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Mounir Bouaziz, vice-président du groupe néerlandais Shell pour la région Mena
"Un éventuel choc pétrolier est à prévoir" Abonnez-vous au flux RSS des articles

10 déc. 2015
13:28
0 commentaire "Nous sommes dans un cycle critique"

Le groupe pétrolier Shell a décidé de réduire de 15 milliards de dollars ses investissements, y compris en Algérie. C’est sa stratégie pour s’adapter au retournement du marché et à la chute durable des cours du pétrole. Mounir Bouaziz, vice-président du groupe au niveau de la région MENA explique dans cet entretien cette décision et prévoit un choc pétrolier qui va ébranler les compagnies sous l’effet de la baisse durable des prix de pétrole.

 

L’Éconews : Comment le groupe Shell fait-il face à la chute des cours de pétrole et au ralentissement des investissements sur le marché international et comment trouvez-vous la réaction de l’Opep à cet égard ?

Mounir Bouaziz : l’organisation de l’Opep réagit selon ses intérêts et sa politique sur le marché mondial. Sa décision ne peut être jugée ou remise en question surtout par les compagnies pétrolières, bien que la situation, critique, de l’économie internationale nécessite une certaine baisse de la production afin d’équilibrer l’offre et la demande et faire remonter les prix. La dégringolade des prix revient à plusieurs facteurs comme l’exploitation de nouvelles sources d’énergies fossiles comme le gaz de schiste par plusieurs pays, ce qui a provoqué la baisse des investissements dans l’exploitation de pétrole. La baisse des prix et de la demande a entrainé le ralentissement des investissements des compagnies pétrolières et paradoxalement, le volume de la production reste assez robuste. Nous sommes dans un cycle critique où un éventuel choc pétrolier est à prévoir, notamment, pour les groupes pétroliers tels que nous.  La hausse des prix du pétrole risque d’être lente, mais nous pouvons observer des signes mitigés du redressement des cours du pétrole d’ici quelques années. A long terme, nous serons à la recherche, comme les autres compagnies pétrolières, de nouvelles liquidités pour survivre et maintenir nos investissements sur le marché. D’ailleurs,  nous avons réduit nos investissements à près de 15 milliards de dollars ces trois dernières années. 

Lors de la tenue du 10ème sommet nord-africain du pétrole et du gaz, à Alger, vous avez déclaré que les prix du pétrole atteindront en 2016 leur niveau le plus bas... quels sont les motifs de ce pronostic?

Ce que je voulais dire à travers cette déclaration est que la compagnie doit travailler sur tous les scénarios possibles y compris celui de la baisseafin de savoir s’adapter à la conjoncture et évidemment protéger et gérer ses intérêts et investissements sur le marché mondial.  Toutes les compagnies pétrolières et gazières en situation de crise prévoient des scénarios afin de prévenir les risques de leur effondrement sur le marché et résister à la concurrence. Donc ce n’est pas du pessimisme, c’est un facteur et une prévision qu’il faut prendre en considération pour survire sur un marché où le coût du baril est actuellement au-dessous des 40 dollars. La chute des prix du pétrole nous incite à prendre des décisions comme celles de réduire nos investissements si les perspectives du marché le nécessitent et c’est ainsi que nous nous adapterons au retournement du marché pétrolier. 

Vous avez décidé de réduire vos investissements, qu’en est-il de vos engagements en Algérie

Ce n’est pas la première fois que nous assistons à une crise pétrolière en Algérie. Mais le plus important est de s’adapter et être de plus en plus compétitif car étant un pays producteur de pétrole l’Algérie travaille avec plusieurs autres compagnies pétrolières qui essaient de garder leurs parts du marché.  Depuis un certain temps, nous assistons à une baisse du volume de production des compagnies pétrolières sur les sites pétroliers algériens, et ce, dans l’objectif d’aider les sociétés pétrolières à assurer leur marge.

En 2014, la compagnie Shell a remporté un appel d’offres sur la recherche et l’exploitation des hydrocarbures. C’est un projet que nous partageons avec le consortium Statoil-Stigma. Il se situe dans  le périmètre de Timissit à l’Est du pays. Nous avons, également, remporté un nouvel appel d’offres sur la recherche et l’exploitation des hydrocarbures  que nous partageons, aussi, avec la compagnie espagnole Repsol. Le marché se situe dans la zone de Boughezoul, dans la wilaya de Médéa. C’est des opérations de grande importance pour nous. Ces deux projets sont en phase d’étude et d’exploration qui devraient être finalisées prochainement. 

Samira Bourbia

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