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Ramdane Batouche, PDG de Général Emballage à propos de la promotion des exportations
«Il y a une prise de conscience des pouvoirs publics» Abonnez-vous au flux RSS des articles

04 janv. 2015
09:41
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Depuis quelques années déjà, Général Emballage, premier producteur africain de carton ondulé de par les capacités de production installées, nourrit de grandes ambitions à l'international à travers, à la fois, l'acte d'exportation, mais aussi des projets de s'implanter dans certains pays. Outre l’œuvre de l’exportation à laquelle s’adonnait l’entreprise depuis 2008 au moins, à travers des cargaisons expédiées à destination de plusieurs pays, dont la Libye depuis peu, Général Emballage entend s’implanter, à l’avenir, sur certains marchés, à savoir la Tunisie et la France entre autres. Son Pdg, Ramdane Batouche, nous en parle avec plus de précisions, dans cet entretien, paru dans les colonnes de L’Éco (N°102 / du 16 au 31 décembre 2014).

 

L’Eco :Général Emballage est l'une des entreprises algériennes les plus investies dans l'acte de l'exportation. Outre la Tunisie, Général Emballage vient d'envoyer ses premières cargaisons vers la Libye. Racontez-nous cette expérience sur le marché libyen...

Ramdane Batouche :L’entrée au marché libyen vient en droite ligne de notre participation à la 42ème Foire internationale de Tripoli au mois d’avril dernier. La Libye est un marché aux besoins intenses sur lequel nous fondons beaucoup d’espoirs en raison de la proximité géographique et culturelle. Nous sommes attentifs à la situation politique que traverse ce pays, mais nous pensons que c’est loin d’être un facteur rédhibitoire. Par delà le business, nous souhaitons, très modestement, apporter notre solidarité à ce peuple voisin, car nous sommes convaincus que la construction d’un bloc maghrébin constitue un défi stratégique que nous devons relever, chacun en ce qui le concerne. En l’occurrence, et comme j’ai déjà eu à le déclarer à un de vos confrères, l’aide et la compréhension des institutions interpellées par le commerce extérieur, notamment la Banque d’Algérie et les Douanes Algériennes, sont des plus nécessaires.

L'acte d'exporter n'est pas sans embûche dans un pays où le métier de l'exportation n'est pas une tradition. Quels sont, d'après votre expérience, les obstacles dont souffrent nos entreprises dans leurs démarches vers l'exportation ?

Il y a indéniablement chez les pouvoirs publics une prise de conscience accrue de la nécessité d’accroître nos exportations. Cette prise de conscience se manifeste par des dispositifs de soutien tels le FSPE, les formations organisées par les chambres de commerce, etc. Il demeure que certaines attitudes bureaucratiques sont là qui contrebalancent les aspects positifs. Songez que pour exporter une seule remorque et une seule, il faut apposer sa signature 33 fois sur 8 documents différents !

Quand il arrive qu’un acte soit parfois dématérialisé, l’administration concernée demande toujours une confirmation par support papier, ce qui revient à la même chose. Il faut aussi avoir à l’esprit que le commerce extérieur reflète l’état général d’une nation, la performance de son économie certes mais aussi le dynamisme de sa diplomatie et la force de son prestige.

Quelle appréciation faites-vous de la dernière circulation de la Banque d'Algérie, encadrant juridiquement, les investissements des opérateurs algériens à l’étranger ?

C’est une décision bienvenue. Sauf à postuler à une position oligopolistique, Général Emballage se doit de poursuivre sa croissance à l’international. Et pour revenir à ce que nous venons de dire, l’implantation d’entreprises algériennes à l’étranger va nous doter d’un tissu relationnel qui ne manquera pas de booster les exportations du pays. Nous espérons que cette loi en rupture avec la tradition de suspicion soit accompagnée d’un regard nouveau sur le commerce extérieur de façon générale. Aujourd’hui, il me paraît tout à fait anormal que l’exportateur qui enregistre un incident de paiement encourt une interdiction totale d’exporter sans autre forme de procès.

Ali Ben Mohamed

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