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Bouchouareb à la cérémonie de mise en place des nouveaux groupes industriels
«L’ère du tutorat sur les entreprises est révolue» Abonnez-vous au flux RSS des articles

23 févr. 2015
16:08
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Il aura fallu presque 30 ans pour que l’Etat algérien avec tous ses gouvernements successifs se rendent compte que toutes les politiques économiques menées jusque-là se sont soldées par des échecs.

 

Des fonds de participations aux sociétés de gestion des participations de l’Etat en passant par les holdings, aucun schéma n’a prouvé son efficience. Bien au contraire. D’ailleurs, le ministre de l’Industrie et des Mines a reconnu lors de la conférence de presse qu’il a animée, en marge de la cérémonie d’installation des nouveaux groupes industriels que ce nouveau schéma devait en principe être mis en œuvre en 2008. L’année où justement le président de la République avait dans un de ses discours avoué l’échec total des réformes économique.

C’est la raison pour laquelle le CPE, lors de sa réunion d’août 2014, a décidé de la réorganisation du Secteur public marchand industriel (SPMI) et de réformer en profondeur son mode de mangement pour répondre aux exigences de l’atteinte de l’objectif de développement industriel.

« (…) Prenant en compte les objectifs ciblés de croissance de l’économie et des conditions environnementales, l’organisation retenue est conçue pour mettre le SPMI en capacité pour jouer le rôle de moteur de croissance, de densification des activités industrielles et d’exportation hors hydrocarbures (…).» Même si elle n’est pas officielle, leur feuille de route est désormais tracée. Ils sont tenus de réorganiser les entreprises, adopter un plan d’action, réaliser la croissance, investir dans les filières, dont les produits sont importés et se projeter à l’international.

Par ailleurs, ce qui différencie tous les autres schémas de celui adopté hier, à travers la mise en place de 7 nouveaux groupes industriels après les assemblées générales qui se sont tenus aujourd’hui même pour fusionner les groupes, c’est qu’il ne vient pas s’ajouter à eux. Le ministre de l’Industrie n’a pas hésité à dire que « le groupe industriel symbole de la nouvelle entreprise publique industrielle n’est pas un agent fiduciaire exerçant une fonction tutélaire de gestion des participations de l’Etat, puisque contrairement aux structures précédentes assimilables à des structures/institutions administratives, il est une entité visible au niveau de la sphère de l’activité économique réelle. Le groupe industriel tout comme ses filiales, est une société industrielle et commerciale à part entière pleinement engagée dans l’activité économique. » En ce sens, que désormais, l’entreprise devra réaliser sa croissance, devenir performante et s’autofinancer à travers la bourse et les banques. « L’Etat ne financera plus les entreprises sur le budget de l’Etat », a encore précisé Abdesselam Bouchouareb.

Lequel ajoutera que la « nouvelle entreprise publique industrielle projetée ne pourra cependant devenir une réalité qu’avec des dirigeants de talent, des techniciens et les professionnels de haut niveau disposant de savoir-faire prouvé, adaptés et à jour dans tous les rouages et à toutes les étapes de ses processus. » L’intervenant annoncera dans ce sillage la création de quatre écoles de formation en partenariat avec celles de renommée mondiale. Il s’agit d’une école dans les métiers de l’industrie, celle dans l’économie industrielle, une école de la logistique et enfin une école de management. Et c’est justement ce dernier volet qui a toujours manqué à notre économie, car jusqu’à présent elle fonctionne avec des dirigeants, certes compétents pour la plupart d’entre eux, mais qui ne se sont pas mis au diapason de l’universalité et des nouvelles technologies.

Selon le ministre, la nouvelle organisation du SPMI intervient dans un contexte où les contraintes qui ont contrarié les visées de chacune des organisations précédentes (fonds de participation, holdings, SGP) sont définitivement réglées puisque la stabilité du pays est rétablie, la situation financière s’est nettement améliorée, les équilibres financiers des entreprises ont été reconstitués, les ressources nécessaires à l’investissement ont été allouées, l’édifice juridique encadrant l’investissement a été complété et les partenaires étrangers ont un autre regard sur notre pays et en particulier sur ces entreprises.

Rassurant les dirigeants des groupes et de leurs entreprises, le ministre leur dira qu’il n’y aura plus d’intermédiation et que désormais, elles seront libres de prendre des initiatives pour la réalisation des objectifs tracés entre elles et le propriétaire qu’est l’Etat. Personne n’y interfèrera. « L’ère du tutorat est révolue, lancera M. Bouchouareb qui a été fortement applaudi par les PDG présents, tant il est vrai que l’échec des entreprises (pas toutes) qu’ils dirigent est dû essentiellement à l’étouffement dont ils faisaient l’objet par leurs hiérarchies respectives, les empêchant de prendre la moindre initiative à même de projeter vers l’avant leur entité économique.

Les sept nouveaux groupes créés couvrent le secteur de l’agro-industrie (présidée par une femme), industrie chimique, les équipements électriques, électrodomestiques et électroniques, les industries locales, la mécanique et le groupe textile et cuir. Ceux déjà existant sont la SNVI qui vient d’absorber Ferrovial, le groupe GICA, Saidal, SNTA et Manal.

Les conseils d’administration des groupes compteront en leur sein des banquiers. A la question L’Éconews de savoir si la présence des représentants de banques n’était pas antinomique avec la loi sur la monnaie et le crédit, en ce sens qu’ils ne pouvaient être juges et parties, notamment en matière d’octroi de crédits, M. Bouchouareb rétorquera qu’il n’y avait pas mieux qu’un banquier pour conseiller l’entreprise, orienter ses investissements. « Je préfère un banquier qui connaît le terrain à un représentant d’une administration qui vient prendre des jetons de présence sans être efficace ».

A propos de la rémunération des chefs d’entreprises publiques qui ne dépasse pas les 87.000 DA alors qu’on leur demande de gérer des milliards, le ministre a annoncé que le gouvernement a décidé de la revoir à la hausse et l’aligner sur celle perçue par les PDG de Sonatrach et Sonelgaz. Bien sûr les responsables des groupes sont tenus par des contrats de performance et seront comptables de la réalisation des objectifs assignés par la feuille de route qui leur a été transmise.

Faouzia Ababsa

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