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Industrie automobile
Les concessionnaires veulent se mettre à usiner Abonnez-vous au flux RSS des articles

23 août 2015
10:25
0 commentaire Usine de Renault à Oued Tlelat

Bien que décrié pour son caractère pressant, certains concessionnaires automobiles veulent faire du nouveau cahier des charges régissant leur activité un élément clé de leur conquête de certaines lignes de métier, dont l’usinage, la mécanique et la fabrication automobile. 

 

D’abord, il faut rappeler que le nouveau cahier des charges qui régit le métier de distribution automobile impose aux concessionnaires d’investir dans une activité industrielle ou semi-industrielle. Le « made in Algeria » dans le domaine automobile se résume jusqu’ici à la petite expérience de l’usine implantée par Renault à Oran, mais certains concessionnaires, par obligation ou par ambition, veulent améliorer la notoriété du label « made in Algeria » et sa diversification. Des distributeurs automobiles ont déjà le vent en poupe et comptent s’ouvrir concrètement au segment d’usinage avant même la fin de l’année en cours.

C’est le cas du groupe Ival, se fixant comme ambition, de faire aboutir deux projets d’industrie automobile, orientés vers le montage et la production de superstructures pour poids lourds. Tout est enfin fin prêt pour le lancement des travaux de deux unités de production pour le montage de différents types de véhicules avec les entreprises Gervasi Spa, et Bob Idraulici Spa. Les contrats ont été signés et les gros œuvres devraient être lancés dans quelques semaines à Ouled Moussa, dans la wilaya de Boumerdes. Les deux unités propriété exclusive du groupe Ival portent sur la fabrication des superstructures pour véhicules lourds et utilitaires, mais aussi sur la production des chaînes hydrauliques.

De son côté, le pôle Automotive du groupe Cevital accélère l’implantation de chaînes d’industrie automobile en Algérie. Fidèle à ses valeurs portées sur l’industrie et l’exportation, le groupe Cevital va lancer très prochainement une unité de fabrication de vitrerie automobile, dont la production sera destinée au marché national et à l’exportation. Après avoir acquis une notoriété mondiale en devenant une multinationale implantée dans divers pays, le groupe Cevital se lancera également dans la fabrication de la tôlerie auto dans son usine sidérurgique acquise dernièrement en Italie. Le groupe d’Issad Rebrab nourrit de nouvelles ambitions dans l’industrie automobile et compte faire aboutir ses pourparlers avec trois marques européenne, sud-coréenne et chinoise, pour l’implantation d’unités de montage et, probablement, de construction de bus et de camions en Algérie. Le groupe Elsecom cible la même clientèle et proposera des unités de fabrication de superstructures pour véhicules lourds et utilitaires.

20% d’économie sur le coût d’un véhicule

La fabrication et le montage de ces superstructures se fera en Algérie sur châssis nus importés. Telle est l’idée défendue par Abderrahmane Achaibou, prétextant que les superstructures fabriquées en Algérie contribueront à économiser 20% du coût d’un véhicule. Le groupe Hasnaoui opte, lui, carrément sur le choix de montage de camions en Algérie. Distributeur en Algérie de la marque Volvo, le groupe Hasnaoui négocie actuellement avec le constructeur pour le montage de trois modèles de camions Volvo en Algérie. Ses projets industriels qui sont actuellement en préparation dans la perspective d’une mise en application des dispositions du nouveau cahier des charges, portent également sur la réparation, la rénovation et l’exportation d’engins de travaux publics de la marque Komatsu. Avec ce constructeur, le groupe Hasnaoui souhaite monter une importante unité industrielle. Dans le segment des véhicules de tourisme, il y a deux concessionnaires qui sont d’ores et déjà en négociations pour l’implantation d’unités de montage en Algérie, à savoir Nissan et Peugeot. Le groupe Hasnaoui, qui commercialise la marque Nissan de véhicules de tourisme, discute actuellement avec le constructeur nippon au sujet d’un projet de montage, en Algérie, de trois modèles de la marque.

Les négociations de Peugeot avec les autorités algériennes à propos de l’implantation d’une unité de fabrication en Algérie semblent avancer également à pas de géant. Le constructeur automobile français nourrit de nouvelles ambitions pour la région Afrique et Moyen-Orient où elle écoule actuellement un peu plus de 6% de sa production. A travers ses deux projets magrébins, au Maroc et en Algérie, la marque au Lion veut porter à plus de 12% la part de sa production vendue en Afrique et en Algérie, soit à près de 1 million d’unités par an. Des responsables de Peugeot pour le marché africain ont d’ailleurs séjourné à Alger, il y a de cela quelques jours. Leurs rencontres avec les responsables du département de l’industrie ont porté sur leur projet pour l’Algérie. L’esquisse du projet PSA pour l’Algérie, telle que présentée aux autorités algériennes, porte sur la fabrication de trois modèles Citroën et Peugeot, tandis que l’unité de fabrication serait d’une capacité de production annuelle de 75 000 véhicules. Le site devant abriter l’unité algérienne de PSA, se situerait non loin de l’actuelle usine Renault, à Oran. Au-delà de ce pic conjoncturel d’intentions d’investissement dans l’industrie automobile, il s’agit aussi d’une mise en conformité de l’activité d’industrie automobile aux exigences de la nouvelle réglementation.      

Ali Ben Mohamed (L’éco n°117 / du 01 au 31 août 2015)

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