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Situation économique de l’Algérie
Les cinq pistes de CARE Abonnez-vous au flux RSS des articles

07 juil. 2015
15:58
0 commentaire Slim Othmani, président de CARE

Il nous a habitués à des matinales de débats autour des questions intéressant l’entreprise. Des rencontres organisées mensuellement et qui, au fil du temps ont réussi à drainer beaucoup de monde.

 

Mais aujourd’hui, et en plein mois de ramadhan, le Cercle de réflexion autour de l’entreprise (CARE) a changé de fusil d’épaule le temps d’un rendez-vous aussi  matinal en invitant la presse à une conférence à l’hôtel Sofitel travers laquelle cette association a tenu à tirer une véritable sonnette d’alarme sur la situation économique du pays et par ricochet l’entreprise algérienne.

CARE présidée par Slim Othmani transcendera les sempiternels constats, souvent d’échec, pour, tout en précisant qu’il y a péril en la demeure, tente de nourrir de nouveau l’espoir, réfutant et balayant toute idée de pessimisme. C’est à l’expert Mouloud Hedir qu’est donnée l’occasion, chiffres du ministère des Finances à l’appui sur le budget de l’Etat avec tout ce que cela implique comme dépenses d’équipement, de fonctionnement, de fiscalité ordinaire et pétrolière, pour interpeller encore une fois les pouvoirs publics de mettre en place les mélanismes nécessaires pour relancer la croissance économique.  Mais il faudrait aussi qu’il y ait consensus sur un certain nombre d’éléments, avec lesquels au demeurant, certains membres du gouvernement en charge de la chose économique sont d’accord et le font savoir en « off ».

Le cercle de réflexion autour de l’entreprise a identifié cinq pistes à même de nous éviter les années noires du Plan d’ajustement structurel et les mesures drastiques qui s’en sont suivies. Il s’agit des dépenses dans les infrastructures pour lesquels l’Algérie ne saurait se passer du marché international en contractant des dettes « comme cela se fait de par le monde. Il faut également, selon cet ancien fonctionnaire du ministère du Commerce,  de repenser les Investissements étrangers (IDE). « Il n’est pas normal que des entreprises activant dans les services ne puissent pas rapatrier leurs bénéfices », indique l’intervenant. « Il ne suffit pas de dire que nous avons un grand marché pour que les investisseurs étrangers s’y bousculent. Encore faut-il avoir une stabilité juridique et revoir la règle des 51-49 », a-t-il expliqué.

Pour les animateurs de CARE, telle qu’elle est engagée, la réorganisation du portefeuille des entreprises publiques n’augure pas de bons lendemains. « L’Etat va encore les refinancer, les restructurer sans que cela ne donne les résultats escomptés ». Slim Othmani en précise les raisons, dont le matériel obsolète et l’absence d’un véritable management ou d’administrateurs professionnels qui ne seraient pas de simples fonctionnaires qui siègeraient au conseil d’administration percevant des jetons de présence et attendant des instructions de la tutelle.

L’absence de clarté quant à l’instauration de la licence d’importation pose problème à CARE. Plus que cela, cette mesure est en contradiction totale avec une disposition contenue dans l’accord d’association avec  l’Union européenne. Idem pour le climat des affaires. On en est encore aux études, analyses et autres constats. Mais on ne voit rien venir, estiment les responsables de cette association. « Il faudrait peut-être, et c’est qui semble apparemment impossible, de redistribuer le pouvoir politique vers l’économie tout en gardant le véritable pouvoir politique. Car aujourd’hui il y a la « primauté du politique sur l’économique. Et tout le monde sait qu’en économie, il est interdit d’interdire. »

La politique des subventions doit absolument être revue pour ne la consacrer qu’à ceux qui en ont réellement besoin. Ce qui n’est pas le cas maintenant. « Rien n’empêche que les automobilistes paient leur carburant au prix réel, tout comme le péage lorsqu’on emprunte l’autoroute », affirme M. Hedir qui précise toutefois qu’il ne s’agit pas de supprimer certaines subventions de manière brutale, mais graduellement.

Interrogé sur l’existence d’une stratégie économique du pays, M. Othmani dira qu’il n’y a pas de dialogue entre les acteurs économiques (les entreprises) et les pouvoirs publics. Et la confiance ne règne nulle part. Or, « c’est avec le retour de la confiance, du dialogue qu’on pourra s’en sortir. Mais pour le moment, c’est la navigation à vue ». A propos de l’obligation d’effectuer des transactions commerciales par chèques, le patron de NCA Rouiba estime que le décret n’est pas clair. Mais qu’il n’est au contraire pas contre. Pour peu aussi que le système bancaire se remette en question et se modernise en ne se limitant pas à l’octroi des crédits, afin de proposer d’autres produits à même d’aider l’entreprise algérienne à investir plus.

Faouzia Ababsa

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