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Allocation de change touristique
Les frais varient entre 100 et 1100 DA Abonnez-vous au flux RSS des articles

18 août 2014
10:35
0 commentaire La fixation de la taxe est décidée en interne

Le demandeur d’allocation touristique devra s’acquitter d’une taxe dite de transaction qui varie selon les banques et la domiciliation bancaire du demandeur entre 100 et 1100 dinars. La fixation de cette taxe est décidée en interne sans que la Banque d’Algérie ne vienne s’en mêler. Pour avoir 130 Euros le demandeur peut débourser jusqu’à 16 200 dinars, soit, une équivalence de 124 dinars pour un Euro. 

 

Lors de notre virée à traves quelques agences bancaires, le constat qu’on a pu faire est amère. Chaque agence bancaire, fixe son propre règlement concernant l'octroi de l'allocation touristique et aussi de la commission exigée pour chaque transaction et opération de change. Certaines agences fixent les horaires de change, notamment le matin. D'autres exigent que la date de départ soit avant « 48 heures » afin d’effectuer le change. Plus étonnant encore, certaines banques exigent d'avoir au préalable un compte en devise dans leur agence, c’est-à-dire être domicilié.

Pour commencer notre petite enquête à Alger-centre, nous avons préféré visiter en premier la Banque extérieure d’Algérie (BEA), l’agence de Mohammed VI. Il était 10h du matin, à peine une ou deux personnes qui attendaient leur tour pour faire le change. L’agent nous dira que «  la commission prélevée lors de la transaction est estimée à 100 DA » ajoutant que : « la devise est disponible pour le moment, mais il faut juste être menu d’un un passeport, visa et même d’un billet d’avion ».

D’après notre interlocuteur, durant cette période, les affaire ne vont pas très bien « ces jours-ci il n’y a pas trop de demandeurs et là, nous somme obligés d’accepter toutes les demandes de change, domiciliées ou non ».

Idem pour le Crédit populaire algérien (CPA), agence Didouche Mourad, où, l’agent nous conseillera de « venir juste avant 48 heures de la date du départ muni bien sûr du passeport, visa et d’un billet aller-retour ». Selon le guichetier, l’exigence de venir avant 48H ce n’est que pour éviter le rush des demandeurs. La taxe prélevée au niveau de cette agence est estimée à 200 DA.

La Banque Nationale d’Algérie (BNA), agence Didouche Mourad quant à elle, fait l’exception concernant le nombre de demandeurs de change. Elle applique, toutefois, les mêmes procédures que les deux précédentes. En effet, ils étaient près d’une dizaine à faire la queue pour le retrait de leur allocation estimé à 130 euros, ce jour-là. La taxe était pratiquement la même avec les autres banques publiques, c’est-à-dire, entre 100 et 200 DA.

Une opération surtaxée chez les banques étrangères

A BNP Paribas, agence Didouche Mourad, en face la faculté centrale d’Alger, l’agent était très communicatif, bien que nous n’avons pas dévoilé notre identité de journaliste, disant que « la devise était disponible, sauf que la monnaie manque de temps à autres ».

A propos de la commission prélevée par cette banque privée, l’agent nous dira que « la commission est estimée à 1170 DA pour les non domiciliés. Cependant, la banque fait des réductions pour ses clients en les taxant à moitié, soit 590 DA ».  Une taxe que cette banque a décidé d’exiger sur chaque demande d’allocation touristique. « Cette taxe n’à rien à voir avec la Banque d’Algérie, c’est une décision interne et propre à BNP Paribas », avance le banquier. En faisant des calculs sur le change réel, on trouvera que la somme exigée par cette banque est estimé à 16.200 DA au total pour avoir 130 euros. Et là, un euro sera ainsi changé à 124 DA. Une opération qui ne respecte pas le plafond de change de la devise, fixé par la banque d’Algérie selon le marché qui était ce jour-ci à 115 DA. 

La BA « ne se mêle pas dans les affaires des banques commerciales »

A la Banque d’Algérie, précisément à la direction des changes sise Boulevard Amirouche, un responsable nous a expliqué que cette énorme différence entre la taxation des banques privées et celle du secteur public est due essentiellement au libre exercice de l’activité de la banque.

« La Banque d’Algérie ne se mêle pas dans les affaires des banques commerciales » et que « ces dernières sont libres de pratiquer leurs propres taxes ». Pour le responsable de cette direction, « La Banque d’Algérie intervient juste dans le contrôle du respect du taux d’intérêt » pour l’argent loué dont l’indice de base est fixé par cette institution.            

Il est toutefois, noté que cette taxe, librement appréciée par les banques reste contraignante dans la mesure où, les clients dépendent de leurs banques pour l’achat de la devise dont l’équivalent est très loin du taux de change réel. La banque d’Algérie dont le gouverneur avait promis il y’a deux ans déjà le relèvement de l’allocation touristique continue d’accorder la même somme depuis plusieurs années à savoir le droit de changer 15 000 dinars, une somme dérisoire eu égard aux besoins de voyage mais, surtout au grand bonheur du marché parallèle où circulent des sommes faramineuses de devise et, au taux de plus en plus élevé. Cet été le taux a frôlé les 160 dinars pour un Euro.     

Noreddine Izouaouen

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