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«La transition énergétique a besoin de l’appui politique» Abonnez-vous au flux RSS des articles

29 mai 2016
12:15
0 commentaire M. Hassen El Agrebi.

 La région méditerranéenne est confrontée à trois défis. Il s’agit de la sécurité énergétique, la compétitivité économique et enfin le changement climatique.  Hassen El Agrebi, responsable du département pour la coopération à l’international à de l’Agence tunisienne pour la maîtrise de l’énergie plaide pour une vision à long terme. 

 

L’Econews : Nous sommes à la 4ème rencontre sur l’efficacité énergétique abrité ce mois de mai par Alger qu’est-ce qui ressort exactement de ces rencontres ?

Hassen El Agrebi : Il était question lors de la 4ème conférence internationale de L’association méditerranéenne des agences nationales de la maîtrise de l’énergie (MEDENER) sur la Transition Energétique en Méditerranée portant sur le thème « Accélération de la transition énergétique en Méditerranée « Vers un nouveau mix énergétique durable, quelle place pour l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et le gaz, d’assoir un certain des objectifs bien précis. »

La rencontre entre dans le cadre des activités annuelles de MDENER. L’objectif de la rencontre est de définir la synergie des trois plates formes mises en place par l’Union pour la Méditerranée. Il s’agit de la plate forme gaz, électricité et énergie renouvelable, et efficacité énergétique. Il est question également de voir quel est le lien qui existe ces trois plates formes pour faire assurer la transition énergétique.  Pour l’Algérie, pays producteur de Gaz, il y a lieu de déterminer son rôle pour assurer cette transition énergétique à travers notamment la promotion de l’énergie renouvelable et l’amélioration de son efficacité.

Dans le cadre du MDENER, nous travaillons avec l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l'utilisation de l'énergie (APRUE) pour mettre en place un plan d’action afin d’assurer la transition énergétique en Algérie. Le défi majeur pour la région est la sécurité énergétique. Il ne faut pas s’appuyer seulement sur les ressources naturelles existantes, il faut regarder au-delà ; garantir la promotion des énergies renouvelables qui est une source renouvelable tel que souligne son nom, assurer également une sécurité énergétique indépendamment des ressources naturelles.

Le gouvernement algérien a mis en place un programme pour justement amorcer cette transition ?

Actuellement, dans le cadre de notre travail, nous sommes en train de pousser l’Algérie pour aller vers cette transition. Etant un membre du MEDNER, l’Algérie a un plan d’action pour l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l’économie de ces ressources naturelles afin de se préparer pour l’avenir. Les moyens existent et c’est la mise en œuvre des actions prises dans le cadre des plates formes précédentes qui est devrait être à l’ordre du jour que ce soit à travers des actions auprès des ménages, le bâtiment, transport ou autres. L’appui politique dans ce cas là est très important notamment pour mettre en œuvre notre stratégie de la transition énergétique.

Quels sont les objectifs du MDENER ?

Consciente du rôle qui lui incombe au niveau de la région méditerranéenne, MEDENER a engagé un travail sur la transition énergétique en Méditerranée conjointement avec des experts de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie (OME).

Ainsi il ressort de ce travail que les principaux enjeux de la transition énergétique basée sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables au niveau de la région méditerranéenne peuvent être résumés dans trois principaux objectifs pour 2040. Il s’agit de la réduction de la demande d’énergie de 30% par rapport au scénario de maintien des tendances actuelles, la structure de la demande où les énergies renouvelables occupent une part de 27% contre 13% si on maintenait les tendances actuelles, une réduction des émissions de CO2 de 38% par rapport au scénario de maintien des tendances actuelles. Ce scénario de transition énergétique offre une opportunité pour un nouveau modèle de développement basé essentiellement sur la réduction de la précarité énergétique. Ceci permet aussi une intégration industrielle, la création d’emploi et offrira également une opportunité pour développer la coopération entre les pays du Nord et ceux du Sud. Ainsi, les pays de la Méditerranée sont appelés à coopérer pour mettre en place une politique commune cohérente et visionnaire afin de pérenniser la sécurité d’approvisionnement énergétique de la région en appuyant les activités portant sur la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables et l’interconnexion électrique et gazière.

Qu’en est-il des défis ?

Le premier défi est la sécurité énergétique : la région connaît une dépendance à l’égard des énergies fossiles, qui représentent plus des 3/4 de l’énergie consommée. En Tunisie par exemple, les énergies fossiles ou plus précisément les hydrocarbures ont couvert en 2015 99% de la demande d’énergie primaire (dont 53% pour le gaz naturel et 46% pour le pétrole). Le deuxième défi concerne la compétitivité économique.  En effet, cette dépendance se traduit au niveau des pays du Sud essentiellement par une vulnérabilité énergétique marquée par le poids de l’énergie dans la balance commerciale, et le poids de la subvention destinée au secteur de l’énergie au niveau du budget de l’Etat.  Et enfin, le troisième et dernier défi concerne le changement climatique, et c’est un défi commun à l’ensemble des régions du monde. Il faut à préciser dans ce contexte, que l’ensemble des pays de la région ont déjà signé le 22 avril dernier l’accord de Paris sur le climat. Pour relever l’ensemble de ces défis la région est appelée à opter pour un nouveau modèle énergétique et une nouvelle vision à long terme. Surtout que la transition énergétique repose sur 2 piliers. A savoir l’amélioration de l’Efficacités Energétique et le changement d’échelle en matière des énergies renouvelables. Il est question aussi de la possibilité d’avoir un mix énergétique transitoire qui s’appuierait sur le gaz naturel au vu des ressources que recèle la région et de l’infrastructure gazière dont elle dispose.

Lynda Mellak

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