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Crédits à l’économie octroyés au privé
«C’est une redistribution de la rente», selon le FMI Abonnez-vous au flux RSS des articles

01 oct. 2014
15:53
0 commentaire Zeine Zeidane, chef de mission du FMI à Alger

Accroître les prix intérieurs des produits énergétiques devrait contribuer à inverser la tendance pour ne pas aggraver le déficit du solde des transactions courantes. En somme, le Fonds monétaire international recommande et/ou « instruit » le gouvernement algérien de procéder à l’augmentation des prix du gaz, de l’électricité et du carburant à la pompe. En plus clair, réduire les transferts sociaux jugés excessifs. 

 

C’est ce qui ressort des conclusions établies par la mission de l’institution dirigée par Christine Lagarde qui a effectué une mission dans notre pays qui aura duré une quinzaine de jours. La mission estime que l’Algérie se trouve dans « une situation enviable car elle a constitué au fil des ans une marge de manœuvre considérable sur les plans extérieur et budgétaire grâce à sa richesse en hydrocarbures.

Toutefois, le FMI se fera plus pessimiste en indiquant que « les risques qui pèsent sur la stabilité macroéconomique s’accentuent. » Car, « pour la première fois en quinze ans, le solde des transactions courantes devrait devenir déficitaire ». La mission estime que le « recul de la production d’hydrocarbures, la forte consommation intérieure et la baisse des cours du pétrole pèsent sur les exportations, tandis que les importations continuent d’augmenter. » C’est la raison pour laquelle l’institution de Breton Woods recommande, outre la réduction des transferts sociaux, un plus fort investissement dans le secteur des hydrocarbures.

Zine Zeidane qu'animait à la mi-journée une conférence de presse à l’issue de la mission soufflait le chaud et le froid. Tantôt il trouvait des vertus à la politique macroéconomique de l’Algérie en affirmant que l’activité économique s’est raffermie durant cette année, et la croissance du PIB  devrait atteindre les 4%. Tantôt il tirait la sonnette d’alarme, notamment en ce qui concerne le déficit budgétaire qui devrait arriver selon lui à 6%. Le conférencier plaidera d’ailleurs pour son plafonnement en l’incluant dans un texte de loi. Et ce, quel que soit le prix de référence du prix du pétrole sur lequel le gouvernent devrait s’appuyer.

Abrogation du 87 bis ; Le FMI en prend acte

Sur un autre plan et concernant les investissements, le représentant du FMI a recommandé au gouvernement algérien d’abandonner totalement la règle 49/51% en la circonscrivant uniquement dans un cadre règlementaire et non pas dans un texte de loi. Il faut donc abroger l’article de la loi de finances complémentaire pour 2009.Car, estime-t-il, elle a découragé les investissements directs étrangers. Il s’est dit qu’il n’était pas gêné particulièrement par cette règle, mais qu’il fallait la reconsidérer, feignant d’oublier que plusieurs accords de partenariat entre des entreprises algériennes et étrangères ont été conclus dans le cadre justement de cette règle. « Vous ne pouvez pas faire obligation à un investisseur étranger de transférer sa technologie et son savoir-faire », lance M. Zeidane.

Le représentant du FMI ne s’arrêtera pas là. Interrogé sur l’abrogation de l’article 87 bis imposé justement par l’institution de Breton Woods en 1994, M. Zeidane dira que le FMI en prend acte. Mais qu’il fallait absolument que la masse salariale soit maîtrisée. « Parce qu’on ne peut pas continuer à élever les salaires sans productivité. Les salaires dans la Fonction publique sont trop élevés. »

A propos des crédits à l’économie consentis au secteur privé, y compris étranger et à l’amélioration du climat des affaires, le conférencier se fera en tranchant en indiquant que ce n’est rien d’autre que de la redistribution de la rente. Par ailleurs, il se prononcera contre la politique volontariste d’investissements publics.

Enfin, interrogé par L’Éconews, en marge de la conférence de presse, sur le prêt de 5 milliards de dollars consenti par l’Algérie au FMI, M. Zeidane répondra qu’il n’a pas été encaissé. « Nous n’en avons pas encore besoin. Car nous avons d’autres ceintures de sécurité. » Lesquelles se déclinent, selon lui, dans des ressources propres du Fonds, des accords bilatéraux passés avec d’autres pays. « Aujourd’hui, les économies que nous voulions aider à l’époque sont en train de se relever. Dès lors, nous n’avons même pas eu à utiliser nos propres fonds. » Pourtant, c’est presque en « supplicateur » que le FMI est venu demander de l’aide à Algérie qui a fini par accorder un prêt de 5 milliards de dollars en novembre 2012 ; Quelques mois plus tard, c’est Christine Lagarde en personne qui a fait le déplacement dans notre pays pour le remercier et apprécier sa beauté.

Faouzia Ababsa

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