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400 millions d’euros transférés illicitement à l’étranger
Une banque privée activant en Algérie épinglée Abonnez-vous au flux RSS des articles

03 févr. 2015
14:09
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Près de 400 millions d’euros ont été transférés de l'Algérie vers l'étranger, en 2013 et 2014, à travers une banque privée à capitaux étrangers activant en Algérie.

 

Dans l’intervalle de deux années, une banque privée à capitaux étrangers activant en Algérie s’est retrouvée classée 2ème en volume de financement du commerce extérieur, détrônant ainsi un établissement public activant dans les mêmes opérations, alors qu’elle occupait le 10ème rang. Un classement qui a mis la puce à l’oreille des services douaniers qui ont découvert que la banque suscitée a transféré 400 millions d’euros de l’Algérie vers l’étranger. Le contrôle s’est fait dans le cadre de l’apurement des opérations d’importations. Ce sont les importations sans cesse ascendantes domiciliées auprès de cette banque privée qui ont attiré l’attention du département dirigé par Abdou Bouderbala, rapporte l’APS. Avec cette précision que la banque épinglée n’a pas été citée par les services douaniers. 

Les investigations des services des douanes se sont déroulées en deux phases. La première a conclu que plus de 30% des opérations d’importations de marchandises, domiciliées auprès de ladite banque étaient non identifiées et réalisée, pour la plupart par des importateurs fictifs qui louaient des registres de commerce.

Toujours selon les services douaniers, l’artifice utilisé par les fraudeurs pour transférer illégalement l’argent vers l’étranger consistait à établir deux factures différentes pour une même marchandise importée. L’une majorée est remise à la banque pour le transfert d’un maximum de devises, tandis que la deuxième, minorée est destinée aux services douaniers pour avoir le moins de taxes possible à payer. « A titre d'exemple, une des opérations d’importation de marchandises, dont le payement du fournisseur a été effectué via cette banque étrangère, a été facturée au prix de 1,8 million d’euros pour la banque mais déclarée aux douanes algériennes pour seulement 23.900 euros. »

Invitée à communiquer par les douanes à lui transmettre les informations sur ses clients suspectés, cet établissement financier a dans un premier temps, opposé une fin de non recevoir arguant du secret bancaire auquel elle est tenue. Mais avec la mise en place en mars de l’année dernière du système informatisé de l’apurement des importations, le secret bancaire n’a plus sa place.

Les enquêtes des services douaniers ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Plusieurs d’entre elles sont ouvertes impliquant d’autres banques et entrent dans le cadre de l’opération d’apurement des importations via le système de connexion reliant les douanes aux banques.

Selon les douanes, «avec ce nouveau système d’information, les documents douaniers dont notamment le D10, qui atteste de l’arrivée de la marchandise, de sa valeur ainsi que des tarifs douaniers appliqués à l’importation, seront partagés en délais réels entre les douanes et les banques. Ce système a permis de mettre fin à la gestion manuelle de ces documents, laquelle facilitait, de par le passé, leur falsification.»

Rappelons que selon le dernier rapport 2014 de Global Financial Integrity (GFI), une organisation non gouvernementale basée à Washington, 1,575 milliard de dollars sortent illégalement du territoire national chaque année entre 2003 et 2012.

D’autre part, le directeur général des douanes a émis une instruction datée du 8 janvier à ses différents services de contrôle relatif aux transferts illégaux de devises après avoir constaté un certain relâchement et laisser-aller, voire de la complicité. Dans le document, Abdou Bouderbala somme les contrôleurs de tous types à faire cesser ce fléau en procédant y compris et surtout au contrôle des ports secs où des containers entiers sont abandonnés par leurs propriétaires après avoir accompli leur forfait de transfert.

Faouzia Ababsa

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