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Impact de la chute du prix du pétrole sur la région
Le scénario catastrophe du FMI pour l’Algérie Abonnez-vous au flux RSS des articles

12 févr. 2015
17:56
1 commentaire "Les réserves de changes pourraient baisser à 70 milliards de dollars"

Quatre mois après les mises en garde de M. Zine Zeidane, représentant du Fonds monétaire international pour la région de l’Afrique du Nord, sur les risques qu’encoure l’Algérie suite à la politique économique qu’elle a adoptée, voilà que son homologue, directeur du département du Moyen Orient et Asie centrale lui emboîte le pas. Mais profitant cette fois-ci de la chute brutale des prix du pétrole.

 

Brossant un tableau sur l’impact de la chute des prix de l’or noir dans l’ensemble de la région Moyen Orient et Asie centrale, Masood Ahmed, comme son collègue ex-candidat aux élections présidentielles en Maurétanie, soufflait le chaud et le froid. Dans une conférence organisée aujourd’hui par la Banque d’Algérie à l’hôtel El Djazaïr, il reconnaît que l’Algérie s’est mieux préparée aux conséquences de la dégringolade du cours du pétrole que durant les années 80, période où la chute était surprenante et brutale. « Cela, grâce à sa politique macroéconomique prudente. Elle a réussi à renforcer sa marge de manœuvre. » Il en veut pour preuve les réserves de changes du pays qui garantissent 35 mois d’importation et une épargne équivalent à ¼ du Produit intérieur brut. « C’est la raison pour laquelle l’Algérie est bien placée pour s’adapter à la nouvelle donne ». Mais, « il y a toujours un mais au FMI », il y a encore de la vulnérabilité même s’il y a eu hausse des prix, en raison du prix budgétaire, dira encore le conférencier qui était également accompagné du gouverneur de la Banque d’Algérie et de M. Zeidane. « Entre 2005 et 2013, les dépenses ont beaucoup augmenté », faisant notamment référence au budget de fonctionnement et aux transferts sociaux, qu’il souhaiterait voir diminuer.

Et M. Masood d’esquisser un scénario catastrophe pour le moins. « Si l’Algérie persiste dans cette politique et que le prix du pétrole se stabilise entre 50 et 75 dollars, le déficit budgétaire se creusera, la dette publique connaîtra une hausse d’environ ¾ du PIB et les recettes fléchiront de 20 milliards de dollars.» Une situation intenable selon le représentant du FMI qui signalera au passage que même le chômage de 9%, dont 25% de jeunes et de femmes, connaîtra un renchérissement. Quant aux réserves de changes qui sont actuellement de l’ordre de 180 milliards de dollars pourraient baisser à 72 ou 70 milliards de dollars, cela, en sus du ralentissement de la croissance.

La solution ? Le Fonds monétaire international en a bien sûr. Elle consiste notamment en l’application de reformes structurelles. Il s’agit donc de la consolidation budgétaire qu’il faudra concrétiser à travers la réduction des dépenses de fonctionnement et les subventions (transferts sociaux). « Je sais que c’est dur, mais l’Algérie, tout en étant à l’aise par rapport à d’autres pays de la région, peut le faire de manière graduelle». Cette consolidation une fois réalisée amènera la réduction du déficit, la stabilité de la dette à moins de 10% du PIB. « Dès lors, le pays aura une plus forte résilience aux chocs futurs », dira encore le représentant de l’institution dirigée par Christine Lagarde non sans préciser que tout cela demandera au moins cinq ans. La croissance devra être au rendez-vous à travers l’utilisation de l’argent du pétrole pour l’investissement. Tout comme les entreprises, « privées ou publiques » devront investir pour tirer la croissance.

Apportant certaines précisions, Mohamed Laksaci a déclaré que le véritable choc de la chute des prix du pétrole a été ressenti durant le 4ème trimestre de l’année dernière. Toutefois, l’inflation est évaluée par l’ONS à 2,9% alors qu’elle était de 3,26% en 2013, les crédits à l’économie ont augmenté de 26%, les banques connaissent une certaine solidité et elles ne sont pas endettées. Cependant, ajoutera le Gouverneur de la Banque d’Algérie, elles devront mobiliser l’épargne des ménages en faisant la promotion des produits financiers. « Elles doivent être plus attrayantes pour les épargnants à travers l’augmentation du taux d’intérêt. »

Faouzia Ababsa

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Commentaires

16 Fév 2015
jair57 14h03

C'est qui est dur dans tout cela, c'est le deal passé avec cette institution de 2 sous.On vous donne 5 millards de Dollars et vous nous envoyer des énergumènes en cas de risque de soulevement populaire ou de greves pour nous rappeler que l'etat subventionne.En fait l'algerien depuis 1999 c'est lui qui subventionne les prix et non le contraire

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