui à l’investissement. Pourquoi ?

Taleb Ahmed Chawki: Au début, la CNAC a été créée dans un contexte spécifique pour répondre à l’appel de nombreux travailleurs licenciés involontairement de leurs postes d’emploi en raison de la crise économique qui a secoué le pays durant les années 90. En 2004, la CNAC s’est vue confier la gestion d’un autre  dispositif visant  le soutien et la promotion de l’investissement au profit des  chômeurs promoteurs dans tous les domaines d’activités économiques.

Est-ce que l’entreprise de production a sa part dans ces investissements ?

Nous sommes maintenant à plus de 30% de projets de qualité. C'est-à-dire des projets d’entreprises productrices de biens et services et nous sommes tenus d’avoir des entreprises rentables, surtout avec la nouvelle orientation économique du gouvernement. Dans les dispositifs d’aide de l’Etat, il est indispensable, avant toute chose, d’inculquer  aux porteurs de projets  la culture d’entreprenariat et il faudrait aussi  que tous les acteurs politico-économiques  s’impliquent pour assurer à ces jeunes investisseurs un climat d’affaires prospère et stable.

Est-ce que les banques jouent le jeu actuellement ?

Les banques sont obligées de suivre la politique du pays et de soutenir l’investissement. Aujourd’hui, les banques financent tous les projets validés par les CSVF (comités de Sélection,  de Validation et de financement)  dans les meilleurs délais. Beaucoup de projets sont implantés avec succès dans le grand sud et les Hauts plateaux grâce aux avantages accordés par l’état. Ces projets ont généré  des emplois dans ces régions. Aussi nous avons constaté un  engouement réel pour l’investissement dans ces régions, contenu des richesses quelles peuvent apporter.

Qu’est-ce vous faites pour les projets qui n’ont pas réussi ?

Nous sommes tenus de suivre toutes les activités en phase exploitation. Sur un nombre total de  95 542 activités financées au 31 décembre 2013, plus de 53 900 micro-entreprises ont fait l’objet de visites sur terrain par des conseillers animateurs en charge du suivi post création,  ce chiffre avoisine  un taux de  60%. Le taux de 60% des micro-entreprises visitées sur le  terrain  représente une performance ayant  mobilisé près de 100 cadres de la CNAC chargés de cette opération lancée depuis avril 2013. Tous ces efforts et actions vont dans le sens d’assurer la pérennité de l’entreprise, outre le contrôle inopiné, pour mieux encadrer les jeunes. Nous intervenons auprès des banques pour le rééchelonnement des crédits des entreprises en difficultés financières à défaut d’un plan de charge et aussi auprès des autorités locales pour soutenir et encourager ces jeunes, en leur accordant toutes les facilités possibles. Actuellement, sur le total des micro-entreprises financées, près  de 3 400 micro-entreprises sont en  difficultés financières, soit un   taux inférieur à  3%. En contrepartie, les entreprises qui sont à jour de leurs échéances de remboursement,  représentent un taux de recouvrement avoisinant les  50%. Notre objectif est d’aider et d’accompagner  en premier lieu le chômeur promoteur afin de  réussir, c’est-à-dire la pérennité de l’entreprise. Personnellement, je n’aime pas voir un dossier d’indemnisation sur mon bureau. Nous sommes tous les jours sur le terrain pour partager le quotidien d’un jeune qui est en train de voir son rêve se réaliser.

Est-ce que vous avez vraiment poursuivi les non payeurs en justice ?

La justice est notre dernier recours. Si nous constatons un refus de remboursement ou autre raison, nous sommes dans l’obligation de l’accompagner pour trouver les solutions idoines et surtout lui inculquer cette culture d’entreprendre et non être toujours assisté, au contraire, nous faisons beaucoup d’efforts pour lui attribuer un plan de charge. Pour répondre directement à votre question, l’obligation de poursuivre en justice un promoteur, concerne celui qui détourne l’investissement et ne répond pas au cahier des charges dans le cadre du dispositif CNAC.

Concernant votre décision de ne plus financer les véhicules, est-ce qu’elle est définitive ?

Sur ce sujet, la décision n’a pas été aléatoire, nous avons plus de 1 000 jeunes promoteurs qui attendent la livraison des véhicules depuis plus d’une année, alors que des avances ont déjà encaissé entre 10 et 30% du prix de ces  véhicules. C’est une décision provisoire, le temps de régulariser cette opération,  à défaut de livraison, je demande la restitution des avances conformément aux textes et réglementation en vigueur régissant les règles commerciales.

Il ne faut pas perdre de vue que je suis un commis de l’Etat et je dois protéger les intérêts des promoteurs et les deniers de l’Etat, surtout des comportements « mal sains » de certains fournisseurs.

Sur le plan local, le constat demeure amer pour le développement économique, pourquoi ?

Je profite à travers votre organe à faire un appel encore une fois, aux autorités locales pour déterminer la carte monographique des activités génératrices de valeur ajoutée et de création d’emplois, au niveau de chaque commune pour qu’on puisse intéresser les jeunes de la commune à créer leurs projets dans les activités dont nous avons besoin. C’est la chose la plus importante. Certes, il y a certains qui ont adhéré à cette obligation, alors que d’autres n’ont rien fait jusqu’à l’heure actuelle. La CNAC, aujourd’hui,  répond présente sur les 48 wilayas mais il faut que les autorités locales y adhérent et recensent les besoins de chaque commune en matière d’activités économiques qu’il faut financer dans le cadre de tous les dispositifs afin d’arriver à la qualité.

Je prends à titre d’exemple, l’activité boulangerie, salons de coiffure, dégraissage, etc… auparavant il y avait le boulanger du quartier ou de la commune qui pouvait satisfaire toute une commune, maintenant dans le même coin, on trouve plusieurs et les conséquences sont connues. A travers les cas, nous avons pris la décision de geler certaines activités, en attendant la contribution des autorités locales.

Qu’en est-il de l’action relative à l’amélioration des services en direction des citoyens par l’utilisation des TIC ?

En effet, dans le cadre de la mise en œuvre du programme sectoriel pour l’amélioration des services en direction de nos usagers et la promotion de l’utilisation des T.I.C, plusieurs services électroniques ont été mis à la disposition de nos promoteurs dont celui de la  préinscription en ligne, opérationnel depuis plus d’une année. Récemment, nous avons lancé  un nouveau service électronique  qui permet au promoteur inscrit dans le cadre du dispositif de soutien à la création d’activité,  de suivre en ligne l’évolution du traitement de son dossier. Ce service publié sur le site  web de la CNAC à l’adresse  www.cnac.dz , s’intitule  « Espace promoteur-Suivi Dossier  en Ligne ». Il  permet  au  promoteur de disposer  d’un espace sécurisé dans lequel toutes  les étapes de traitement de son dossier, allant du dépôt jusqu’au démarrage de son activité,  sont affichées, ce qui va lui  permettre d’être informé régulièrement de l’état ou l’évolution du traitement de son dossier sans avoir à se déplacer. La première version de ce service a été publiée récemment, en  juin  2015.

A l’enregistrement du dossier, les  services de l’agence et/ou l’antenne délivrent systématiquement au promoteur inscrit, son identifiant ainsi qu’un mode d’utilisation. Ces mêmes services se chargent également d’expliquer au promoteur les modalités pratique d’accès. Pour ce qui est de la population qui a  déposé un dossier à la CNAC, antérieurement à la date de publication, cette dernière n’est pas exclue. Les promoteurs qui désirent bénéficier de ce service doivent  tout simplement se présenter à l’Agence (ou Antenne)  territorialement  compétente pour récupérer leur identifiant. Par rapport à cela, une annonce sera faite incessamment.

Naima Allouche (L’Eco n°120 / du 1er au 15 octobre 2015)

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