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"Le prix du baril rebondira à 100 dollars en 2017" Abonnez-vous au flux RSS des articles

05 févr. 2016
10:18
0 commentaire Un niveau historique de surstocks mondiaux de pétrole, atteignant 3 milliards de barils

Selon Mourad Preure, spécialiste des questions énergétiques, le marché pétrolier mondial connaitra un rebond considérable dès 2017. Il prévoit un baril à 100 dollars.

 

L’Econews : Le marché pétrolier était en surplus de production au premier semestre 2015, cela peut-il se répercuter positivement sur l’évolution du marché des pays producteurs?

Mourad Preure: L’industrie pétrolière mondiale est en plein crise. Elle est en grande souffrance. Le marché de l’or noir ne pourrait pas supporter un autre niveau bas des prix, actuellement sous le plancher des 30 dollars. Même constat pour les cours du Brent de la mer du nord qui s’entre balance entre 25 et 30 dollars. Ce trend baissier se répercute, également, sur le coût des huiles de schiste américaines, actuellement, sont cédés à 40 dollars.  Le scénario que j’ai prévu au dernier semestre de  2015 se confirme. D’ailleurs, les prix du pétrole ont fluctué entre 35 et 40 dollars le baril et c’était dans le meilleur des cas. Même prévision pour le premier semestre 2016. Quant au pire des cas, je conçois qu’à partir des quatre premiers trimestres de la même année une hausse des cours. Je pense qu’au-delà de cette estimation, les prix vont être orientés vers la reprise à partir de 2017. Ils atteindront les 100 dollars le baril. A ce prix là, le pétrole va retrouver son niveau structurel en raison d’un épuisement préventif des réserves américaines et d’une croissance exponentielle de la demande. D’après nos prévisions, la demande mondiale qui avoisine les 95 millions de barils jour en 2016, devrait augmenter à 115 millions le baril à l’horizon 2030. Or l’industrie pétrolière est convaincue que les gisements pétroliers s’épuiseront et ne peuvent produire au delà de 100 millions baril/jour.

La stratégie économique de l’Arabie Saoudite  s’adapte-elle à la conjoncture actuelle ?

Il faut prendre en considération la conjoncture économiques et ses changements. Me concernant, je ne prends pas en compte toutes les spéculations du marché. La guerre des prix lancée par la monarchie wahhabite l’automne dernier devrait prendre fin étant donné que sa politique s’est retournée contre elle même. Elle a adopté une stratégie punitive sans le savoir. Du coup, l’Arabie Saoudite est confrontée à des difficultés financières d’envergure, l’incitant à l’endettement extérieur. Elle a 700 milliards de dollars de réserves de changes, mais elle fait face à un déficit budgétaire estimé à 90 milliards de dollars. Ils ont compris tardivement qu’ils ne peuvent pas résister à ce rythme et savent qu’ils ne peuvent pas aller plus loin encore dans cette guerre des prix. Il est fort probable, donc, qu’ils en abandonnent leur politique en 2016. L’Arabie Saoudite arrive aux limites de ses possibilités. Dans les scénarios que j’ai prévus, elle cédera rapidement et révisera sa stratégie de production et celle de l’Opep.

La guerre des prix engagée entre grands producteurs de l’OPEP et hors OPEP va-t-elle cesser?

Le marché pétrolier reste en déprime, mais le paradigme aujourd’hui n’existe plus. La production brute du pétrole américain a connue une offre flexible. Le marché mondial est plombé par une offre surabondante et une demande fléchissant. L’OPEP a produit en 2015 près de 31,85 millions de barils/jour, dépassant ainsi son plafond de production de 29 millions baril par jour. Pour stabiliser les cours du pétrole, l’OPEP devrait réduire le volume de sa production afin d’offrir une bouffée d’oxygène aux producteurs. Cependant l’effort doit être mutuel. Quant à la Russie qui est un membre important des pays producteurs hors-Opep,  s’engage à coopérer pour stabiliser les prix si l’Opep fait de même. Aujourd’hui, les surstocks mondiaux ont dépassé les 3 milliards de barils atteignant ainsi leur niveau le plus historique. La coopération entre les pays producteurs devrait apaiser la situation et faire évoluer qualitativement le marché. Ils doivent profiter de la conjoncture actuelle.  La force des pays producteurs du pétrole ne réside plus en leur capacité de production, mais en leur compétitivité et manipulation des prix du marché pétrolier. Il faut revenir au patriotisme économique et inciter ces pays à coopérer pour trouver des solutions.

Lynda Mellak

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