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Lutte contre la corruption
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04 déc. 2013
10:57
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C’est devenu une constante depuis plusieurs années : l’Algérie continue à collectionner les mauvaises notes. 

 

Déjà fortement critiquée pour son climat des affaires, la liberté de la presse, la compétitivité, les droits de l’homme, la liberté de conscience ou encore l’accès à internet, l’Algérie vient d’être classée à la 94eme place sur 177 pays dans le classement de cette année de l’ONG de lutte contre la corruption Transparency international. Si elle a pu améliorer légèrement son classement par rapport à 2012 où elle était arrivée à la 105eme position, elle demeure l’un des mauvais élèves dans la lutte contre la corruption.

« Pour la 11e année successive, l’Algérie figure parmi les pays les plus corrompus du monde (…) Dans le groupe des pays arabes, elle occupe la 10ème place (sur 18 pays notés), et en Afrique, elle est à la 24ème place (sur 54 pays) », relève l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) dirigée par Djillali Hadjadj, représentant en Algérie de Transparency international. Ce classement, quand bien même il sera contesté par les pouvoirs publics, comme de coutume, -Ouyahia disait que « l’Algérie n’avait pas de leçons à recevoir »- révèle toute l’étendue d’une pratique qui s’est démocratisée. Aucun secteur n’est épargné. Pas même l’administration.

La « tchipa », les pots-de-vin et autres commissions occultes que certains versent en contrepartie de quelques privilèges est devenue monnaie courante. La corruption est telle qu’elle éclabousse même de hauts dirigeants, comme l’ont révélé les récents scandales ayant touché la puissante compagnie Sonatrach ou encore le secteur des travaux publics dont l’affaire de l’autoroute est-ouest rapportés par la presse.

«En dépit des mesures adoptées pour alléger les procédures administratives, nous n'avons pas encore atteint l'objectif escompté (…) cette situation a favorisé l'émergence de niches de corruption dont la lutte exige la transparence dans l'action comme unique remède », avait admis à la mi-septembre le premier ministre Abdelmalek Selall lors de la cérémonie d’installation du nouveau ministre Mohamed El Ghazi, chargé de la réforme du secteur public.

Mais en dépit de ce constat, la lutte contre ce fléau qui menace désormais la sécurité nationale semble laborieuse. Signe de cette difficulté : institué en 2006, l’organisme de lutte contre la corruption n’a été mis en place que quatre ans plus tard. Il y a aussi l’opacité qui entoure le travail de l’IGF ou encore de la Cour des comptes. Alors absence de volonté politique pour lutter contre ce fléau ? L’AACC est catégorique : «L’indice de perception de la corruption 2013 pour l’Algérie est le résultat non seulement de l’absence de volonté politique à lutter contre la corruption, mais plus grave encore, il confirme que la corruption - petite et grande, dans notre pays -, est un instrument du pouvoir ».

Ce n’est pourtant pas l’avis des autorités dont les représentants ne cessent de rappeler leur volonté à mener sans relâche la guerre contre la corruption, comme rappelé récemment encore par le ministre des finances. Il reste, qu’au-delà du cadre juridique, une seule institution est en mesure de relever ce défi : la justice. Pour peu qu’elle soit indépendante. Mais à se fier à certains écrits de presse, on mesure combien cette honorable institution peine à prendre à bras le corps ce fléau qui gangrène des pans entiers de la sphère politico-économique.   

Sofiane Tiksilt

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